analyse

La com' complètement décousue de Trump après Charlottesville

Donald Trump a déclaré mardi que les torts étaient "des deux côtés" lors des violences de Charlottesville. ©REUTERS

La réputation de Donald Trump s'effrite encore un peu plus au sein de l'opinion publique après la manière chaotique avec laquelle il a géré la crise de Charlottesville.

♦ Samedi

Donald Trump était en vacances dans son club de golf de Bedminster, dans le New Jersey, lors des violences à Charlottesville. "Nous devons TOUS nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n'y a pas de place en Amérique pour ce type de violences", a-t-il tweeté rapidement, comme à son habitude.

Jusque là, pas de faux pas.

Mais peu après, toujours depuis son golf, il semble avoir pris un peu à la légère la préparation de sa première déclaration: "Nous condamnons dans les termes les plus forts possible cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties.Et les Américains qui attendaient de leur président une condamnation claire et forte de ces mouvements radicaux prônant la suprématie de la race blanche ont tiqué. "Venant de diverses parties", ça veut dire quoi exactement? Venant des néo-nazis et des anti-nazis? Parce que dans les confrontations de Charlottesville, il n'y a avait que deux camps...


♦ Dimanche

La Maison-Blanche a essayé de rattraper la sauce. Un porte-parole et même le vice-président Mike Pence ont précisé que les propos de Donald Trump incluaient "bien sûr" les suprémacistes blancs, le KKK et les néo-nazis.

Mais ça n'a pas convaincu. Les critiques affluent de toutes parts, y compris de son propre camp républicain. Plusieurs patrons de grandes entreprises ont également décidé de quitter son conseil consultatif. On lui reproche d'être trop tolérant avec l'extrême-droite. Ses détracteurs ont rappelé qu'une partie de l'extrême-droite a soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche, et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders. Il a même engagé Steve Bannon, le chef du site d'extrême-droite Breitbart, comme conseiller stratégique, "c'est quelqu'un de bien, pas un raciste", affirme le président.

Confrontations entre néo-nazis et anti-nazis samedi à Charlottesville en Virginie. ©REUTERS

♦ Lundi

Ok, fini les vacances. Trump rentre à la Maison-Blanche et sa déclaration est cadenassée. Prompteur à l'appui. Pas d'écart possible, on imagine son équipe lui mettre la pression et essayer de lui faire comprendre que c'est un sujet "touchy". "Le racisme, c'est le mal et ceux qui commettent des violences en son nom sont des criminels et des brutes, y compris le KKK, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes de la haine qui sont répugnants pour tout ce que nous chérissons en tant qu'Américains."

♦ Mardi

Le service de communication de la Maison-Blanche pense sans doute que le feu est maîtrisé et qu'il va s'éteindre doucement. Mais c'était sans compter sur la spontanéité du président. Lors d'une conférence de presse chaotique depuis la Trump Tower à New York, Donald Trump, très remonté, a attribué la responsabilité des violences de Charlottesville aussi bien aux militants d'extrême droite qu'aux contre-manifestants et a affirmé qu'"il y avait des gens très bien des deux côtés".

"J'ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d'un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire."
Donald Trump
Président des États-Unis

Si le président a reçu des remerciements d'un ancien leader du Ku Klux Klan, le sentiment général est indigné. "La suprématie blanche est répugnante", a tweeté Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants ajoutant qu'"il ne peut y avoir aucune ambiguïté morale". "Sans une déclaration préparée, ce président dit ce qu'il pense vraiment: mettre sur le même plan des néonazis et ceux qui protègent les droits civiques est honteux et insensé", a déclaré la chanteuse et actrice Barbra Streisand. "La haine a toujours existé en Amérique. On le sait, mais Donald Trump l'a remise à la mode!", a écrit sur Twitter le basketteur LeBron James. Les stars du petit écran Jimmy Fallon, Jimmy Kimmel et Stephen Colbert ont également mis la com' du président à l'honneur dans leurs émissions. 

Les manifestations de citoyens se multiplient à travers le pays contre les violences raciales, les suprémacistes blancs et le président Trump. Les monuments à la gloire des confédérés tombent les uns après les autres. Il semblerait que la plus grosse menace à l'égard de Trump ne vienne pas de l'étranger, mais bien des Américains eux-mêmes qui ne voient pas leur président partager leurs valeurs.

Manifestation devant la Trump Tower mardi pendant une conférence de presse du président. ©REUTERS

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