Dur retour de vacances pour Trump

©AFP

Il était parti pour jouer au golf mais il a été rattrapé par les polémiques raciales. Il a viré son conseiller stratégique Bannon et sa cote bat des records d'impopularité. Le président américain Donald Trump revient aux affaires ce lundi. Ca s'annonce difficile. Ce soir, en prime time à la TV, il va présenter sa stratégie pour l'Afghanistan.

Donald Trump était en vacances, pour deux semaines, dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey.

Durant son absence, le Maison Blanche a été repeinte.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Et pour le reste? Beaucoup d'aléas à gérer pour le président américain..

Sa popularité? "Le président n'a pas encore réussi à démontrer qu'il avait la solidité et les compétences nécessaires pour réussir" dit un républicain

Le magnat de l'immobilier septuagénaire bat des records d'impopularité par rapport à tous ses prédécesseurs. Loin d'avoir trouvé un ton rassembleur, il alimente chaque jour un peu plus un sentiment de chaos et d'improvisation au sein de l'exécutif de la première puissance mondiale.

Même son camp s'inquiète. Mitt Romney, ancien candidat républicain à la Maison Blanche, de "s'excuser".  Dans le camp républicain, les critiques - longtemps "off the record" - se font plus audibles, pressantes. Avec l'idée qu'un tel degré d'imprévisibilité au sommet de l'Etat ne peut durer quatre ans. Une phrase - terrible, ciselée - venue du sénateur républicain Bob Corker, qui ne peut être rangé dans le camp des anti-Trump primaires, résume le sentiment répandu au sein du Grand Old Party:

"Le président n'a pas encore réussi à démontrer qu'il avait la solidité et les compétences nécessaires pour réussir"

Une partie du monde des affaires affiche désormais ouvertement son exaspération.

Les tensions raciales et son approche

De toutes les crises qu'il a lui-même générées depuis sept mois, celle née de ses propos sur les violences racistes de Charlottesville fut sans conteste la plus dévastatrice. En affirmant, lors d'une conférence de presse en roue libre devant les ascenseurs dorés de la Trump Tower, que les torts étaient des "deux côtés" (suprémacistes blancs et contre-manifestants), il a choqué. La semaine dernière a ébranlé l'Amérique. Le monde a compris que l'extrême droite US avait changé de visage mais restait tout aussi dangereuse qu'à la pire époque du KKK.

Le cas Bannon

Le président américain Donald Trump a remercié samedi, en termes équivoques, Steve Bannon, son ex-conseiller controversé et grand allié dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle congédié la veille. La Maison Blanche avait annoncé sèchement vendredi le départ de Steve Bannon, après plusieurs jours d'une profonde polémique provoquée par l'ambiguïté du président sur les responsabilités derrière les violences racistes ayant secoué Charlottesville le 12 août.  Proche de l'"alt-right", mouvance de l'extrême droite américaine, Steve Bannon, âgé de 63 ans, occupait le poste de conseiller stratégique au sein d'une Maison Blanche agitée par de profondes divisions. Il avait rejoint l'équipe de campagne de Donald Trump en août 2016, inspirant au candidat républicain de nombreux positionnements nationalistes et anti-establishment. Quid de la stratégie dans l'ère post-Bannon?

♦ Qu'est ce qui l'attend?

L'objectif affiché de la rentrée est clair pour un président en quête d'une première avancée législative à accrocher à son bilan: faire aboutir, à l'automne, la grande réforme fiscale promise sur les estrades de campagne.

Si les ténors républicains du Congrès y tiennent également, les attaques dont ils ont été la cible de la part du locataire de la Maison Blanche pourraient compliquer les débats. Mais la crainte de provoquer un clash à l'approche des élections de mi-mandat sera présente dans tous les esprits.

Le 45e président de l'histoire américaine aura l'occasion de donner la tonalité de sa rentrée mardi à Phoenix, en Arizona, lors d'un meeting qui pourrait se dérouler dans un climat tendu.

Mais d'abord, ce lundi, il présentera sa stratégie pour l'Afghanistan lors d'un discours diffusé lundi soir à la télévision américaine. Qu'attend-on? Il annoncera peut-être une modeste augmentation des effectifs américains sur le terrain, actuellement 8.400 hommes, comme ses principaux conseillers le lui ont recommandé.

©REUTERS

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content