Bart De Wever a aussi interdit un meeting pro-Erdogan

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Le Bourgmestre d'Anvers a refusé la tenue d'une réunion dans sa commune pour préserver l'ordre public, à l'instar de ce qui s'est passé ce week-end aux Pays-Bas. La crise entre les autorités turques et néerlandaises ne se calme pas. Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'Affaires néerlandais ce matin.

Le bourgmestre d'Anvers, Bart De Wever, a interdit une réunion du parti de droite nationaliste turc MHP, allié de l'AKP du président Erdogan. Celle-ci devait avoir lieu vendredi à Berchem, l'un des districts anversois. La décision a été prise en concertation avec la police locale qui a pris en compte le trouble à l'ordre public.

Le bourgmestre anversois avait déjà interdit une première réunion des Loups Gris, organisation liée au parti MHP prévue au Linkeroever. Il s'agissait alors d'un événement qui se déroulait dans un immeuble dépendant de la ville.

A Berchem, le meeting est annoncé dans un lieu privé. "S'il y a des présomptions sérieuses d'un risque pour l'ordre public et la sécurité, il est possible d'intervenir même s'il s'agit d'un endroit privé. Les organisateurs seront mis au courant par écrit de l'interdiction", a indiqué le porte-parole de Bart De Wever.

Les Pays-Bas mettent en garde leurs ressortissants en Turquie

Des protestants devant l'ambassade des Pays-Bas à Istanbul. ©EPA

Au nord de la frontière belge, les autorités néerlandaises appellent leurs ressortissants en Turquie à la prudence. Elles ont publié un nouvel avis aux voyageurs,  après un week-end marqué par une crise diplomatique entre Ankara et La Haye.

• Les conseils

"Il y a depuis le 11 mars des tensions diplomatiques entre la Turquie et les Pays-Bas", indique le ministère des Affaires étrangères dans un nouvel avis aux voyageurs sur son site internet: "restez vigilants et évitez les rassemblements et les endroits très fréquentés".

Les Affaires étrangères ont également déconseillé de voyager près des frontières avec la Syrie et l'Irak, et répété que les voyageurs pouvaient s'enregistrer auprès de l'ambassade.

•  Ankara se fâche

Le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué le chargé d'Affaires néerlandais ce lundi matin, pour la troisième fois depuis le début de la crise, et lui a remis deux lettres de protestation contre "le traitement infligé aux ministres et aux citoyens turcs aux Pays-Bas", selon des sources officielles.

Il est hors de question que des excuses soient faites, ce sont eux qui devraient faire des excuses pour ce qu'ils ont fait hier.
Mark Rutte
Premier ministre néerlandais

 

• La source du problème

Fatma Betul Sayan Kaya, la ministre turque de la Famille. ©REUTERS

Samedi soir, les Pays-Bas avaient expulsé la ministre turque de la Famille Fatma Betül Sayan Kaya, qui s'était rendue à Rotterdam après que La Haye ait refusé d'autoriser une visite du chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu.

Environ un millier de manifestants s'étaient mobilisés devant le consulat de Rotterdam pour défendre la venue de la ministre et avaient été dispersés par la police néerlandaise dans le courant de la nuit, à l'aide de chiens, de chevaux et de canons à eau.

La participation de ministres turcs à des meetings visant à promouvoir auprès de la diaspora turque le vote "oui" lors du référendum du 16 avril sur le renforcement des pouvoirs de Erdogan a donné lieu ces dernières semaines à des passes d'armes entre Ankara et plusieurs capitales européennes.

 

•  Un contexte électoral tendu

 Aux Pays-Bas, cette affaire intervient avant les élections législatives prévues mercredi, où le parti du député anti-islam Geert Wilders talonne le parti de Mark Rutte dans les derniers sondages.

"Je veux donc que les Pays-Bas soient le premier pays à mettre un terme au mauvais populisme, à mettre un terme à l'effet domino."
Mark Rutte
Premier ministre néerlandais

"On peut dire que ces élections sont les quarts de finale pour essayer d'empêcher le mauvais populisme de gagner", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Rotterdam, avant un duel télévisé avec Geert Wilders. "Les demi-finales sont en France en avril et mai et ensuite, la finale en Allemagne en septembre." Et d'ajouter: "Je veux donc que les Pays-Bas soient le premier pays à mettre un terme au mauvais populisme, à mettre un terme à l'effet domino."

 

• Des deux côtés on hausse le ton

L'escalade de la crise entre les deux pays continue: le président Erdogan a promis dimanche aux Pays-Bas de leur faire "payer le prix" de leur attitude, dénonçant un comportement rappelant selon lui "le nazisme et le fascisme".

Dimanche matin, des manifestants turcs ont brièvement remplacé le drapeau néerlandais par un drapeau turc au consulat des Pays-Bas à Istanbul, bouclé la veille par Ankara.

Face à ces multiples déclarations, le Premier ministre néerlandais a lui aussi durci le ton. "Il est hors de question que des excuses soient faites, ce sont eux qui devraient faire des excuses pour ce qu'ils ont fait hier", a déclaré  Rutte dimanche après-midi. "C'est une requête folle et totalement impossible", a-t-il ajouté.

©AFP

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