Mike Pence, le gouverneur de l’Indiana, a tout du parfait conservateur. En plus, il a de l’expérience et il sait se tenir. C’est tout l’inverse de Trump qui vient de le choisir comme colistier.

"Chrétien, conservateur, républicain", voilà comment Mike Pence, le colistier de Donald Trump, se définit. On l’a tout de suite compris, l’attelage Trump-Pence risque de détoner. Autant l’un est extraverti et populiste, autant l’autre est discret et politiquement correct.

Autant Trump peine à convaincre l’aile conservatrice du parti républicain qu’il n’est pas un dépravé new-yorkais entré dans la bergerie, autant le gouverneur de l’Indiana n’a plus besoin de lui montrer patte blanche grâce à ses prises de positions anti-gay, anti-avortement et pro-religieuses. Le contraste est saisissant et il est voulu. Trump espère ainsi rassembler les républicains derrière sa candidature.

Mike Pence a de sérieux atouts, à commencer par son expérience. Il a siégé à la commission des Affaires étrangères de la Chambre, multipliant les voyages à l’étranger sous cette casquette. Il connaît les règles du jeu politique à Washington DC et dirige un Etat depuis 2012. De quoi combler les trous béants jalonnant le CV de Trump. Malgré tout le mépris qu’il voue aux hommes politiques et à l’establishment, Trump avait besoin d’un politicien expérimenté à ses côtés.

Le profil
  • Né en 1959 à Columbus, dans l’Indiana.
  • Marié, trois enfants.
  • Diplômé en droit de l’Indiana University.
  • Brigue un siège de député en 1990, sans succès.
  • Ecrit ensuite pour l’Indiana Policy Review, une revue conservatrice, et a son émission radio. De 1995 à 1999, il anime une émission de TV matinale.
  • Elu à la Chambre des représentants en 2000. Est réélu à cinq reprises.
  • Elu gouverneur de l’Indiana en 2012.

Il lui fallait aussi un conservateur pur jus. Il a trouvé son homme. L’an passé, Pence avait suscité la polémique en signant une loi qui autorisait les entreprises de l’Indiana à ne pas traiter avec certains clients pour des questions d’ordre religieux. La communauté gay était clairement visée. Devant le tollé suscité par une telle loi, Pence avait fait machine arrière.

Avant cela, il s’était déjà opposé à l’avortement (même en cas d’anomalie fœtale) et avait souhaité que les fonds alloués à la lutte contre le sida aillent plutôt à des programmes de réorientation sexuelle. Cela donne le ton…

Pence a un autre gros avantage aux yeux de Trump: il est proche des frères Koch, la neuvième fortune mondiale. Or, les milliardaires qui ne comptent généralement pas lorsqu’il s’agit de financer des campagnes républicaines, ont jusqu’à présent boudé Trump. Ils ont même annoncé qu’ils préféraient se concentrer cette année sur les élections au Sénat. La désignation de Pence comme colistier ne leur fera peut-être pas changer d’avis. Mais certains de leurs nombreux satellites pourraient allonger quelques chèques plus que bienvenus lorsque l’on voit les difficultés rencontrées par la campagne Trump pour lever des fonds.

Clash d’idées

En acceptant l’offre de Trump, Pence retourne toutefois sa veste à pas mal d’égards. Il avait initialement soutenu la candidature du sénateur Ted Cruz à l’investiture et jugé inconstitutionnelle la proposition de Trump de fermer les frontières aux musulmans. Ce néoconservateur, qui avait voté pour la guerre en Irak et est convaincu que les Etats-Unis ont un rôle de leader à jouer sur la scène internationale, va également devoir composer avec un Trump qui n’a jamais caché son opposition à la guerre en Irak et prône un repli du pays sur ses intérêts. Partisan du libre-échange, Pence devra également se faire à la rhétorique protectionniste de Trump. Il faut croire que le jeu en vaut la chandelle.

En bref

"Born again christian"

Né dans une famille catholique d’origine irlandaise, Mike Pence a toujours été très croyant. Cet ancien enfant de chœur a même envisagé entrer dans les ordres. Mais il prend ses distances avec l’église catholique pendant ses études. Il se déclare aujourd’hui "born again christian" (chrétien né de nouveau).

Pas très populaire

Mike Pence n’était pas du tout assuré d’être réélu gouverneur de l’Indiana en novembre alors que sa cote de popularité dépasse à peine 40% dans son Etat. Il a contribué à redresser l’économie de l’Indiana mais a également multiplié les bourdes. Comme lorsque l’Indianapolis Star a découvert que ses conseillers planchaient sur la création d’une agence de presse publique. Même les républicains se sont alors moqué de lui en dressant des parallèles avec les médias d’Etat russes…

Maverick, Oreo, Pickle

Mike Pence et son épouse Karen ne le cachent pas, ils aiment les animaux. On les voit ainsi poser sur certaines photos avec leur chien, un Beagle dénommé Maverick. Ils ont également deux chats: Pickle et Oreo.

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