Salvini, la surprise milanaise

Matteo Salvini est né et a grandi dans la capitale lombarde, fils d'un chef d'entreprise et d'une mère au foyer: collège catholique, scoutisme et matches du Milan AC. Il a adhéré à la Ligue du Nord en 1990, à l'âge de 17 ans, attiré par le slogan "Je suis Lombard, je vote Lombard", par le charisme du fondateur Umberto Bossi et par le caractère "révolutionnaire" de ce parti. ©Photo News

Il a repris un parti sécessionniste au bord du gouffre il y a quatre ans et l'a transformé en une formation nationaliste triomphante: avec son "Les Italiens d'abord!", Matteo Salvini a réussi son pari de s'emparer de la droite italienne.

La coalition de droite, dominée par la Lega de Matteo Salvini devant Forza Italia de Silvio Berlusconi, est en tête en Italie après le scrutin législatif. La Ligue semble bien devancer Forza Italia de plusieurs points de pourcentage.  

Pour Matteo Salvini, il n'y a pas de doute. Au cours d'une conférence de presse organisée ce lundi en fin de matinée, il a promis qu'il endossera le rôle de leader de la coalition et de potentiel futur président du Conseil, aux dépens de Silvio Berlusconi qui enregistrerait son plus mauvais résultat électoral depuis ses débuts politiques en 1994.

©REUTERS

Pour ces législatives, Matteo Salvini, Milanais volubile et décidé de 45 ans, a effacé le mot "Nord" du nom de son parti et fait campagne tous azimuts, dépassant à la surprise générale son allié de droite Silvio Berlusconi.

"Matteo Salvini n’est absolument pas un extrémiste. Il nous a montré qu’il sait être très concret et raisonnable." C’est avec ces mots que Silvio Berlusconi défend son encombrant mais indispensable allié, le secrétaire de la Ligue du Nord. Et si le Cavaliere promet d’être le "garant de l’européisme" et de représenter une vraie "force de modération" au sein de sa coalition de centre droit, Salvini sera certainement très difficile à maîtriser.

Je me sens plus de gauche que Matteo Renzi. Je suis communiste à l'ancienne, je connais plus d'usines que ces gens qui ne fréquentent que des banquiers.
Matteo Salvini

Ce paladin d’une "Italy first", souverainiste, eurosceptique et libérée de l’immigration illégale, nourrit, en effet, l’ambition, pas si secrète, de devenir Premier ministre. Enfant de la politique, Salvini, né à Milan en 1973, est militant de la Ligue depuis ses 17 ans. Maîtrisant à la perfection l’art de la dialectique, il enflamme ses partisans avec un langage d’une simplicité et d’une efficacité désarmantes.

Député européen, il condamne l’Union pour "l’erreur de l’euro" et pour avoir abandonné l’Italie face à la gestion de la question migratoire. "Dans l’Italie que je veux diriger, les règles seront respectées, et tous ceux qui n’ont pas de permis de séjour seront réexpédiés chez eux", lance-t-il inlassablement.

J'ai tout entendu: je suis un criminel, un raciste, un fasciste. Je fais peur à une petite fille de 7 ans (dont la mère adoptive a raconté qu'elle avait peur d'être renvoyée en Afrique). Elle ne doit pas avoir peur. Ce sont les trafiquants de drogue nigérians qui doivent avoir très peur de Salvini.
Matteo Salvini

Or, en se présentant comme le gardien acharné d’une légalité à reconquérir, Salvini n’hésite pas à faire l’amalgame entre les clandestins et les délinquants…. en alimentant ainsi la fureur de ses militants. Il flirte volontiers avec l’extrême droite avec laquelle il partage les accents nationalistes, et n’hésite pas à "oublier" le "Nord" de sa Ligue afin de séduire aussi tous les électeurs de l’Italie du centre et du Sud.

©REUTERS

Ses adversaires pourraient tout lui reprocher… sauf d’avoir péché par incohérence. Son parcours politique est linéaire et limpide et ses slogans sont restés essentiellement les mêmes depuis ses premiers pas avec la Ligue. On peut donc imaginer que, s’il obtenait le pouvoir, il maintiendrait toutes ses virulentes promesses, comme celle de fermer immédiatement tous les centres musulmans illégaux de la péninsule.

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640.000 abonnés sur Twitter et plus de 2 millions sur Facebook
Salvini envoie à longueur de journée des commentaires, des vidéos à chaud, des photos de ses activités, de ses rencontres, de ses repas... Avec un ton direct qui ne s'embarrasse pas du politiquement correct.

 

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