L'administration Biden se met en place et contraste avec celle de Trump

Joe Biden annoncera dans la journée la composition de son équipe gouvernementale. ©AFP

Le président élu Joe Biden a commencé à désigner les membres de son administration en donnant la priorité aux personnalités chevronnées ayant servi sous Barack Obama.

Le président élu Joe Biden devrait annoncer ce mardi la composition complète de sa future administration. Et il semble avoir fait le choix de "valeurs sûres" ayant travaillé sous la présidence de Barack Obama, comme Antony Blinken, futur chef de la diplomatie américaine. L'ancien secrétaire d'Etat John Kerry, 76 ans, fera, lui aussi, son retour à Washington en tant qu'émissaire spécial du président sur le Climat, signe de l'importance qu'accorde Joe Biden à ce dossier.

Le démocrate de 78 ans cherche aussi à faire une plus grande place aux femmes et aux minorités. Il prévoirait ainsi, selon une source dans son entourage, de nommer l'ancienne présidente de la Réserve fédérale Janet Yellen, 74 ans, au Trésor, un poste occupé uniquement par des hommes jusqu'ici. Une diplomate afro-américaine de 68 ans, Linda Thomas-Greenfield, deviendrait, elle, ambassadrice à l'ONU.

Alejandro Mayorkas, pressenti à la Sécurité intérieure. ©REUTERS

S'il est confirmé par le Sénat (comme les autres candidats à des postes ministériels), Alejandro Mayorkas, deviendrait le premier Hispanique ministre à la Sécurité intérieure. Né il y a 60 ans à la Havane, cet ancien procureur fédéral connaît bien cette administration, dont il fut ministre adjoint de 2013 à 2016.

"Quand j'étais très jeune, les États-Unis ont offert un refuge à ma famille", des opposants au régime castriste, a rappelé, dans un tweet, celui qui sera bientôt chargé de "superviser la protection de tous les Américains et de ceux qui fuient des persécutions".

Le président élu a également l'intention de nommer Avril Haines, 51 ans, directrice du Renseignement national et Jake Sullivan, 43 ans, comme son conseiller à la Sécurité nationale. Joe Biden et sa vice-présidente Kamala Harris feront un discours pour annoncer formellement ces nominations ce mardi à Wilmington, dans le Delaware.

"Ces individus sont aussi expérimentés et éprouvés aux crises qu'ils sont novateurs et imaginatifs."
Joe Biden
Président élu des États-Unis

Contraster avec le "chaos" de Trump

Se posant en gage de stabilité, le démocrate avait fait campagne en promettant de mettre fin au "chaos" de l'ère Trump. Et ses premiers choix, sélectionnés dans le cercle de ses proches, reflètent sa volonté de marquer le contraste avec le président républicain sortant. "J'ai besoin d'une équipe prête au premier jour", a écrit le démocrate dans un communiqué annonçant ses choix pour les Affaires étrangères et la Sécurité nationale. "Ces individus sont aussi expérimentés et éprouvés aux crises qu'ils sont novateurs et imaginatifs", a-t-il poursuivi.

John Kerry avait négocié l'accord de Paris au nom de l'administration Obama en 2015. ©ZUMAPRESS.com

John Kerry sera, pour sa part, immédiatement chargé de faire revenir les États-Unis dans l'accord de Paris qu'il avait négocié en 2015, et que Donald Trump avait ensuite déchiré. Il a promis de traiter "la crise climatique comme la menace urgente de sécurité nationale qu'elle est".

306 grands électeurs

Joe Biden s'est entretenu lundi avec les maires de plusieurs grandes villes, dont New York, Los Angeles et Atlanta, affichant sa détermination à avancer malgré les multiples recours en justice de Donald Trump. Il faut dire qu'aucun doute ne plane sur le fait que le démocrate deviendra le 46e président des États-Unis le 20 janvier 2021.

Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin, contre un peu moins de 74 millions pour le milliardaire républicain. Mais la présidence américaine se joue au travers d'un collège électoral fait de grands électeurs attribués dans chaque État. Pour l'heure, il y dispose de 306 grands électeurs (contre 232 pour Donald Trump), soit bien plus que les 270 qui étaient nécessaires à sa victoire.

80 millions
de votes
Joe Biden a remporté près de 80 millions de voix lors du scrutin, contre un peu moins de 74 millions pour Donald Trump.

Dans le Michigan, où Joe Biden dipose de 155.000 voix d'avance, un panel était réuni lundi pour certifier les résultats, mais ses membres républicains tentaient d'arracher un report. Une poignée de comtés de Pennsylvanie, chargés de faire de même d'ici la fin de journée, affichaient eux des retards.

"République bananière"

Le milliardaire a appelé, dimanche, les républicains à "se battre", mais un nombre croissant de grands noms du parti l'appellent à concéder sa défaite, certains voyant même dans le comportement des avocats du président "une honte nationale", digne d'"une république bananière". Donald Trump a finalement donné son feu vert pour la transition, sans toutefois concéder la victoire au démocrate, au contraire...

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