New York fait office d’exception pour les démocrates

Andrew Cuomo a reçu le soutien de Bill Clinton

L’Empire State est l’endroit du pays où les élus démocrates sont le plus à l’aise. Ils devraient y remporter les trois principaux scrutins.

L’État de New York est un cas unique dans l’actuel cycle électoral. Alors qu’à quelques jours des élections de mi-mandat, la majorité des gouverneurs, des sénateurs et des députés démocrates sortants doivent essuyer le mécontentement de l’électorat envers une administration Obama accusée d’impuissance face à la crise économique, les élus new yorkais démocrates dont le siège est en balance ou qui en briguent un autre, eux, mènent campagne dans un fauteuil.


Andrew Cuomo, le procureur général de l’État qui vise le poste de gouverneur occupé par son père Mario Cuomo de 1983 à 1994, est ainsi crédité de 59 % des intentions de vote face au républicain Carl Paladino qui ne récolte que 24 % des voix dans un récent sondage du New York Times (NYT). Le sénateur Charles Schumer est encore plus à l’aise avec 61 % d’intentions de vote contre 21 % en faveur du républicain Jay Townsend. Quant à Kirsten Gillibrand, la sénatrice qui a repris le siège d’Hillary Clinton devenue secrétaire d’État en janvier 2009, elle devrait également l’emporter aisément face au républicain Joe DioGuardi qui lorgne son poste (50 % des intentions de vote contre 25 % dans un autre sondage du NYT).


Une crise moins dure


"L’État de New York souffre globalement moins de la crise que d’autres régions du pays, même si certaines villes du Nord de l’État qui vivaient de l’industrie manufacturière ont vu beaucoup d’emplois partir à l’étranger", explique Justin Phillips, politologue à l’université de Columbia. Puis, New York est probablement le seul État du pays où le plan de sauvetage de Wall Street n’a pas fait grincer les dents. "Même si l’État ne se résume pas à Manhattan, la générosité du gouvernement envers Wall Street a profité globalement à l’économie de New York", estime Phillips. Bref, "les candidats démocrates se présentant à New York ne payent pas trop les pots cassés".


Puis, New York est un État libéral et il n’est traditionnellement pas facile pour un républicain de s’y imposer, même si c’est sur une liste républicaine que Michael Bloomberg, un ancien démocrate, fut élu maire de New York fin 2001 (avant de passer indépendant en 2007). "La marque républicaine est considérée comme toxique dans certains endroits de l’État", explique Phillips. "Même les petites villes du nord de l’État de New York sont modérées", poursuit-il.


Un candidat encombrant


Le mouvement du Tea Party qui s’est imposé dans la campagne aux quatre coins du pays en capitalisant sur le mécontentement des Américains, s’est invité dans l’État libéral. Enfin, le temps d’imposer son candidat – Carl Paladino- à la course pour le poste de gouverneur. Entre-temps, cet homme d’affaires ayant fait fortune dans l’immobilier est parvenu à se griller auprès de l’opinion publique et de nombreux républicains en tenant des propos ouvertement homophobes et en utilisant un langage un peu trop imagé. Il a ainsi promis de ramener de l’ordre à Albany, la capitale de l’État, à l’aide d’une batte de baseball. Le mois dernier, il était encore au coude-à-coude avec le très populaire Cuomo. Aujourd’hui c’est un homme fini.


Des démocrates à l’aise


Écœurés, certains membres de son parti se sont même regroupés au sein d’un groupe se présentant comme les "Républicains pour Cuomo". Il faut dire que le discours du candidat démocrate a de quoi plaire à certains conservateurs. Dans une interview au NYT, il a expliqué la semaine dernière qu’il comptait bien mettre fin à la collusion qui existait entre élus démocrates et syndicats tout-puissants, mettre fin à la corruption et instaurer une meilleure gouvernance à Albany. Un discours porteur, en effet.


Les jeux semblent également faits dans les deux élections new yorkaises pour le Sénat tant les républicains s’y sont mal pris. "Ils n’ont pas su présenter de bons candidats", explique Phillips. D’après lui, la course pour l’ancien siège de Clinton aurait pu être "beaucoup plus serrée avec un candidat républicain sérieux". Quant à la réélection de Schumer pour un troisième mandat, l’affaire semble également entendue. Au point où le démocrate se paie le luxe d’aider à financer la campagne d’autres sénateurs, moins bien lotis financièrement et dans les sondages.


Selon le New York Times, Schumer a versé la bagatelle de 3 millions de dollars au Comité qui s’occupe des campagnes sénatoriales au sein du parti démocrate depuis le mois d’août. Certains observateurs voient dans ce geste une manière de mettre une option sur le poste de chef de file des démocrates au Sénat qui risque de se libérer si son actuel détenteur, Harry Reid, dont la campagne bat de l’aile dans le Nevada, devait s’effacer après le 2 novembre. Dans l’entourage de Schumer, on préfère parler de générosité…

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