L'économie va rester au cœur du mandat d'Obama

L'économie a été le principal souci du président américain et le restera d’ici au prochain rendez-vous électoral, celui des présidentielles de 2012.

Les derniers chiffres de la croissance américaine -PIB en hausse de 2% au troisième trimestre 2010 (en première estimation), soit la cinquième hausse trimestrielle consécutive — ne signifient certainement pas que l’administration Obama soit en passe de voir le bout du tunnel. Bien qu’officiellement terminée depuis juin 2009, la récession n’a pas fini de faire sentir ses effets sur l’économie américaine, ni sur l’agenda présidentiel. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la crise et ses dégâts en termes d’emplois ou de finances publiques ont été au centre de la campagne des élections de mi-mandat qui se tiennent aujourd’hui outre-Atlantique.

Si les premiers résultats ne sont attendus que dans la nuit (de mardi à mercredi), la plupart des observateurs prédisent une lourde défaite pour les démocrates qui devraient perdre, au moins, leur majorité à la Chambre des représentants, et éventuellement (mais c’est moins sûr) au Sénat. Quoi qu’il en soit, les Américains continueront à attendre du Congrès et de la Maison blanche qu’ils leur apportent (enfin) des solutions là où l’économie coince.

Chômage tenace

Alors que 70 % du plan de relance de plus de 800 milliards de dollars adopté par le Congrès début 2009 a déjà été distribué, il ne faudra plus trop compter sur cette manne "providentielle" pour graisser les rouages de la machine. Or, il ne faudra pas non plus compter sur une embellie du côté du marché de l’emploi pour pousser les consommateurs à ouvrir leur portefeuille. Avec un taux de chômage qui devrait se maintenir aux niveaux actuels les deux prochaines années; la banque Natixis le voit à 9,8% en 2011 et 2012 dans une récente étude -, les ménages continueront à se montrer prudents et à favoriser plus d’épargne. D’après Natixis, la consommation privée ne devrait donc augmenter que de 1,6% en 2011 et 2012, d’autant que les plus chanceux; ceux qui auront un emploi; verront leurs perspectives salariales bouchées.

Investissements pâles

Si les derniers chiffres en date du PIB ont été gonflés en partie par une augmentation des stocks des entreprises et une reprise de leurs investissements, il ne faudrait pas s’attendre non plus à ce qu’elles continuent à tirer la croissance. Natixis pointe en effet le caractère "temporaire" des investissements en équipement et en logiciels réalisés récemment par les entreprises (attendus en hausse de près de 14% cette année, mais de moins de 8% en 2011 et 2012), d’autant qu’il s’agissait bien souvent d’achats de "rattrapage" après que ces décisions d’investissements aient été reportées pendant la récession. Idem pour les stocks et les investissements "productifs" qui restent tributaires de la demande. Or, celle-ci pose question.

Commerce incertain

Et il n’y a pas que la demande intérieure qui reste incertaine. Les exportations risquent de ne pas permettre de tirer la croissance. Même si l’économie américaine tourne au ralenti tandis que les économies émergentes continuent à se montrer gourmandes, les importations américaines devraient rester supérieures aux exportations US au cours des prochaines années et se traduire par une contribution négative de la balance commerciale au PIB américain, de l’ordre de 0,3 point les deux prochaines années estime Natixis. La politique de change adoptée par Pékin et favorisant un yuan faible au détriment du dollar notamment n’y est évidemment pas étrangère. Et devrait nous valoir encore de beaux bras-de-fer entre les deux puissances commerciales.

Finances dans le rouge

L’autre déséquilibre qui continuera probablement à inquiéter l’Américain moyen, sera celui des finances publiques US. Hérité essentiellement des baisses d’impôts de l’ère Bush fils, de la récession et ensuite des mesures keynésiennes de relance adoptées par l’administration Obama, le trou budgétaire s’élèvera à plus de 1.300 milliards de dollars cette année (9,1% du PIB) d’après les perspectives du Bureau du budget du Congrès. Et il devrait rester à un niveau problématique les années à venir, même s’il reculera progressivement. L’agence indépendante estime que sur les dix prochaines années, le déséquilibre totalisera 6.200 milliards de dollars pour porter la dette publique américaine à plus de 69% du PIB d’ici 2020 (contre 53% l’année dernière).

Pour ne pas hypothéquer la timide reprise, le président Obama a décidé de procéder par paliers pour ramener le budget primaire à l’équilibre en 2015. Dans sa ligne de mire, les baisses d’impôts datant de l’ère Bush fils et expirant à la fin de l’année seront au centre des débats les deux prochaines années encore. Initialement, le démocrate ne voulait maintenir que celle favorisant les revenus les plus bas. Mais la pression des républicains et de certains démocrates modérés est telle qu’il devra faire un geste dans leur direction.

En attendant, c’est à la commission budgétaire mise sur pied par la Maison blanche pour plancher sur les moyens de ramener les finances publiques dans le vert d’avancer des recommandations. Attendues dans un mois, elles serviront de base à des débats parlementaires qui s’annoncent houleux, surtout en cas de basculement du Congrès.

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