Donald Trump rassembleur devant le Congrès

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Au plus bas dans les sondages, après une année marquée par les divisions, Donald Trump a appelé à l’unité lors de son discours sur "l'état de l’Union" hier soir. Un exercice périlleux pour un président d’ordinaire beaucoup plus clivant.

Comme le veut la tradition, Donald Trump a prononcé son premier discours formel sur "l'état de l’Union". À la tribune du Congrès hier soir, devant des dizaines de millions de téléspectateurs, le président a essayé d’incarner l'unité de la nation et d’être optimiste, alors que l’atmosphère reste tendue entre les républicains et les démocrates après le récent " shutdown " du gouvernement.

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L’exercice n’était pas évident pour le président des Etats-Unis, dont les paroles divisent régulièrement et profondément le pays. Mais dès les premières lignes de son discours, il s’est posé en rassembleur, avec un ton plutôt conciliant, contrairement à ses frasques habituelles et à ses attaques vindicatives. Mais Donald Trump a besoin de dessiner les prémisses d’un compromis entre les deux partis s’il veut enrichir son bilan législatif. "Ce soir, je lance un appel en direction de tous afin que nous mettions nos divergences de côté pour trouver un terrain d’entente et réaliser l’unité que nous devons au peuple qui nous a élus pour qu’on le serve", a-t-il déclaré, avant d’ajouter "ce soir, je veux vous parler du futur que nous allons avoir, et du type de Nation que nous allons devenir. Nous tous, ensemble, comme une seule équipe, un seul peuple et une seule famille américaine."

Vanter son bilan économique

Mais plutôt que de détailler ses prochaines mesures, le locataire de la Maison Blanche a préféré insisté sur les réussites de sa première année à la tête du pays. Tout en évitant soigneusement de parler de ses échecs. Il a notamment vanté son bilan économique, en rappelant les avantages de sa réforme fiscale, "la plus grande réforme de l’histoire américaine", en mettant en avant les 2,4 millions d’emplois qui auraient été créés, les augmentations de salaire ou encore la baisse du chômage.

Pendant de nombreuses années, les entreprises et les emplois ne faisaient que quitter le pays. Mais maintenant, ils font leur grand retour, ils reviennent.
Donald Trump

Mais en ce qui concerne les propositions pour l’année à venir, Donald Trump est resté très vague. Si le président a demandé au Congrès d’appuyer un plan d’investissement d’au moins 1 500 milliards de dollars pour développer les infrastructures pour "construire de nouvelles routes étincelantes, des ponts, des autoroutes, des voies ferrées et des voies navigables à travers le pays", il n’a pas dit comment ce plan serait financé ni détaillé concrètement les axes d’amélioration. Il a seulement proposé de façon générale que " chaque dollar fédéral soit couplé à des contributions des États et du secteur privé ".

Aucun changement de ton sur l'immigration

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Malgré ses ambitions consensuelles, Donald Trump n’a pas réussi à abandonner ses positions clivantes sur l’immigration. Un sujet qui a occupé une part très importante de son discours. "Pendant des décennies, les frontières ouvertes ont permis à la drogue et aux gangs de déferler sur nos communautés les plus vulnérables (…) Elles ont coûté la perte de nombreuses vies innocentes." Le président avait d’ailleurs invité dans le public une famille dont les deux adolescentes ont été tuées par six membres du gang salvadorien MS13.

Autour du monde, nous faisons face à des régimes voyous, des groupes terroristes, et des rivaux comme la Chine et la Russie qui menacent nos intérêts, notre économie et nos valeurs
Donald Trump

Sur l’immigration toujours, Donald Trump a également rappelé le plan envisagé depuis quelques jours par l’administration, parlant d’un "compromis". Le président propose de légaliser jusqu'à 1,8 million d'immigrants arrivés mineurs aux Etats-Unis, en échange de 25 milliards de dollars pour financer le mur à la frontière avec le Mexique et d'une refonte du système d’immigration. Il souhaite mettre fin à la loterie distribuant des visas et limiter l'immigration "en chaîne" à un regroupement familial seulement pour les conjoints et les enfants.

Enfin, le président a effleuré ses objectifs diplomatiques, en dénonçant pêle-mêle les pays "rivaux" des Etats-Unis "comme la Chine et la Russie", et les régimes communistes de Cuba et du Venezuela, en fustigeant l’accord nucléaire iranien, en en critiquant la " dictature cruelle de la Corée du Nord ".

Rappelons qu’il y a un an, son premier discours devant le Congrès avait également été salué pour sa tonalité "présidentielle" et un ton plus sobre. Mais à l’époque, la rupture avait été de courte durée.

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