Aux Etats-Unis, le virage trumpiste du parti républicain

Mitch McConnell, ici à droite du Président américain, se réjouit de la réforme fiscale débattue actuellement dans l’hémicycle. ©Bloomberg via Getty Images

Un deuxième sénateur républicain quitte le navire Trump. Si Jeff Flake s’ajoute à la liste des critiques du président, Donald Trump sait qu’il est encore loin d’être en danger. Au contraire, il se frotte les mains.

Le club des trois. C’est le surnom donné, par la presse américaine, aux sénateurs républicains qui étrillent ouvertement Donald Trump. John McCain, Bob Corker et maintenant Jeff Flake. Le dernier de ce trio, le très respecté sénateur de l’Arizona, s’est livré mardi à un discours virulent contre le Président, avant d’annoncer, à la surprise générale, qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat lors des élections législatives de novembre 2018. Pendant 17 minutes, Jeff Flake n’a pas mâché ses mots, allant même jusqu’à dénoncer "le danger pour la démocratie" que représente la présidence Trump. Il a déploré "les attaques personnelles, les menaces contre les principes, les libertés et les institutions, le mépris flagrant de la vérité et de la décence, les provocations dangereuses pour des raisons le plus souvent mesquines et personnelles". "Nous devons arrêter de faire comme si le comportement de certains au sein du pouvoir exécutif était normal, a-t-il ajouté. Il n’est pas normal."

"Nous devons arrêter de faire comme si le comportement de certains au sein du pouvoir exécutif était normal."
jeff flake
sénateur de l’arizona

Il y a une quinzaine de jours déjà, Bob Corker, sénateur du Tennessee, avait attaqué le Président sur Twitter, avant de recommencer mardi et d’aiguiser ses couteaux sur les plateaux de télévision, accusant le Président de "mentir".

Mais ces défections ne sont, pour l’instant, pas suivies par d’autres ténors du parti républicain. D’une part, tous les élus ne sont pas prêts à s’affranchir de leurs ambitions politiques, comme l’ont fait Jeff Flake et Bob Corker, en renonçant à briguer un nouveau mandat.

D’autre part, et comme le rappelle CNN, les élus ont choisi de faire le dos rond pour "protéger" leur agenda politique, et notamment la réforme fiscale débattue actuellement dans l’hémicycle. "S’il y a bien quelque chose qui rassemble les républicains, c’est la réforme fiscale, a commenté le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. Ça fait des années qu’on attend l’opportunité d’un tel projet de loi."

Et Donald Trump est conscient de cet avantage. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, selon des conseillers à la Maison-Blanche, il est "en forme", et se réjouit d’une victoire politique, modelant un peu plus chaque jour le parti républicain à son image. "Flake et Corker sont les victimes de la purge populiste" qui sévit au sein du Grand Old Party (GOP), se désole le New York Times. Pour preuve, estime le quotidien: la Une du site d’informations ultra-conservateur, Breitbart News – dirigé par Stephen Bannon, ancien conseiller stratégique de Donald Trump et pilier de cette nouvelle aile du GOP – qui titre "Victoire: Flake est dehors".

Mais attention à ne pas se réjouir trop vite. Car les démocrates vont tout faire pour s’offrir une victoire aux élections de 2018 et faire basculer le Sénat de leur côté. Ils espèrent d’ailleurs remporter le siège de Jeff Flake, face à la possible candidate républicaine, Kelli Ward, élue ultra-conservatrice ayant reçu la bénédiction de Steve Bannon. Et la presse s’interroge, un parti républicain "trumpisé" pourra-t-il remporter les élections législatives de novembre 2018?

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content