Donald Trump fait son entrée à l'Otan, redevenue utile à ses yeux

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Le Président américain arrive ce mercredi à Bruxelles pour participer demain à une réunion de l’Otan au cours de laquelle il sera beaucoup question de terrorisme et de budgets militaires.

Pour les distraits, c’est donc ce mercredi après-midi que Donald Trump arrivera à Bruxelles pour une visite d’un peu plus de 24 heures. Après le passage obligé auprès des autorités "locales" (belges ce mercredi, européennes jeudi matin) et un déjeuner avec le nouveau locataire de l’Élysée Emmanuel Macron (jeudi midi), le Président américain pourra se consacrer à la raison de sa visite: la réunion de l’Otan. Les propos que Trump y tiendra seront scrutés avec d’autant plus d’attention qu’il a dit à peu près tout et son contraire au sujet de l’Alliance et que l’on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec lui. Seule certitude: après avoir inauguré le nouveau siège de l’Otan, il devrait appeler l’Alliance à s’engager davantage dans la lutte contre le terrorisme – surtout que le terrible attentat de Manchester sera dans tous les esprits – et exiger une hausse des dépenses militaires de ses membres. Sur quel ton ce sera dit? Surprise.

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Volets terrorisme et budgets

D’après la Maison-Blanche, c’est son conseiller Stephen Miller, l’architecte de son décret anti-immigration, qui a rédigé le discours que Trump fera à l’Otan (comme celui qu’il a fait dimanche en Arabie saoudite). On peut s’attendre à quelques phrases choc alors que, dans le même temps, les autres délégations auraient de leur côté reçu la consigne de respecter à la lettre la règle selon laquelle les discours ne peuvent pas dépasser 4 minutes histoire de ne pas perdre Trump en cours de route. Et qu’il n’y aura pas de déclaration de fin de réunion. Officiellement, parce qu’il ne s’agit pas d’un sommet, officieusement, pour éviter tout risque d’étalage de désaccord.

Si désaccord il doit y avoir, ce sera sûrement sur le volet anti-terroriste alors que certains États estiment que l’Otan n’a pas à étendre ses missions à ce registre. Sur le plan budgétaire, l’heure devrait être à l’apaisement, en principe. Les pays européens doivent présenter à Trump leurs plans de dépenses militaires visant à s’approcher de la norme en vigueur au sein de l’Otan (2% du PIB à horizon 2020). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le Premier ministre Charles Michel déclarait hier devant les commissions des Affaires extérieures et de la défense de la Chambre que son gouvernement avait l’intention de "stopper sous cette législature les économies" qui touchent la défense. Et qu’il confirmait l’engagement de la Belgique à respecter à terme la norme des 2% du PIB.

Les positions de Trump

Mais revenons aux errances de Trump au sujet de l’Otan. En mars 2016, alors qu’il était en campagne électorale, le républicain jetait un pavé dans la marre en estimant qu’elle était "obsolète" et coûtait "une fortune" aux Américains. Il menacera même les pays ne dépensant, selon lui, pas assez pour se défendre, en affirmant que, lui Président, les Etats-Unis ne bougeraient pas le petit doigt pour venir à leur secours en cas de besoin. Arrivé à la Maison-Blanche, Trump rangera ses propos les plus polémiques au placard, mais il faudra attendre qu’il reçoive le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, à la Maison-Blanche, pour entendre Trump affirmer que l’Otan n’est désormais "plus obsolète".

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Qu’est-ce-qui a provoqué ce changement? Le fait qu’il se soit entouré de militaires à des postes-clés n’y est certainement pas pour rien. Son secrétaire à la Défense James Mattis est un général à la retraite et son conseiller à la sécurité intérieure HR McMaster est un lieutenant-général. Ils l’auront briefé sur l’importance stratégique de l’Alliance, notamment face à la Russie. Sans pour autant le modérer sur la question des dépenses militaires qui irrite les Etats-Unis depuis longtemps. L’ex-ambassadrice américaine auprès de la Belgique, Denise Bauer, avait même appelé la Belgique à augmenter ses dépenses militaires dans une lettre ouverte publiée dans La Libre Belgique. C’était en septembre 2015 et Barack Obama était alors Président…

Puis, l’Otan participe à sa manière à la lutte contre l’État islamique en soutenant la coalition internationale menée par les Etats-Unis en Irak et en Syrie même si ce n’est pas dans le cadre d’opérations définies comme telles. Elle reste par ailleurs bien présente en Afghanistan. Et les pays européens qui avaient réduit leurs dépenses militaires après la chute du mur de Berlin ont commencé à sérieusement revoir leur copie depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2014. Les reproches répétés de Trump ont également fait mouche.

Reste que, contrairement à ses prédécesseurs, Trump ne s’est toujours pas engagé à respecter l’article 5 du traité fondateur de l’Otan, celui prévoyant le principe de défense collective. Peut-être le fera-t-il après le dévoilement, jeudi, du Mémorial du 11 septembre et de l’article 5 au nouveau siège de l’Otan. L’article 5 n’a été évoqué qu’une fois jusqu’à présent. C’était après les attentats du 11 septembre qui ont si lourdement touché sa ville, New York. Il s’en souviendra peut-être.

