"L'histoire américaine est mise en pièces" (Trump)

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Trois tweets du président américain jettent un nouveau bidon d'huile sur le feu. Après s'être fait tristement remarquer par une communication décousue suite aux violences de Charlottesville, Donald Trump continue de jouer un jeu favorable aux suprématistes blancs en soutenant le maintien des monuments confédérés, symboles de l'esclavagisme et du racisme.

Déjà sujet à une tornade de critiques sur de nombreux dossiers, Donald Trump est désormais englué dans une polémique autour du racisme. Sa communication après les événements de Charlottesville n'a fait que conforter ses opposants dans leur crainte du danger que représente le président - pour leur pays et pour la planète - mais surtout, a fait grandir le même type de sentiments parmi ses "sympathisants", dans son propre camp, celui des républicains.

Mais Trump, en homme d'affaire habile, tente toujours de se sortir des situations malsaines par une pirouette. Son procédé préféré, c'est le tweet, on le sait. Cette fois, il en a pondu trois, en série. Le but: tenter de déplacer le débat en affirmant que l'histoire américaine est "mise en pièces" par le retrait de statues de personnages des Etats sudistes confédérés, favorables à l'esclavage.

 

 

 

 

"Triste de voir l'histoire et la culture de notre grand pays mises en pièces par le retrait de nos magnifiques statues et monuments. Vous ne pouvez pas changer l'histoire, mais vous pouvez en apprendre quelque chose. Robert E Lee, Stonewall Jackson, qui sera le suivant? Washington, Jefferson? C'est insensé! Toute cette beauté qu'on enlève à nos cités, villes et parcs va énormément nous manquer. On ne pourra jamais la remplacer à sa valeur."

1.500 symboles confédérés
Plus de 1.500 symboles confédérés demeurent encore dans l'espace public aux Etats-Unis, la plupart dans le sud.

Pour rappel, les violences de Virginie ont pour origine un rassemblement de suprémacistes blancs pour protester contre la suppression annoncée d'une statue du général sudiste Robert E. Lee. Certains Américains voient dans ces monuments, en hommage à la confédération d'Etats du sud qui a déclenché la guerre civile notamment pour défendre l'esclavage, la célébration d'un passé raciste. D'autres estiment que les enlever revient à effacer un pan entier de l'histoire américaine. Les suprémacistes blancs, eux, en ont fait leur cheval de bataille.

→ Lisez aussi notre Edito Les symboles de la haine raciale

©AFP

Au-delà du débat de fond, les termes utilisés par le président américain et le moment choisi ont contribué à alimenter les nombreuses critiques de ceux qui, au sein-même de son propre camp, s'indignent de son manque de clarté dans la dénonciation des groupuscules d'extrême droite.

Mardi, lors d'une conférence de presse houleuse depuis la Trump Tower à New York, où il avait renvoyé dos à dos militants d'extrême droite et contre-manifestants, Trump avait déjà semblé donner raison aux défenseurs de ces monuments:

"George Washington possédait des esclaves (...). Est-ce qu'on va enlever ses statues ? Et Thomas Jefferson ? Est-ce qu'on va enlever ses statues?"

Trump se référait là aux premier et troisième présidents des Etats-Unis, tous deux morts bien avant la guerre de Sécession (1861-1865).

©REUTERS

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