Deux ambiances pour les interviews de Trump et Biden, mais un sujet: le Covid-19

Interviewé sur la chaîne NBC jeudi soir, Donald Trump s'est refusé à condamner explicitement la mouvance conspirationniste QAnon. ©REUTERS

À défaut de pouvoir débattre en face-à-face, les candidats à la Maison-Blanche ont donné des interviews parallèles à la télévision américaine.

Donald Trump et Joe Biden ont affiché, jeudi soir, - sur deux chaînes différentes et avec deux styles opposés - leurs profonds désaccords sur la gestion de l'épidémie du coronavirus, à 19 jours de l'élection présidentielle américaine.

"Nous avons fait un travail fantastique (…). Les vaccins arrivent et les traitements arrivent."
Donald Trump
Président des États-Unis

Le débat virtuel prévu au départ avait été annulé après le refus de Donald Trump d'y participer. À la place, les deux candidats se sont exprimés en même temps, sur deux chaînes différentes depuis la Floride et la Pennsylvanie, deux États-clés dans la course à la présidence, remportés par Trump en 2016, mais où Joe Biden apparaît en mesure de lui disputer la victoire, selon les sondages.

Pas de mea culpa sur le Covid

La gestion de la crise du coronavirus a de nouveau été au cœur des questions. "Nous sommes dans une situation où nous avons plus de 210.000 morts et qu'est-ce qu'il fait? Rien", a dit, d'un ton calme et posé, le candidat démocrate Joe Biden sur ABC. "Nous avons fait un travail fantastique (…). Les vaccins arrivent et les traitements arrivent", a lancé presque au même moment le locataire de la Maison-Blanche sur NBC.

Joe Biden continue à porter le masque, se distinguant ainsi du président Trump. ©AFP

Tendu, agressif, s'agaçant des questions qui lui étaient posées, en particulier sur les raisons pour lesquelles il portait si peu le masque, il a refusé tout mea culpa. "Je suis président, je dois voir des gens (…). Je ne peux être enfermé dans une magnifique pièce quelque part dans la Maison-Blanche", a-t-il ironisé.

Le président républicain s'est par ailleurs refusé à condamner explicitement la mouvance conspirationniste QAnon. "Je ne connais rien de QAnon", a-t-il affirmé avant d'assurer qu'il était d'accord avec leurs positions "contre la pédophilie".

"Ce que je ferai, si je suis élu président, en premier, et je ne plaisante pas, c'est appeler les républicains."
Joe Biden
Candidar démocrate à la Maison-Blanche

Joe Biden appelle au dialogue bipartisan

Le contraste était saisissant avec son adversaire démocrate, qui fait la course en tête dans les sondages et répondait aux questions de l'audience dans un registre nettement plus calme. Il faut "écouter l'autre", a-t-il répondu à un électeur qui lui demandait comment il comptait restaurer "la courtoisie et l'honneur" dans la politique américaine.

"Ce que je ferai, si je suis élu président, en premier, et je ne plaisante pas (…) je vais les appeler", les républicains, a-t-il déclaré en rappelant sa réputation lorsqu'il était sénateur, pendant plus de 35 ans, d'homme capable de franchir les barrières partisanes.

Kamala Harris suspend ses déplacements

La campagne a de nouveau été chamboulée par le coronavirus. La colistière de Joe Biden, Kamala Harris, a suspendu ses déplacements jusqu'à dimanche "dans un souci de prudence" en raison de cas de Covid-19 dans son entourage.

L'ancien vice-président de Barack Obama, quant à lui, a décidé, sur avis de ses médecins, de ne pas interrompre sa campagne de terrain malgré un autre cas découvert dans l'équipage de son avion, mais qui était resté à "plus de 15 mètres" et portait, comme lui, un masque. "Que cela serve d'exemple sur l'importance de porter des masques et de maintenir une distance physique sûre", a tweeté Joe Biden, encore testé négatif jeudi.

Sondages: Biden conserve une avance à deux chiffres sur Trump

Moins de trois semaines avant l'élection présidentielle américaine, le candidat démocrate Joe Biden conserve une avance à deux chiffres sur le président républicain Donald Trump, selon un sondage de NBC News et du journal économique Wall Street Journal.

Selon les résultats du sondage, Joe Biden obtiendrait le vote de 53% d'électeurs inscrits, pour 42% en faveur de l'actuel président américain. Dans un sondage effectué juste après le premier débat télévisé, le 29 septembre, l'avance de Biden était encore de 14%, selon la NBC.

Un total de 53% des Américains disent, par ailleurs, craindre que Trump ne divise le pays au lieu de l'unifier et 47% craignent que le président ne nuise à la santé des Américains en n'allant pas assez loin dans la lutte contre le coronavirus.

D'autre part, 39% pensent que Biden a peu accompli au cours de ses 47 années passées à Washington et 34% craignent qu'il ne nuise à l'économie en allant trop loin dans la lutte contre le coronavirus.

Le sondage s'est déroulé entre le 9 et le 12 octobre auprès de 1.000 électeurs inscrits. La marge d'erreur est de 3,1 points de pourcentage.

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