Le Mexique hausse le ton face à Donald Trump

Ildefonso Guajardo, le ministre mexicain de l'Economie: "S'ils disent 'On va imposer des taxes de 20% sur les voitures', je me lève aussitôt de la table." ©Bloomberg

Le Mexique ne renégociera pas l'Aléna si les Etats-Unis lui imposent des taxes pour payer le mur destiné à contrer l'immigration clandestine.

Le Mexique se retirera des négociations sur l'Accord de libre échange nord-américain (Aléna) si le président américain Donald Trump veut imposer des taxes aux produits mexicains, a déclaré le ministre de l'Economie mexicain.

"S'ils disent 'On va imposer des taxes de 20% sur les voitures' (produites au Mexique), je me lève aussitôt de la table. Au revoir" (Ildefonso Guajardo, ministre de l'Economie du Mexique, lors d'une interview relayée par Bloomberg)

530 milliards USD
Les échanges commerciaux entre le Mexique et les Etats-Unis se montent à quelque 530 milliards de dollars annuellement.

Avec cette déclaration, le Mexique semble élever encore un peu plus le ton avant une possible renégociation de l'Aléna.

L'accord, qui rassemble depuis 1994 les Etats-Unis, le Canada et le Mexique dans une vaste zone de libre-échange, a fait l'objet de vives critiques de la part de Donald Trump, qui l'a qualifié de "désastre" pour son pays, considérant qu'il sert uniquement les intérêts mexicains.

80%
Environ 80% des produits mexicains prennent le chemin des Etats-Unis.

Trump a également laissé entendre qu'il pourrait imposer des barrières douanières aux produits mexicains pour financer la construction du mur à la frontière qu'il veut faire payer par son voisin du Sud.

 

• Les agriculteurs ont peur

La question de l'immigration clandestine aux USA est très large. Par exemple, les mesures prises par Donald Trump contre les immigrés inquiètent les agriculteurs américains qui utilisent une main d'oeuvre en grande majorité étrangère acceptant des bas salaires. Au total, environ 70% du million de salariés de l'agriculture sont nés à l'étranger, en très grande majorité au Mexique. Et de l'aveu même du syndicat des agriculteurs American Farm Bureau (AFB), plus de la moitié des travailleurs du secteur sont en situation illégale.

Les déclarations de Donald Trump, qui a fait de la lutte contre l'immigration illégale une de ses priorités, sont donc perçues comme une menace pour ce modèle économique, basé sur un faible coût du travail.

©Bloomberg

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