La politique étrangère de Trump en dix tweets

©MFN

Samedi, cela fera un an que Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Un an que le monde scrute son fil Twitter dans la crainte d’une énième attaque en règle contre ses ennemis… et alliés.

Europe: des alliés crispés

Si l’axe franco-allemand semble tant dominer la politique européenne ces derniers mois – du moins lorsque la chancelière allemande Angela Merkel n’est pas absorbée par la formation d’un nouveau gouvernement –, c’est en grande partie suite au Brexit. Mais c’est aussi parce que Merkel et le président français Emmanuel Macron n’ont cessé de se serrer les coudes face aux gesticulations fort peu diplomatiques du Président américain sur la scène internationale.

Trump n’a rien fait pour s’attirer les sympathies de ses alliés européens les plus puissants. Il ne s’est jamais montré tendre envers Merkel dont il a vivement critiqué les politiques d’immigration. Il a également accusé l’Allemagne de ne pas contribuer assez aux efforts de l’Otan (cf. son tweet du 18 mars 2017). Particulièrement irrité par le déficit commercial enregistré par son pays dans ses échanges avec l’Allemagne, il s’en est également pris à l’industrie automobile allemande qu’il a accusée de vendre trop de voitures aux Etats-Unis.

Comme l’indique son tweet du 21 avril 2017, au lendemain d’une attaque terroriste contre des policiers sur les Champs-Elysées, Trump estimait que la menace pesant sur la France serait propice à l’élection de la président du FN, Marine Le Pen, à la présidentielle française. Et il semblait même la souhaiter. Mais c’est Macron qui est entré à l’Elysée. Et le Président français n’a jamais manqué une occasion de remettre Trump à sa place que ce soit sur le climat, l’accord nucléaire iranien ou les vertus du multilatéralisme, par exemple.

Même le traditionnel allié britannique a subi les estocades de Trump, en particulier le maire de Londres, Sadiq Khan, qu’il a accusé de ne pas avoir réagi de façon appropriée à l’attentat sur le London Bridge (cf. son tweet du 4 juin 2017). Khan ne s’est pas laissé démonter. Le 12 janvier dernier, il se félicitait même sur Twitter de ce que Trump ait annulé sa visite à Londres au motif qu’il n’avait pas envie d’y inaugurer la nouvelle ambassade américaine. Trump a "enfin reçu le message" des Londoniens qui ne voulaient pas de sa visite, a-t-il lancé, accusant indirectement l’Américain de ne pas vouloir subir l’humiliation de se voir "accueillir" par des manifestants aux slogans hostiles.

 

Moyen-Orient: de l’huile jetée sur les feux de la région

Trump n’a jamais caché tout le mal qu’il pensait du régime de Téhéran ni de l’accord nucléaire iranien (tout en courtisant l’Arabie saoudite, ennemie jurée de l’Iran). En octobre, il décidait de ne pas certifier l’accord, et le 12 janvier il donnait 120 jours au Congrès US et aux parties européennes de l’accord pour "renforcer" le texte. Fin décembre, alors que les Iraniens manifestaient par milliers contre le régime, il s’est empressé de les soutenir. Le 31 décembre, il terminait l’année par un tweet accusant Téhéran de détourner leur argent et de soutenir le terrorisme.

Le 6 décembre, il torpillait toute chance de voir Israéliens et Palestiniens reprendre des négociations de paix à court terme en annonçant qu’il était "temps de reconnaître officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël". Mardi, l’administration Trump poursuivait sur sa lancée en gelant une partie des fonds que les Etats-Unis devaient verser à l’UNRWA, l’agence onusienne aidant les réfugiés palestiniens.

 

Extrême-Orient: l’escalade avec la Corée du Nord

Après avoir passé les derniers mois à multiplier les essais balistiques, voire nucléaires, la Corée du Nord a repris le chemin du dialogue avec sa voisine du sud qui s’apprête à organiser les JO d’hiver du 9 au 25 février. Une détente qui rassure tout le monde après les échanges musclés entre Trump et Kim Jong-Un. Non content de qualifier son homologue nord-coréen de "little rocket man", Trump avait tout bonnement sapé les efforts de son secrétaire d’État, Rex Tillerson, en l’enjoignant, le 1er octobre, à cesser de chercher une solution diplomatique avec la Corée du Nord.

La Chine, avec qui Trump s’est engagé dans une guéguerre commerciale, en a également pris pour son grade. Le président US l’accusant régulièrement de ne pas suffisamment coopérer aux efforts internationaux pour tenter de faire rentrer Pyongyang dans le rang. Dans un tweet du 28 décembre, il reprochait encore à Pékin d’approvisionner la Corée du Nord en pétrole.

 

Amérique du Nord: des voisins mécontents

Alors que cela fait un an que Trump suscite moqueries et indignations aux quatre coins de la planète, comment se passent ses relations avec ses voisins? Franchement mal avec le Mexique où le président Enrique Pena Nieto refuse catégoriquement de payer pour le mur que Trump veut ériger à la frontière entre leurs deux pays. L’Américain n’a cessé d’accuser les immigrés mexicains d’être des criminels, des violeurs et des dealers dans des tweets injurieux censés convaincre les Américains et les démocrates du Congrès de l’utilité de ce mur qui fait tant polémique.

Avec le Canada, les tensions sont surtout commerciales. Après avoir forcé ses voisins à renégocier l’accord de libre-échange nord-américain (Alena), qu’il qualifiait de "pire accord commercial jamais réalisé" dans un tweet du 27 août, Trump a pris des mesures protectionnistes contre les importations de bois de construction canadien et l’avionneur Bombardier, par exemple.

 

Russie: l’enquête du FBI complique la donne

Après avoir fait étalage de toute son admiration pour Vladimir Poutine pendant la campagne présidentielle, Trump n’a jamais pu nouer la relation privilégiée dont il rêvait avec le président russe. Non seulement, les intérêts de Moscou sont totalement opposés à ceux de Washington dans de nombreux dossiers, que ce soit en Syrie (les Russes soutenant le régime Assad) ou en Iran (Moscou étant un allié de Téhéran), par exemple. Mais en plus, Trump s’est très vite retrouvé gêné aux entournures par l’enquête du FBI sur les soupçons de collusion entre sa campagne et la Russie. Son tweet du 9 juillet dernier, dans lequel il affirme avoir pressé Poutine (au sommet du G20) de lui dire si la Russie avait tenté d’interférer dans l’élection présidentielle américaine en a fait rire plus d’un à travers le monde. Aux Etats-Unis, les démocrates ont ri jaune.

 

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