Joe Biden défie le lobby des armes pour interdire les fusils d'assaut

Le Président américain appelle les élus démocrates à la Chambre et au Sénat à agir "pour sauver des vies". ©REUTERS

Le président Joe Biden a réclamé mardi l'interdiction des fusils d'assaut après une nouvelle tuerie qui a relancé le débat sur la prolifération des armes à feu aux États-Unis.

Lundi, une nouvelle fusillade a fait 10 morts, dont un policier, dans un supermarché de Boulder, dans le Colorado. Ce massacre est intervenu moins d'une semaine après qu'un homme a abattu huit personnes dans des salons de massage asiatiques d'Atlanta, en Géorgie, tandis qu'une fusillade dans une discothèque de Dallas le 21 mars a fait un mort et plusieurs blessées. Une répétition qui a suscité des appels pressants envers l'administration démocrate et les élus à agir.

"Je n'ai pas besoin d'attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l'avenir."
Joe Biden
Président des États-Unis

Identifié comme Ahmad Al Aliwi Alissa, le suspect de la fusillade de ce lundi a été blessé à la jambe et hospitalisé. Il se trouve dans un "état stable", a déclaré Maris Herold, la cheffe de la police de Boulder. "Il a été inculpé de dix meurtres", a-t-elle précisé.

Les motivations de cet homme, décrit comme "asocial" et "paranoïaque" par des proches qui pour certains ont évoqué des troubles psychiques, ne sont pas encore connues. Le jeune homme de 21 ans, issu d'une famille d'immigrants syriens et revendiquant sa religion musulmane, avait fait l'acquisition d'une arme semi-automatique Ruger AR-556 moins d'une semaine avant la fusillade.

Un puissant lobby des armes à feu

Suite à ce nouveau drame, le président Biden a ordonné que les drapeaux soient mis en berne dans tous les bâtiments publics. "Je n'ai pas besoin d'attendre une minute de plus, encore moins une heure, pour prendre des mesures de bon sens qui sauveront des vies à l'avenir et pour exhorter mes collègues à la Chambre et au Sénat à agir", a-t-il dit. "Nous devons aussi bannir les fusils d'assaut", a-t-il ajouté.

Après la fusillade de Boulder, le premier lobby des armes a publié sur Twitter le deuxième amendement protégeant le droit des citoyens à porter les armes.

Les fusillades de ce type, notamment dans les écoles, les centres commerciaux ou les lieux de culte, sont un mal récurrent des États-Unis que les gouvernements successifs ont été impuissants à endiguer. "Nous devrions pouvoir faire nos courses sans crainte… Mais en Amérique, c'est impossible", a déploré mardi l'ancien président Barack Obama, appelant dans un communiqué à "surmonter l'opposition de politiciens lâches et la pression du lobby des armes à feu".

La ville de Boulder avait décrété une interdiction sur les "armes de type fusil d'assaut" et les chargeurs à grande capacité après une fusillade dans un lycée de Parkland (17 morts), en Floride en 2018. Mais selon le journal Denver Post, un juge a suspendu cette interdiction la semaine dernière, une décision saluée par la National Rifle Association (NRA), le premier lobby des armes.

Cette organisation a publié sur Twitter après la fusillade de Boulder une reproduction du deuxième amendement de la Constitution américaine protégeant le droit des citoyens à porter les armes.

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