La réforme fiscale de Trump "bénéficiera très peu aux gens fortunés"

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Les républicains ont lancé leur projet très attendu de réforme de la fiscalité, avec en mesure phare une importante baisse des impôts pour les entreprises et les particuliers au revenu élevé.

Depuis l'élection de Donald Trump, ça spécule sec sur sa réforme fiscale tant attendue, mais qui tarde à pointer le bout de son nez. Ce mercredi, les investisseurs ont enfin avoir quelque chose à se mettre sous la dent. Wall Street a en tout cas ouvert en hausse.

Pourquoi cette nouvelle agitation? La majorité républicaine du Congrès américain a lancé mercredi son projet de réforme fiscale. Donald Trump, qui doit s'exprimer à Indianapolis dans la soirée, a déjà déclaré que cette réforme est "centrée sur les travailleurs, sur les emplois". Il a également tenu à rajouter à l'attention de ses adversaires démocrates: "Je pense qu'il bénéficiera très peu aux gens fortunés."

En tant que grande promesse électorale, il s'agit d'un enjeu capital pour l'administration Trump, renforcé par l'échec de l'abrogation de l'"Obamacare".

Si les Républicains espèrent encore faire passer leur réforme avant la fin de l'année, les analystes politiques et financiers tablent plutôt sur début 2018.

Qu'y a-t-il dans cette réforme?

La réforme n'a pas encore été dévoilée, mais plusieurs éléments ont déjà fuité:

1. Réduire l'impôt des sociétés: le plan propose un taux d'impôt sur les sociétés de 20%, contre 35% actuellement. Ce niveau se situe toutefois en dessous de sa promesse de 15% pendant sa campagne électorale, mais est inférieur à la moyenne des pays industrialisés (22,5%).

2. Changer la taxation des entrepreneurs individuels: les entrepreneurs individuels dont les profits sont actuellement traités comme des revenus et taxés au taux marginal de la tranche supérieure se verraient appliquer un nouveau taux forfataire de 25%.

3. Réduire l'impôt pour les riches: le taux marginal d'impôt sur le revenu serait ramené de 39,6% à 35% pour la tranche la plus haute. Une contribution additionnelle est toutefois prévue pour les contribuables les plus riches. Par ailleurs, le nombre de tranches pour l'impôt sur le revenu sera ramené de sept (de 10 à 39,6%) à trois (12%, 25%, 35%). Une 4e catégorie serait toutefois envisageable au-delà des 35%, mais la proposition est à ce stade vague et non tranchée.

4. Supprimer les déductions fiscales: la plupart des déductions fiscales vont passer à la trappe. Celles qui concernent les prêts immobiliers et les oeuvres de charité seront toutefois maintenues. L'idée ici est de simplifier la fiscalité afin que la déclaration de revenus puisse se faire, selon leur formule, sur une carte postale. 

5. Supprimer la taxe immobilière: cette taxe ne touche que les biens hérités d'une valeur supérieur à 5,49 millions de dollars, soit pas grand monde.

6. Abaisser la taxe de rapatriement: les entreprises qui veulent rapatrier leurs avoirs de l'étranger pourront le faire en payant une taxe d'environ 10%, contre 35% aujourd'hui. Pour les inciter à rapatrier leurs avoirs, le plan prévoit également le passage à un système d'imposition territoriale.

Ce n'est pas gagné 

"Ce n'est pas une réforme fiscale, c'est un cadeau pour les plus riches, payé par la classe moyenne."
Nancy Pelosi
Chef des démocrates de la Chambre

"Ce n'est pas une réforme fiscale, c'est un cadeau pour les plus riches, payé par la classe moyenne", a déclaré Nancy Pelosi, chef des démocrates de la Chambre, tandis que le sénateur Bernie Sanders dénonçait des propositions "moralement répugnantes". Au sein de la majorité, l'unanimité n'est pas non plus gagnée. Selon les affinités idéologiques et les régions, certains républicains défendront tel ou tel avantage fiscal, d'autres exigeront que la réforme ne creuse pas le déficit. Or la Tax Foundation, un centre d'étude indépendant, estime que les réductions d'impôts envisagées creuseraient le déficit fédéral d'environ 5.000 milliards de dollars sur dix ans si elles ne sont pas compensées par des suppressions de niches fiscales. Et la réforme ne livre pas de pistes pour éviter ce creusement du déficit, sans doute pour faciliter la marge de négociation.

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