portrait

Janet Yellen: une femme au Trésor US, une première

Débarquée sans ménagement de la présidence de la Fed par Donald Trump en 2018, Janet Yellen revient sur le devant de la scène en devenant secrétaire au Trésor.

Pour la première fois de l'histoire des Etats-Unis, c'est une femme qui va exercer la fonction de secrétaire au Trésor. En devenant ainsi la première candidate féminine à décrocher ce poste de ministre des Finances des USA, Janet Yellen ne sera certainement pas impressionnée par cette situation inédite, elle qui a l'habitude des grandes premières.

En terminant ses études d'économie en 1967, elle finit major de sa promotion à l'université Brown, à Providence, dans l'Etat du Rhode Island. Après avoir complété son cursus à l'université de Yale, elle effectue un brillant parcours universitaire puis devient, en 2004, la première femme à diriger la Fed de San Francisco, antenne régionale de la Réserve fédérale. Dix ans plus tard, elle deviendra aussi la première femme à accéder à la présidence de la banque centrale américaine, l'institution la plus en vue de l'économie mondiale.

Une famille première en économie

Janet Yellen (74 ans), économiste chevronnée, est mariée au prix Nobel de l'économie 2001 George Akerlof. Ensemble, ils ont eu un fils, Robert, qui est lui aussi devenu professeur d'économie, à l'Université de Warwick. Au cours de leur carrière, Yellen et Akerlof ont exercé des fonctions variées, mais ils ont également mené des recherches académiques ensemble sur le thème de la fixation des salaires. Yellen est professeure d'économie à Berkeley, Harvard et à la London School of Economics, tandis qu'Akerlof a enseigné à Berkeley également avant d'exercer son art à l'université de Georgetown à partir de 2014, année du début du mandat de son épouse à la tête de la Réserve fédérale. Entre le campus universitaire et le siège de la banque centrale, il y a moins de 3 miles. De quoi rester proches, pas seulement sur le plan intellectuel.

Après quatre années passées à la tête de la Fed, Janet Yellen aurait dû être reconduite à ce poste. Mais à l'époque, Donald Trump vient d'accéder à la Maison Blanche, au terme d'une campagne électorale où il n'a cessé de critiquer la présidente de la banque centrale. Résultat: pour la première fois en près de quarante ans, la présidence de la Réserve fédérale change de mains après un seul mandat.

Parmi les colombes

Ainsi priée de sortir de l'institution monétaire par la petite porte, Janet Yellen s'apprête à savourer une belle revanche en accédant au cénacle politique par l'entrée principale, avec tapis rouge et haie d'honneur: le président élu Joe Biden l'a choisie pour piloter la relance budgétaire censée favoriser le redressement d'une première économie mondiale secouée par la crise sanitaire.

Pas la première à l'eau

Côté loisirs, Janet Yellen a pratiqué la randonnée et le tennis. Aujourd'hui, elle se consacre davantage à la lecture et à la cuisine. Elle passe des vacances à la plage en famille mais préfère éviter la baignade au profit de la lecture d'articles traitant d'économie. Elle a coutume de dire que si quelqu'un était invité à un repas familial chez elle, il s'ennuierait rapidement car la conversation porte rapidement sur des questions économiques...

Yellen a beaucoup d'atouts à faire valoir à ce poste. Elle connaît la situation économique américaine sur le bout des doigts. Lorsqu'elle était à la Fed de San Francisco, elle a été parmi les premiers à s'inquiéter de l'état du marché immobilier à l'origine de la crise financière de 2008. Devenue présidente de la Fed en 2014, elle a accompagné la reprise économique en veillant bien à ne pas resserrer trop vite la politique monétaire, ce qui la classe parmi les "colombes", soit les banquiers centraux favorables à une politique pragmatique visant à soutenir l'économie, par opposition aux "faucons" qui accordent la priorité à la maîtrise de l'inflation via des mesures plus strictes.

L'une des seules qualités qui semblent manquer à Janet Yellen est l'expérience de la politique. Mais ce n'est pas tout à fait exact, car elle a été la première conseillère économique de l'ex-président américain Bill Clinton de 1997 à 1999. Certains reprochent aussi à Yellen d'avoir une vision trop académique de l'économie: elle ne serait pas assez proche du vécu de la population, ce qui la priverait d'une perception de la situation basée sur l'expérience du terrain et la rendrait trop dépendante des seules statistiques. Mais, après l'administration Trump, d'aucuns se réjouiront de retrouver une gestion plus académique du secrétariat au Trésor...

L'emploi, première priorité

Née au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Janet Yellen a été marquée par les conséquences du chômage économique. Ses parents ont traversé la Grande Dépression économique des années 1930. Son père, médecin, et sa mère, enseignante, lui ont inculqué l'importance capitale du travail pour une vie prospère. C'est tout naturellement qu'elle s'est tournée vers les questions concernant l'emploi durant ses études universitaires et dans ses recherches académiques. Plus tard, sous sa présidence, la Fed a donné la priorité à la poursuite de son objectif de plein emploi.

Les 5 dates clés de Janet Yellen

1967: diplômée d'économie à l'Université Brown, avec mention très bien

1971: doctorat d'économie à Yale

1980: professeure à Berkeley (Université de Californie)

2004-2010: présidente de la Fed de San Francisco

2014-2018: présidente de la Réserve fédérale des Etats-Unis

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité