L'étau se resserre autour de Trump

L’étau semble se resserrer autour du président américain Donald Trump. ©EPA

Le procureur spécial Robert Mueller enquêtant sur les soupçons de collusion entre la campagne Trump et Moscou compte bientôt interroger le président américain.

Robert Mueller, le procureur spécial chargé de l’enquête sur les collusions présumées entre l’équipe de campagne de Donald Trump et Moscou, veut interroger le président américain en personne. Il en a informé ses avocats. Des avocats qui tenteraient de négocier avec Mueller la possibilité que Trump réponde par écrit à ses questions, selon le Washington Post.

L’étau semble se resserrer autour du président dont quatre anciens proches ont déjà été inculpés par Mueller. C’est le cas de son ex-directeur de campagne, Paul Manafort, et d’un associé de celui-ci, Rick Gates, de l’ex-conseiller à la sécurité nationale de Trump, Michael Flynn, et d’un ancien collaborateur de la campagne Trump sur les questions internationales, George Papadopoulos.

Accusés, entre autres choses, de blanchiment d’argent et de conspiration contre les Etats-Unis, Manafort et Gates nient les faits qui remontent à avant la campagne. Plus gênant pour Trump, Flynn et Papadopoulos ont admis avoir rencontré des officiels russes pendant la campagne et avoir menti à ce sujet. Flynn avait rencontré l’ambassadeur russe Sergueï Kisliak fin 2016 au sujet de sanctions US frappant la Russie dans le dossier ukrainien. Quant à Papadopoulos, il s’était vanté en mai 2016 auprès d’un diplomate australien d’avoir rencontré des Russes qui avaient des informations compromettantes au sujet de la candidate démocrate Hillary Clinton. Les deux hommes collaborent avec l’équipe de Mueller. Une équipe également intéressée par la rencontre qui avait eu lieu entre une avocate proche du Kremlin, le fils de Trump, Donald Jr, son beau-fils, Jared Kushner, et Manafort à la Trump Tower en juin 2016 au sujet d’informations sur Clinton.

Entrave à la justice

Mais, là où l’enquête de Mueller aurait le plus avancé, c’est en ce qui concerne les tentatives d’entrave à la justice dont est soupçonné Trump depuis qu’il a viré le directeur du FBI, James Comey, en mai. On vient ainsi d’apprendre que Trump avait demandé à un de ses avocats, Donald McGahn, de faire pression sur Jeff Sessions, le ministre de la Justice, pour qu’il ne se récuse pas de l’enquête du FBI. Trump comptait ainsi sur la protection de son ministre, mais Sessions s’est néanmoins récusé. Depuis, il est dans le collimateur de Trump. Autre révélation: peu avant que Comey soit viré, un collaborateur de Sessions aurait demandé à un assistant parlementaire républicain s’il avait des informations compromettantes au sujet du patron du FBI. Enfin, Reince Preibus, l’ex-chef de cabinet de Trump, aurait transmis des notes à Mueller dans lesquelles apparaît que Trump lui aurait dit avoir demandé à Comey d’affirmer publiquement qu’il n’enquêtait pas sur lui.

Là où l’enquête de Mueller aurait le plus avancé, c’est en ce qui concerne les tentatives d’entrave à la justice dont est soupçonné Trump.

La Maison Blanche affirme collaborer avec Mueller. Ce qui semble en effet dans l’intérêt de Trump. Certains de ses conseillers l’auraient aussi dissuadé de virer le procureur spécial, comme il semblait en avoir l’intention cet été. Cela n’empêche pas certains républicains d’accuser Mueller de mener une enquête à charge. Le 5 janvier dernier, Lindsey Graham et Charles Grassley, deux sénateurs républicains, ont par ailleurs dévoilé que Christopher Steele, l’ancien agent de renseignements britanniques qui avait prévenu en juillet 2016 le FBI que Moscou détenait des informations compromettantes au sujet de Trump, d’avoir été engagé par une agence qui travaillait pour le compte de la campagne Clinton (Fusion GPS). Reste que si le FBI avait finalement décidé d’ouvrir une enquête sur les soupçons de collusion, c’était plutôt à cause des agissements de Papadopoulos. Pas de quoi faire dérailler l’enquête donc…

Un juge américain bloque l'abrogation d'un programme en faveur des jeunes sans papiers
Un juge américain bloque l'abrogation d'un programme en faveur des jeunes sans papiers

Ce mardi, un juge américain a bloqué l'abrogation par Trump d'un programme adopté par Obama, et qui permet à des jeunes entrés illégalement aux Etats-Unis lorsqu'ils étaient encore enfants d'y étudier et d'y travailler légalement. 

Le juge en question est William Alsup de San Francisco. Il a ordonné au président américain et à son administration de continuer ce programme appelé DACA sur l'ensemble du territoire. Alsup estime que l'opinion du ministère de la Justice, selon lequel le programme était illégal, reposait sur une "base juridique défectueuse". 

Mercredi, la Maison-Blanche a dénoncé la décision du juge: "Nous jugeons cette décision scandaleuse", a indiqué la porte parole Sarah Sanders. 

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