La Fed reste muette sur un futur relèvement des taux d'intérêt

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La Fed a laissé les taux d'intérêt inchangés entre 1% et 1,25%, une décision qui a été prise à l'unanimité selon la Réserve fédérale. Reste maintenant une question: qui va succéder à Yellen à la tête de la Fed? Réponse ce jeudi après-midi.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé les taux d'intérêt inchangés ce mercredi, tout en signalant que l'activité économique progressait à un rythme "solide" malgré les ouragans de la fin de l'été, mais que l'inflation, hors prix de l'énergie, reste contenue.

A l'issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours, elle n'a annoncé aucun changement de politique monétaire. Elle a décidé à l'unanimité de maintenir les taux interbancaires au jour le jour dans la fourchette de 1% à 1,25%. Selon la Fed, les futures sur les taux à court terme anticipent toujours une hausse en décembre, et une de plus en 2018.

Sur un éventuel tour-de-vis lors de la réunion des 12 et 13 décembre, la Fed reste circonspecte.

Cette décision confirme les attentes des marchés qui ne misaient pas sur un relèvement des taux ce mercredi, mais guettaient des indications sur un éventuel tour-de-vis lors de la réunion des 12 et 13 décembre, comme le prévoient les projections médianes de la banque centrale qui datent de septembre. Sur ce point, la Fed reste circonspecte.

Le dollar a immédiatement réduit ses gains, l'euro revenant au-dessus de 1,1630 dollar , avant de repartir à la hausse 20 minutes plus tard. A Wall Street, le Dow et le S&P 500 ont gagné un peu de terrain, tandis que le Nasdaq est en recul.

L'économie en forme

La vivacité de la croissance à 3% au troisième trimestre en rythme annuel, après déjà 3,1% au second, a surpris les analystes qui commencent à prendre au sérieux les promesses de Donald Trump de faire caracoler durablement l'économie au-dessus de ce rythme.

1,6%
L'inflation a légèrement accéléré en septembre pour se situer à 1,6% sur un an contre 1,4% en août, selon l'indice PCE.

L'expansion de la première économie mondiale n'a pas dépassé 2% annuels en moyenne depuis le début de la reprise en 2010. Et l'activité pourrait continuer son accélération avec les efforts de reconstruction à la suite des ouragans dans le sud et surtout avec les projets de réduction d'impôts actuellement à l'oeuvre au Congrès.

L'inflation a légèrement accéléré en septembre pour se situer à 1,6% sur un an contre 1,4% en août, selon l'indice PCE. Mais ce progrès est surtout dû à la hausse des prix de l'énergie, qui ont été dopés en partie par l'impact des ouragans.

Malgré les difficultés grandissantes des employeurs à pourvoir des postes qualifiés, les salaires et les prix augmentent peu. Un frémissement a été toutefois perceptible cette semaine avec la hausse du coût de l'emploi de 0,7% pour le 3e trimestre et de 2,5% sur l'année.

Ce qu'on attend vraiment

Les marchés financiers guettent surtout la décision sur la succession de Janet Yellen, l'actuelle présidente, à la tête de la banque centrale. Nommée par le président démocrate Barack Obama en 2014, elle conclut son mandat début février. Le président Donald Trump a fait savoir lundi, après avoir évalué de façon assez publique une poignée de candidats dont Janet Yellen elle-même, qu'il annoncerait sa décision ce jeudi.

"J'ai quelqu'un de très précis en tête et je pense que tout le monde sera très impressionné."
Donald Trump

Selon plusieurs médias, son choix se serait porté sur Jerome Powell, un républicain modéré, déjà gouverneur de la Fed qui a travaillé avec Janet Yellen ces quatre dernières années.

Il représente la continuité en terme de politique monétaire, comme l'affirme Tim Duy, professeur d'économie à l'Université d'Oregon. Il n'y aura pas "de changement significatif de politique monétaire sous Powell par rapport à Yellen si l'économie se comporte comme prévu", a déclaré ce spécialiste de la Fed.

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