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Et Trump décida que le soutien à l'économie attendrait les élections

Donald Trump, toujours contagieux, de retour à la Maison-Blanche après son hospitalisation. ©REUTERS

Sa décision de reporter à après les élections les négociations sur un plan de soutien très attendu a vivement fait réagir les marchés.

Le président américain Donald Trump a mis brutalement fin mardi aux négociations avec les démocrates sur de nouvelles aides aux ménages et aux entreprises affectés par la pandémie de coronavirus, avant de laisser une porte ouverte à quelques mesures ciblées.

Cette décision a immédiatement fait chuter Wall Street, alors que de nombreux économistes ont prévenu que l'absence d'un nouveau coup de pouce gouvernemental risquait de freiner la reprise. Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell avait mis en garde mardi: un "soutien trop faible pourrait conduire à une reprise plus fragile, provoquant des souffrances inutiles pour les ménages et les entreprises". Et le patron de la Fed d'ajouter sur un ton inhabituellement alarmiste qu'"avec le temps, l'insolvabilité des ménages et les faillites d'entreprises augmenteraient, nuisant à la capacité de production de l'économie et ralentissant la croissance des salaires".

"Dès que j'aurai gagné"

"J'ai demandé à mes représentants d'arrêter de négocier jusqu'à après les élections", a tweeté le Président américain, accusant la cheffe des démocrates au Congrès Nancy Pelosi de ne pas négocier "de bonne foi". "Dès que j'aurai gagné, nous voterons un grand plan d'aide qui sera centré sur les travailleurs américains et les petites entreprises", a-t-il ajouté, renvoyant les discussions jusqu'à après l'élection présidentielle du 3 novembre.

"Avec le temps, l'insolvabilité des ménages et les faillites d'entreprises augmenteraient, nuisant à la capacité de production de l'économie et ralentissant la croissance des salaires."
Jerome Powell
Président de la Fed.

Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a accusé Donald Trump d'avoir "tourné le dos" aux Américains en difficulté. "Ne vous y trompez pas: si vous n'avez pas d'emploi, si votre entreprise est fermée, si l'école de votre enfant est fermée, si vous voyez des licenciements autour de vous, Donald Trump a décidé aujourd'hui que rien de tout cela, absolument rien, ne lui importait", a-t-il affirmé dans un communiqué.

Certains secteurs très touchés, comme le tourisme et le transport aérien, ont d'ores et déjà annoncé des licenciements massifs: 32.000 personnes pour les compagnies aériennes American et United Airlines, ou encore 28.000 dans les parcs d'attractions Disney.
L'organisation représentant le secteur aérien, Airlines for America, s'est dite "déçue" de l'incapacité des responsables politiques à se mettre d'accord sur un texte qui "aurait sauvé des dizaines de milliers d'emplois hautement qualifiés".

Les aides expirent progressivement

L'administration Trump et les élus démocrates du Congrès avaient commencé il y a plus de deux mois à négocier de nouvelles aides pour les 12,6 millions de chômeurs américains et pour les foyers aux plus faibles revenus, ainsi que pour les entreprises terrassées par la pandémie.

"Une fois encore, le président Trump a montré ses vraies couleurs: faire passer son intérêt avant celui du pays (...)."
Nancy Pelosi
Cheffe des parlementaires démocrates.

Les mesures du gigantesque plan de soutien de 2.200 milliards de dollars adoptées fin mars, rallongé ensuite de 500 milliards, expirent en effet progressivement. Après plusieurs semaines au point mort, les discussions entre Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin venaient pourtant de reprendre. "Une fois encore, le président Trump a montré ses vraies couleurs: faire passer son intérêt avant celui du pays, avec la pleine complicité des membres républicains du Congrès", a fustigé la démocrate.

Mais les divergences étaient trop grandes, notamment sur le montant total de l'enveloppe. Les démocrates réclamaient au départ 3.000 milliards de dollars mais au fil des discussions ont accepté de l'abaisser à 2.200 milliards. L'administration Trump avait de son côté fait un geste, se disant prête à aller jusqu'à 1.600 milliards après un montant initial de seulement 1.000 milliards.

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