Christian Loos (Kitchen-NY): "Le retour d'un président inspirant"

Christian Loos, spécialiste des marques établi à New York, ne reconnaît plus le pays qui l'avait accueilli il y a dix ans.

Pour Christian Loos, le fondateur belge de l'agence de "branding" américaine Kitchen-NY, les Etats-Unis ont besoin d'un Président qui unisse au lieu de diviser.

Citoyen belge expatrié aux Etats-Unis il y a une dizaine d’années pour raisons familiales, Christian Loos y a créé voici cinq ans la société Kitchen New York, spécialisée dans la création et la communication d’identités de marque. Il estime que la présidence passée de Trump et ces élections auront un impact important sur la manière dont les Etats-Unis sont perçus dans le monde. "Là où le drapeau américain était autrefois considéré, dans le monde entier, comme un symbole de l'indépendance, de la liberté et du rêve américain, il démontre aujourd'hui la rébellion, le patriotisme, la défense", dit-il. "Ce drapeau n'est plus utilisé par 'tous' les Américains, mais uniquement par Trump et ses partisans républicains. Le monde en est témoin. Et il attend un changement 'positif'. Le résultat de ces élections déterminera le comportement mondial. Économiquement. Et humainement."

"Un pays autrefois exemplaire est aujourd'hui en crise existentielle. Je pense aux nombreux emplois perdus pendant la pandémie, aux nombreuses entreprises fermées, aux prêts insensés, aux problèmes de santé."
Christian Loos
fondateur, agence Kitchen-NY

Il n’est pas tendre quand il s’agit de dresser le bilan des quatre dernières années : "Les 'États-Unis d'Amérique' que j'aime, sont devenus les ‘États divisés d'Amérique’. Dans cette nouvelle Amérique, le narcissisme l'emporte sur l'intelligence et le collectif. Un pays autrefois exemplaire est aujourd'hui en crise existentielle. Je pense aux nombreux emplois perdus pendant la pandémie, aux nombreuses entreprises fermées, aux prêts insensés, aux problèmes de santé."

A ses yeux, "l'Amérique aura besoin d'un leader et d'un Président inspirant pour restaurer l'éducation, les prêts, le système d'allocation chômage, les soins de santé,… et reprendre l'agenda commercial avec le monde".  Il pense que Joe Biden peut le faire, comme il l'a prouvé sous la présidence d'Obama. "Biden reflète l'image d'un père sage, attentionné, fort mais doux", affirme-t-il. Et c'est ce dont ce pays a besoin maintenant: une figure paternelle, qui enseigne à ses enfants comment respecter les différences, comment aimer au lieu de haïr, comment s'unir au lieu de diviser. Et ce comportement conduira à une croissance économique, qui conduira à un meilleur état d'esprit, à de meilleures relations sociales, à un meilleur comportement, ainsi qu’à une meilleure croissance économique. »

Pour autant que Joe Biden l’emporte, bien sûr, il se réjouit d’assister à "la fin de 4 ans sans leadership et sans focalisation claire sur l'intérêt public". Tout en relevant qu’"il ne sera pas facile pour le nouveau Président de changer de cap", et que "Trump et ses partisans n'admettront pas facilement leur perte". 

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