"Que votre premier voyage dans notre région puisse être une étape historique sur le chemin de la réconciliation et de la paix", lui a déclaré Benjamin Netanyahu, en disant "tendre la main à tous nos voisins, dont les Palestiniens". ©AFP
Sur le plan des symboles, le président américain est allé prier sur le mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem conquise par Israël durant la guerre des Six-Jours, en 1967 - une première pour un président américain. ©AFP
Au mur des Lamentations, la femme et la fille de Donald Trump, Melania et Ivanka, qui est aussi sa conseillère à la Maison Blanche, se sont rendues dans la partie réservée aux femmes. ©REUTERS
Deuxième étape du Trump Tour, Israël et la Cisjordanie. Le couple présidentiel y est arrivé ce lundi. ©EPA
Le premier voyage de Donald Trump à l'étranger a débuté samedi par un accueil royal en Arabie saoudite et l'annonce de méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad visant en particulier à contrer les "menaces iraniennes". ©Photo News
Sabre à la main, le président US a pu apprécier l'accueil royal qui lui a été réservé. ©Photo News
Quelques secondes après l'atterrissage d'AirForce One, le roi Salmane a serré la main à Donald Trump, ainsi qu'à son épouse qui était habillée sobrement, avec les cheveux au vent, contrairement aux Saoudiennes qui sont obligées de se couvrir la tête en public. ©Photo News
Fin de l'étape saoudienne. Le couple présidentiel prend la route d'Israël. ©REUTERS
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Le président américain Donald Trump a rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, ce 23 mai 2017. ©REUTERS
Donald Trump signe le livre des invités à la résidence du président israélien Reuven Rivlin à Jérusalem. Les femmes des deux présidents, Melania et Nehama, se tiennent à leurs côtés au moment de la signature. ©AFP
Air Force One s'est posé mardi soir sur la piste de Ciampino Airport, à Rome. ©EPA
Le Président américain était attendu ce mercredi au Vatican. ©AFP
Après une poignée de main cordiale, Donald Trump grand sourire, le pape la mine beaucoup plus sérieuse, ont été longuement photographiés avant de s'assoir pour entamer à huis clos un tête-à-tête qui a duré une petite demi-heure dans la bibliothèque des appartements pontificaux. ©REUTERS
"Que lui donnez-vous à manger? Du potica?", a demandé le pape à la First Lady. Melania Trump a confirmé sans hésitation "potica!". Le pape a affirmé connaître ce dessert traditionnel slovène grâce au mari de sa nièce, un Argentin d'origine Slovène comme Melania. ©AFP
Le pape François a exhorté le Président américain à être un homme de paix. Il a attiré son attention sur le changement climatique. ©AFP
Donald Trump et son épouse Melania ont été accueillis sur le tarmac de Melsbroek par le Premier ministre Charles Michel et sa compagne, Amélie Derbaudrenghien. ©AFP
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De nombreux symboles étaient représentés tout au long de la marche, comme la statue de la liberté ou les bonnets de chat roses, pour faire écho au mouvement de la Women's march aux Etats-Unis, dont certains membres ont fait le déplacement à Bruxelles. ©AFP
Dans les rues de Bruxelles, des milliers de personnes ont crié leur opposition à Donald Trump à l'appel de la plateforme "Trump not welcome" et d'une septantaine d'associations, pour notamment dénoncer les politiques "discriminatoires et sexistes" du président américain. ©Photo News
Charles Michel a eu un entretien avec le président Trump "d'une petite heure" - et donc plus long que prévu dans le programme initial- dans une salle du Palais royal a été "sans tabou" "et sans langue diplomatique". ©Photo News
Le président américain Donald Trump a été reçu jeudi à Bruxelles par les présidents du Conseil et de la Commission européens, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, pour sa première rencontre avec les dirigeants d'une UE qu'il a sévèrement critiquée. ©EPA
Il s'agit de la première rencontre entre le président américain et les principaux dirigeants de l'Union européenne. Elle doit durer "environ une heure", a estimé un responsable européen, affirmant qu'il n'y avait pas de programme défini des sujets qui seront abordés. ©EPA
Le président américain Donald Trump a accueilli son homologue français Emmanuel Macron à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. ©AFP
La première dame américaine Melania Trump a visité jeudi matin l'hôpital des enfants Reine Fabiola à Laeken. Elle a participé à un cours de bricolage dans l'école de l'hôpital. ©BELGA
Première rencontre entre Trump et Macron, à l'ambassade américaine à Bruxelles. Au menu, chargé, de la rencontre prévue pour durer plus d'une heure: la réunion de l'Otan et le sommet du G7e, les crises régionales (Syrie, Ukraine et Corée du Nord, entre autres), l'économie et l'accord de Paris. ©AFP
Autre volet important de la visite de Donald Trump à Bruxelles: la réunion à l'Otan. Il a répété avec virulence son intention de voir les autres membres accroître leur contribution au budget de l'organisation. ©AFP
Les conjoints de la délégation ont retrouvé la Reine Mathilde pour une visite des serres royales. C'est la première fois que le compagnon d'un chef d'État prend la pose avec les "premières dames". Gauthier Destenay (en haut à gauche) est marié au Premier ministre luxembourgeois. ©EPA
Après Bruxelles, le Président et son épouse se sont envolés pour la Sicile afin d'assister au Sommet du G7. ©AFP
La cité sicilienne de Taormine -où se tient le G7- a fait vivre un "enfer" au service de sécurité de Trump: sa voiture blindée, "The beast" est trop grande pour les rues de la ville. Les Américains ont bien demandé d'élargir les rues mais sans succès. Le maire s'est limité à rénover leur revêtement. ©AFP

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