Joe Biden officiellement investi par les démocrates pour la présidentielle

Cette vidéo prise lors de la diffusion en ligne de la convention nationale démocrate montre Joe Biden après avoir été officiellement désigné comme candidat démocrate à la présidence. ©AFP

Joe Biden, 77 ans, a été officiellement investi mardi par les démocrates pour la présidentielle américaine de novembre prochain. Il affrontera Donald Trump, 74 ans, qui l'accuse d'être la "marionnette" de l'aile gauche du parti.

C'est par un vote sans surprise ni suspense que la majorité des délégués démocrates ont choisi l'ancien vice-Président pour défier le milliardaire républicain, au deuxième jour de la convention du parti organisée à Milwaukee... Mais entièrement virtuelle en raison du Covid-19.

"Merci du fond du coeur", a réagi dans un message vidéo en direct Joe Biden, 77 ans. Il devra accepter cette nomination jeudi, lors du discours de clôture de la convention qui fera entrer la campagne électorale dans le vif du sujet.

Deux anciens présidents, Jimmy Carter, 95 ans, et Bill Clinton, 73 ans, ont été les vedettes de la deuxième partie de soirée. Tous deux ont accusé le locataire actuel de la Maison-Blanche d'avoir installé le "chaos" alors que le pays est plongé dans une grave crise économique et sanitaire.

"Le Bureau ovale devrait être un centre de commandement. Au lieu de cela, c'est le coeur de l'orage. Il n'y a que le chaos", a affirmé Bill Clinton. Jimmy Carter a pour sa part salué "l'expérience, la personnalité et la décence" de Joe Biden "pour nous rassembler et restaurer la grandeur de l'Amérique".

Des drames personnels pour "unir la nation"

L'étoile montante au Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, figure de l'aile gauche du parti et farouche opposante du président Trump, n'a eu droit qu'à une brève intervention. La femme de Joe Biden, Jill, s'est elle exprimée en fin de soirée, dénonçant les dégâts de la pandémie sur les familles.

"Comment réunir une famille brisée? De la même façon que vous unifiez une nation."
Jill Biden
Epouse du candidat démocrate

Elle a aussi livré un témoignage vibrant sur le courage de son mari qui a vécu deux drames personnels: la mort de sa première femme et de sa fille dans un accident de voiture en 1972, puis celle de son fils aîné, Beau, décédé d'un cancer en 2015. "Comment réunir une famille brisée? De la même façon que vous unifiez une nation", a-t-elle dit. "Avec amour et compréhension, et avec des petits gestes de gentillesse. Avec courage. Avec une foi inébranlable."

Deux figures respectées du parti républicain ont aussi affiché leur soutien à Joe Biden, capable, selon eux d'unifier les modérés des deux camps: Colin Powell, notamment ancien chef des armées lors de la Première guerre du Golfe en 1991 et secrétaire d'Etat sous George W. Bush au moment de l'invasion américaine en Irak (2003). Ainsi que Cindy McCain, veuve du sénateur John McCain, décédé en 2018, "héros" de la guerre du Vietnam, honni par Trump.

L'ancien président démocrate Barack Obama doit s'exprimer mercredi soir, après la colistière de Joe Biden, Kamala Harris.

Donald Trump redouble d'efforts

Soucieux de ne pas laisser les démocrates accaparer toute l'attention médiatique, Donald Trump sillonne les Etats-Unis, concentrant ses efforts sur les Etats-clés, avant la convention républicaine organisée la semaine prochaine, également en virtuel. Après le Minnesota et le Wisconsin lundi, il s'est rendu mardi dans l'Iowa et à Yuma, en Arizona, où il a défendu son bilan dans la lutte contre l'immigration.

"La Chine veut absolument qu'il gagne! L'Iran veut absolument qu'il gagne!"
Donald Trump
Président des Etats-Unis et candidat républicain

Il a renouvelé ses attaques envers celui qu'il affuble systématiquement du surnom moqueur de "Sleepy Joe" ("Joe l'endormi"). "Joe Biden est la marionnette de la gauche radicale", a-t-il lancé, pour mobiliser son électorat conservateur.

"Cela va au-delà du socialisme". "La Chine veut absolument qu'il gagne! L'Iran veut absolument qu'il gagne!", a-t-il lancé sous les applaudissements, se posant en négociateur intraitable.

Trump a également balayé les critiques sur sa gestion de la pandémie de coronavirus qui a fait plus de 170.000 morts aux Etats-Unis, affirmant avoir "sauvé des millions de vies". Il a en outre confirmé qu'il prononcerait son discours à l'issue de la convention républicaine depuis les jardins de la Maison-Blanche, le 27 août.

"Contrairement à Michelle Obama, je serai en direct. C'est toujours beaucoup mieux en direct", a assuré l'ancien homme d'affaires, qui a largement bâti son succès de 2016 sur son goût des estrades, des formules populistes et sa capacité à mobiliser les foules.

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