Bilan positif pour un Trump en mode "gestion d'ouragans"

©Photo News

Le président Donald Trump a su réagir après le passage de l'ouragan Harvey et alors qu'Irma sévit encore sur le continent américain. Il a ainsi veillé à ne pas répéter les erreurs du président George W. Bush lorsque l’ouragan Katrina s'était abattu sur la Louisiane il y a 12 ans.

Les Etats-Unis reprennent péniblement leur souffle après le passage de l’ouragan Harvey et alors que c’est rétrogradée au rang de tempête tropicale qu’Irma poursuit son chemin vers la Géorgie. Leur Président peut, quant à lui, savourer la petite revanche qu’il est en train de prendre sur ses détracteurs. Donald Trump s’est en effet montré sous son meilleur jour depuis le début de la crise (à quelques rares exceptions près). Même les médias américains, au taquet lorsqu’il s’agit de décortiquer ses faits et gestes, n’ont pas trouvé grand-chose de négatif à épingler.

Pas comme Bush

Visiblement soucieux de ne pas répéter les erreurs du président George W. Bush lorsque l’ouragan Katrina s’était abattu sur la Louisiane en 2005 (il avait attendu plusieurs jours avant de rentrer de vacances tandis que son administration peinait à organiser l’aide d’urgence), Trump a agi avec méthode. Il a passé le week-end avec son cabinet dans la retraite présidentielle de Camp David (Maryland) à suivre la situation en Floride et à organiser la réponse de son administration en coordination avec les autorités des Etats touchés. Et il devrait se rendre en Floride dans les prochains jours.

Déjà le mois dernier, il avait très vite déclaré l’état de catastrophe naturelle au Texas ce qui avait permis de débloquer des moyens d’urgence supplémentaires. Il a ensuite fait de même à Puerto Rico, dans les îles Vierges ou en Floride pour l’ouragan Irma.

Fidèle à lui-même Trump s’est par ailleurs tourné vers son compte Twitter pour communiquer ses états d’âmes, mais sans sa rage habituelle. Il a surtout exhorté les populations menacées à évacuer les lieux, puis salué le travail des secouristes, de la garde nationale ou des fonctionnaires de la Fema (administration des situations d’urgence).

Donald Trump à Corpus Christi au lendemain du passage d'Harvey ©REUTERS

Le Président républicain a même promis de verser 1 million de dollars de sa fortune personnelle à une douzaine d’organisations responsables de l’aide aux sinistrés de l’ouragan Harvey. Mais surtout, Trump s’est allié aux démocrates du Congrès la semaine dernière pour faire adopter une aide d’urgence de 15 milliards de dollars en la liant au déblocage de moyens pour financer l’administration fédérale jusqu’à la mi-décembre et au relèvement du plafond de la dette publique jusqu’à cette même date. Les républicains ont été nombreux à faire la grimace (ils ne voulaient pas lier les questions budgétaires à cette aide), mais la population, elle, aura apprécié cette collaboration politique devenue tellement rare à Washington.

Trump s’est également rendu à deux reprises au Texas (avec un crochet par la Louisiane après sa deuxième visite). Il est resté loin des zones sinistrées le 29 août et s’est montré plutôt maladroit à cette occasion (en saluant par exemple l’importance de la foule venu le saluer à Corpus Christi, comme s’il assistait à un meeting de campagne). Il s’est ensuite rendu à Houston le 2 septembre où il est allé à la rencontre des victimes, serrant des mains ici, jouant avec un enfant là, aidant même à porter des paquets d’aide d’urgence ou à servir des repas.

Donald Trump visite les victimes d'Harvey à Houston ©REUTERS

Contraste avec Macron

C’est clair, le Président américain a su tourner la situation à son avantage en termes d’image. Le contraste est d’ailleurs saisissant avec son homologue français, Emmanuel Macron, dont l’administration est critiquée pour ne pas en avoir fait assez pour préparer les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, elles aussi balayées par Irma, ni pour répondre à l’urgence humanitaire et sécuritaire. Dimanche, plusieurs députés de l’opposition, dont le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, réclamaient même une commission d’enquête parlementaire. Macron s’est envolé hier soir pour Saint-Martin où il tentera de faire taire les critiques.

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