"Je suis le seul qui sait qui sont les finalistes!"

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Donald Trump continue les discussions pour dessiner les contours de sa future administration.C'est délicat, il y a des dissensions. L'ancien maire de New York Rudy Giuliani est pressenti pour diriger la diplomatie américaine. Voici la liste des autres pressentis.

L'équipe de transition de Donald Trump, déjà remaniée vendredi, a enregistré mardi un nouveau départ, sur fond de dissensions qui menacent d'interférer avec le processus de transition.

Après Chris Christie, écarté vendredi au profit de Mike Pence pour le poste de président de l'équipe, le modéré Mike Rogers un temps pressenti pour diriger la CIA a quitté l'équipe de transition de Donald Trump.

• Ancien représentant du Michigan, Mike Rogers était chargé des questions de sécurité nationale au sein de l'équipe.

Selon le New York Times, le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, se serait systématiquement opposé aux proches du gouverneur du New Jersey Chris Christie et notamment à Mike Rogers. En 2004, quand il était encore procureur fédéral, Chris Christie a jugé pour évasion fiscale le père de Jared Kushner, le condamnant à deux ans de prison.

Ce changement pourrait freiner le travail avec la Maison blanche. Les équipes de Donald Trump doivent fournir de nouveaux documents avant que des réunions ne puissent être organisées, agence par agence, pour assurer la transition, a annoncé une porte-parole de la Maison blanche après avoir accusé réception d'un premier texte. L'équipe de transition doit notamment fournir un code de conduite et certifier devant le Bureau ovale qu'aucun conflit d'intérêt n'implique ses membres.

Mike Pence est en train de "retirer tout lobbyiste" de l'équipe, rapporte un conseiller, qui précise que la mesure vise à "assurer le respect de la promesse du président élu Trump de mettre fin à la participation des lobbyistes à tous les niveaux de la transition".

→ Les accusations. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, adversaire notoire de Donald Trump, a noté dans une lettre: "Votre équipe de transition et votre gouvernement potentiel comportent plus de vingt magnats de Wall Street, des acteurs industriels et des lobbyistes prenant des décisions qui pourraient avoir d'énormes implications pour leurs clients ou leurs employés".

→ La réponse de Trump. Sur son compte Twitter, le président élu a assuré que ses équipes étaient en ordre. "Un processus très organisé, tandis que je décide de positions ministérielles et de bien d'autres. Je suis le seul qui sait qui sont les finalistes!"

♦ Ceux qui sont fixés

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA MAISON BLANCHE Le choix annoncé dimanche de Reince Priebus, fidèle soutien durant la campagne électorale et qui est étroitement lié au président sortant de la Chambre des représentants Paul Ryan, est le signe de la volonté du président élu de coopérer avec ce dernier et avec un Congrès à majorité républicaine pour faire adopter ses projets. Reince Priebus, qui préside le NRC depuis 2011, avait selon le New York Times les faveurs de la fille de Trump, Ivanka, et de son gendre, Jared Kushner. Sa promotion pourrait mécontenter les partisans de Trump qui misaient sur lui pour "nettoyer" Washington de l'establishment politique habituel. "C'est un très, très, très bon signe des choses à venir", a commenté à l'inverse Paul Ryan, qui a croisé le fer à plusieurs reprises avec Trump durant la campagne. "Faire de Reince son secrétaire général est une indication parfaite du désir qu'a notre nouveau président de faire avancer les choses."

STRATEGE EN CHEF L'autre favori pour le poste de secrétaire général était Stephen Bannon. L'ex-président du comité de campagne de Trump et ancien patron du média ultraconservateur américain Breitbart News, deviendra le STRATÈGE EN CHEF et PROCHE CONSEILLER du président. Mais sa nomination suscite des remous. Ancien banquier chez Goldman Sachs, ex de la Navy, Stephen Bannon a rejoint l'équipe de campagne de Trump à la mi-août, à une époque où le candidat républicain était en grande difficulté dans les sondages. En juillet, lors de la convention républicaine de Cleveland, Bannon a déclaré au magazine Mother Jones que son site était la plate-forme de l'"alt-right", droite alternative conservatrice proche des courants nationalistes et suprémacistes blancs.

On attend...

CONSEILLER NATIONAL A LA SÉCURITÉ Le général à la retraite Michael Flynn semble tenir la corde pour devenir le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. Ancien directeur de l'Agence du renseignement de la Défense (Defence Intelligence Agency), Michael Flynn, 57 ans, a joué un rôle clef dans la campagne, prodiguant notamment des conseils en matière d'affaires internationales. "Il a une influence apaisante sur Trump", a noté l'une des sources proches de la transition.

SECRÉTAIRE A LA DEFENSE Michael Flynn est également envisagé pour prendre la direction du Pentagone, rapporte le Washington Post. Donald Trump pense aussi à la sénatrice sortante du New Hampshire Kelly Ayotte, 48 ans, qui siège à la commission des Forces armées, ajoute le quotidien. Parmi les autres candidats possibles figurent le général en retraite Joseph "Keith" Kellogg et le sénateur républicain de l'Alabama, Jeff Sessions, 69 ans. Stephen Hadley, qui fut conseiller national à la sécurité sous la présidence de George W. Bush, est lui aussi susceptible d'être nommé à la tête du Pentagone.

