L'immigration au mérite selon Trump

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Donald Trump a esquissé devant le Congrès les contours d'une réforme du système d'immigration aux Etats-Unis qui doit consister selon lui à privilégier les migrants les plus qualifiés et à faire preuve de fermeté avec les clandestins.

Hier soir à Washington, cette nuit en Europe donc, Donald Trump prononçait on très attendu discours face au Congrès. Immigration, réforme fiscale et Obamacare étaient les morceaux les plus attendus. Le président américain a un peu surpris, se montrant plus tempéré qu'il ne l'avait été jusqu'ici. Et plus optimiste, aussi.

Donald Trump s'est dit ouvert à une vaste réforme du système d'immigration devant le Congrès ce mardi soir, dans un discours d'une relative sobriété contrastant avec les invectives de sa campagne et le début laborieux de son mandat présidentiel.

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Dans une allocution de plus d'une heure devant les élus républicains et démocrates, Trump a souligné sa volonté de se concentrer sur les questions touchant directement les Américains, en promettant notamment des investissements dans les infrastructures à hauteur de 1.000 milliards de dollars, ainsi qu'une réforme fiscale en faveur de la classe moyenne et une refonte de la santé. Après un premier mois à la Maison blanche marqué par des revers (le blocage par la justice de son décret anti-immigration), des démissions et des querelles avec les médias, Trump a paru vouloir rassurer sur sa stature présidentielle et sa capacité à gouverner.

Adoptant un ton plus modéré, il a appelé à l'unité nationale et a évité de renouveler ses attaques passées.

"La personne qui a écrit ce discours n'a pas dû écrire le discours d'investiture. Ce dernier était "sombre" alors que celui-là était plus optimiste" (Tom Carper, sénateur démocrate)

Le 20 janvier, Trump avait dénoncé le "carnage de l'Amérique" et brossé un tableau accablant du pays. Selon un sondage CNN/ORC, 57% des téléspectateurs ont trouvé très positif le discours de Trump, et 69% des sondés se disaient plus optimistes quant au futur du pays. Le marché des contrats à terme américain était en hausse, après avoir effacé une partie de ses gains vers la fin du discours. Donald Trump, qui s'est présenté avant tout comme le président des Américains, a toutefois réaffirmé le soutien des Etats-Unis à l'Otan, en ajoutant que les alliés devaient débourser davantage pour leur défense.

"Mon travail n'est pas de représenter le monde. Mon travail est de représenter les Etats-Unis d'Amérique. (...) Nous voulons l'harmonie et la stabilité, pas la guerre et les conflits."

 

→ Quid de l'immigration?

C'était là le volet le plus attendu. Un large plan de réforme de l'immigration est possible si républicains et démocrates font des compromis au Congrès, a assuré Donald Trump, qui a défendu un système "au mérite" pour remplacer le système actuel d'"immigration peu qualifiée".

"Le temps des petits raisonnement est fini. Le temps des combats triviaux est derrière nous", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision nationale. "Je pense qu'une réelle réforme positive de l'immigration est possible, pour autant que nous nous concentrons sur les objectifs suivants: améliorer l'emploi et les salaires des Américains, renforcer la sécurité de notre pays et restaurer le respect de nos lois", a déclaré le président républicain partisan d'un renforcement des frontières.

"Ceux qui veulent entrer dans un pays doivent être capables de subvenir financièrement à leurs besoins par eux-mêmes."

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Donald Trump a estimé qu'une "réforme positive" sur l'immigration est possible avec l'opposition démocrate, en dépit de leurs divergences sur le sort des millions de clandestins présents sur le sol américain depuis parfois plusieurs décennies.
"Si nous sommes guidés par le bien-être des citoyens américains, alors je crois que républicains et démocrates peuvent travailler ensemble pour obtenir le résultat qui échappe à ce pays depuis des décennies", a-t-il dit.

♦ Quelques heures avant son discours, Donald Trump avait évoqué devant des journalistes à la Maison Blanche la possibilité d'une loi de régularisation pour les sans-papiers n'ayant pas commis de délit.

Il a promis que la construction de son "grand, grand mur" sur la frontière avec le Mexique débutera bientôt.

• Pour mieux marquer les esprits, il avait invité dans l'assistance le père d'un jeune de 17 ans "tué par un immigré clandestin, membre d'un gang et tout juste sorti de prison", ainsi que les veuves de deux policiers "abattus par un immigré clandestin qui avait un casier judiciaire et était sous le coup de deux avis d'expulsion", à qui il a rendu à un hommage appuyé pendant son discours.

→ Le milliardaire doit  dévoiler dans les prochains jours une nouvelle version de son décret migratoire à l'encontre de sept pays à majorité musulmane et qui a été suspendu par la justice fédérale.

→ Abroger l'Obamacare

Trump a ensuite appelé le Congrès à abroger la loi dite de l'Obamacare et à refondre le système de santé par le biais de plusieurs réformes sur les coûts, le choix et l'accès à l'assurance santé.

Semblant reconnaître la nécessité de convaincre les Américains de s'unir derrière lui, Donald Trump a souligné qu'il offrait "un nouveau chapitre à la grandeur américaine".

→ Réforme fiscale

Le président américain a promis un "allègement fiscal majeur" en faveur de la classe moyenne et une baisse du taux de l'impôt des sociétés. Il entend demander au Congrès de voter une loi d'investissement de 1.000 milliards de dollars dans les infrastructures, financés par des canaux privés et publics.

Ses principes cardinaux seront "acheter américain" et "embaucher américain", a-t-il déclaré. Il n'a toutefois pas fourni davantage de précision sur ces mesures et n'a pas abordé la question controversée d'une taxe aux frontières, avancée par certains pour stimuler les exportations.

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