La tech US face au bilan mitigé de Trump et à la discrétion de Biden

Kamala Harris, la colistière de Joe Biden, est un bon atout pour le démocrate dans l'univers tech, où elle est appréciée. ©REUTERS

Après quatre ans à la tête du pays, Donald Trump ne s’est pas fait que des amis au sein de la Silicon Valley. Pour l’heure, son opposant Joe Biden évite les positions trop tranchées et compte sur la popularité de sa colistière.

Comme probablement une bonne partie de la terre, les acteurs américains de la tech scruteront avec intérêt ce qui sortira des urnes mardi prochain. A la tête du pays durant quatre ans, Donald Trump ne s’est pas fait que des amis du côté de la Silicon Valley. Dans ce joli petit monde, on n’est d’ailleurs visiblement pas spécialement fan de l’ancienne star de téléréalité. Un rapide coup d’œil aux fonds levés auprès des cinq plus grosses entreprises technologiques du pays donne un petit aperçu de la popularité du président. Selon les chiffres relayés par le New York Post, les employés des GAFAM (et Oracle) ont récolté près de 5 millions de dollars pour la campagne de Joe Biden, contre un peu moins de 240.000 dollars pour Donald Trump.

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Selon les chiffres relayés par le New York Post, les employés des GAFAM (et Oracle) ont récolté près de 5 millions de dollars pour la campagne de Joe Biden contre un peu moins de 240.000 dollars pour Donald Trump.

La Silicon Valley semble donc plus démocrate. Rien de très surprenant ni de très révolutionnaire. Les républicains ont d’ailleurs déjà reproché aux grands acteurs de la tech d’avoir "un biais négatif " à leur égard. Quelques gros dossiers signés de la main de Trump restent effectivement en travers de la gorge du secteur. A commencer par la suppression du "visa start-up". Imaginé par Obama, il avait pour objectif de faciliter l’arrivée de créateurs et responsables étrangers de start-ups. Le secteur étant particulièrement friand des génies étrangers, il s’était alors largement opposé à la décision de Trump. Sans succès.

GAFA et réseaux sociaux à dos

L’un des combats les plus symboliques de Donald Trump passe également mal dans le secteur. Le président a profité de son passage à la Maison-Blanche pour partir en guerre contre les GAFA et leur domination un peu trop colossale à son goût. Au point de ne pas hésiter à évoquer un démantèlement comme une possible solution pour relancer la concurrence. En quatre ans,  les enquêtes de l’autorité de concurrence et judiciaires se sont donc entassées.

Difficile aussi de faire le bilan technologique sans évoquer sa relation houleuse avec les rois des réseaux sociaux. Bien que très grand utilisateur des différentes plateformes, Donald Trump est aujourd’hui en froid avec les dirigeants de Facebook mais surtout de Twitter, pas vraiment du même avis sur la liberté d’expression et les informations non vérifiées.

Apple ne va ainsi certainement pas cracher sur la réforme fiscale qui lui a permis d’économiser des milliards de dollars d’impôts.

Les géants de la tech ne jetteront toutefois pas à la poubelle l’ensemble de son mandat. Plusieurs de ses réformes ont été appréciées. Apple ne va ainsi certainement pas cracher sur celle qui lui a permis d’économiser des milliards de dollars d’impôts. Dans son style ‘America First’, Donald Trump fut  également un solide allié lorsqu’il s’agissait de défendre les trésors nationaux à l’extérieur et notamment face à l’Europe, qui patine toujours dans son ambition de faire davantage payer les géants américains.

Palantir et Oracle en soutien républicain

Donald Trump compte également dans ses rangs de supporters quelques personnalités bien connues dans le secteur, dont le patron de l’assez mystérieuse société de données Palantir, récemment entrée en bourse. Larry Ellison, le CEO d’Oracle, fait également partie des proches partisans. Le patron a d’ailleurs largement contribué à la campagne du président qui, en guise de renvoi d’ascenseur, lui confierait bien la gestion de Tik Tok aux USA. Le fantasque Elon Musk a, lui, déjà fait part à plusieurs reprises de son scepticisme par rapport à la candidature de Joe Biden.

Discrétion démocrate

Il faut dire que l’opposant démocrate évite soigneusement de trop se prononcer sur le secteur ou d’avancer de manière très affirmative sur les sujets sensibles. Lors des récentes auditions des patrons des GAFA, les députés démocrates n’ont toutefois pas hésité à bousculer les patrons. Même si la question de la concurrence pose aussi visiblement quelques problèmes aux démocrates, Biden ne s’est jamais montré clairement en faveur d’un démantèlement. Le candidat à la présidence devra clarifier sa position. Son positionnement par rapport à la taxation des GAFA à l’étranger devrait en revanche ne pas être très loin de celui de Trump. Les spécialistes s’attendent toutefois à un retour à des négociations plus posées avec l’Europe, comme ce fut le cas sous l’ère Obama.

Son message le plus clair fut finalement celui envoyé directement par le choix de sa colistière. En choisissant Kamala Harris, l’ancien vice-président s’est associé les services d’une personnalité plutôt appréciée du secteur.

Son message le plus clair fut finalement celui envoyé directement par le choix de sa colistière. En choisissant Kamala Harris, l’ancien vice-président s’est associé les services d’une personnalité plutôt appréciée du secteur. Elle qui a grandi à un jet de pierre de San Francisco connait très bien les grands acteurs du secteur. Elle a d’ailleurs travaillé avec plusieurs d’entre eux à l’époque où elle était procureur de l’État. Un fameux joker pour Biden qui sera des plus utiles s’il devait être élu la semaine prochaine.

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