SECRÉTAIRE D'ETAT L'ancien maire du New York Rudy Giuliani apparaît désormais comme favori pour le poste de secrétaire d'Etat. John Bolton, ambassadeur auprès des Nations unies sous la présidence de George W. Bush, figure également parmi les candidats probables, ajoute-t-on de même source. Giuliani, devenu pendant la campagne l'un des plus proches conseillers de Trump et son ardent défenseur dans divers programmes télévisés, a également été cité pour le poste d' Attorney General (ministre de la Justice) ou de secrétaire à la Sécurité intérieure. Les noms de Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants, et du sénateur du Tennessee Bob Corker ont également circulés. Architecte de la "révolution conservatrice" des années 1990, Gingrich, 73 ans, qui a présidé la Chambre des représentants sous la présidence démocrate de Bill Clinton après la victoire républicaine aux élections intermédiaires de 1994, avait vainement tenté en 2012 de briguer l'investiture républicaine. En janvier, à la veille du coup d'envoi des primaires, il a estimé que la campagne de Trump, par son style inhabituel et outrancier, constituait "une de ces grandes perturbations de nature à tout remodeler". Certaines sources le donnent aussi comme possible secrétaire à la Santé. Agé de 64 ans, Bob Corker, élu du Tennessee, préside la commission des Affaires étrangères du Sénat. Les deux hommes avaient un temps étaient vus comme de possibles vice-présidents sur le "ticket" républicain, une position finalement échue au gouverneur de l'Indiana Mike Pence. Le nom de Zalmay Khalilzad, ex-ambassadeur en Irak, a également été évoqué.

ATTORNEY GENERAL (MINISTRE DE LA JUSTICE) Un temps très en vue, Chris Christie, gouverneur du New Jersey qui a brièvement brigué l'investiture républicaine, n'est plus dans la course. Selon Bloomberg, un autre ex-rival de Trump, le sénateur conservateur du Texas Ted Cruz, pourrait se voir proposer le poste d'Attorney General.

SECRÉTAIRE AU TRÉSOR Directeur financier de la campagne électorale, Steven Mnuchin, ancien de Goldman Sachs, figure parmi les choix possibles pour s'occuper des finances fédérales. D'après le Wall Street Journal, qui cite son entourage, Trump envisage aussi Jeb Hensarling, élu républicain du Texas à la Chambre des représentants, 59 ans. L'intéressé a déclaré au WSJ qu'il en discuterait volontiers s'il était contacté. "Mais je ne m'attends pas un coup de téléphone. Ce n'est pas quelque chose pour lequel j'ai indiqué mon intérêt. Ce n'est pas un poste que je recherche, je pense être plutôt à une bonne place pour faire progresser notre cause", a ajouté l'élu. Le CV de Jamie Dimon, directeur général de la banque JPMorgan Chase & Co, serait aussi épluché par les conseillers de Trump, selon CNBC qui ajoute que Dimon, 63 ans, pourrait ne pas être intéressé par ce poste. Tom Barrack, fondateur et président du groupe de capital investissement Colony Capital serait également sur les rangs.

SECRÉTAIRE À L'INTÉRIEUR Sarah Palin, ex-gouverneure républicaine de l'Alaska choisie en 2008 par John McCain pour former avec lui le "ticket" républicain face à Barack Obama et Joe Biden figure parmi les possibles candidats, de même que Jan Brewer, ancien gouverneur de l'Arizona.

SECRÉTAIRE À L'ÉNERGIE Harold Hamm, un magnat du pétrole et du gaz, est en tête de la liste de Donald Trump pour le poste de secrétaire à l'Energie dans la future administration américaine, selon Kevin Kramer, élu républicain du Dakota du Nord à la Chambre des représentants. Agé de 70 ans, le directeur général de la firme Continental Resources est devenu l'une des plus grosses fortunes du pays à la faveur du boom des gaz de schiste extraits par fracturation hydraulique dans le Dakota. Il s'est aussi rendu célèbre par son divorce à 975 millions de dollars en 2015. Natif de l'Oklahoma, il a pris la parole lors de la convention républicaine de Cleveland qui a investi Trump. "Chaque fois qu'on nous interdit de forer un puits en Amérique, on finance le terrorisme", avait-il dit à cette occasion. Si Hamm entre au gouvernement fédéral, il sera le premier secrétaire à l'Energie venant directement du secteur pétrolier depuis la création de ce poste, en 1977. Kevin Kramer est aussi sur la liste, de même que Larry Nichols, co-fondateur du groupe Devon Energy, et James Connaughton, PDG de Nautilus Data Technologies, spécialisée dans la construction de centres de stockage de données sur des barges.

AU COMMERCE Le milliardaire Wilbur Ross irait lui au département du Commerce.

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