Le débat des colistiers fait mouche... littéralement

Kamala Harris et Mike Pence se sont notamment opposés sur la gestion de la crise du coronavirus par l'administration Trump. ©EPA

Le vice-président américain Mike Pence et la colistière de Joe Biden, Kamala Harris, se sont affrontés mercredi lors d'un débat plus posé que celui de leurs patrons.

Le vice-président Mike Pence a-t-il fait mouche lors de son débat mercredi soir? En tout cas, les téléspectateurs auront remarqué celle qui s'est longuement posée sur sa tête, déclenchant immédiatement une volée de messages hilares sur les réseaux sociaux - et une opportunité en or pour son rival démocrate.

Le débat avec la sénatrice Kamala Harris était déjà bien entamé lorsqu'une mouche est venue se poser sur la chevelure blanche de M. Pence, durant environ deux minutes, sans que celui-ci ne semble s'en rendre compte.

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Un compte Twitter dédié, @MikePenceFly (Mouche de Mike Pence), a engrangé en quelques minutes plusieurs milliers d'abonnés. L'un des commentaires attribués à la mouche en question évoque le fait qu'elle ait eu "le meilleur siège de la soirée".

Et sinon, ce débat?

Le républicain Mike Pence et Kamala Harris, la démocrate qui brigue son poste, se sont affrontés sur la gestion du Covid-19 qui domine la campagne électorale, lors d'un débat aux enjeux décuplés par les interrogations sur l'âge et la forme de Donald Trump et de Joe Biden.

"Les Américains ont été témoins de ce qui est le plus gros échec des administrations présidentielles de l'histoire de notre pays", a lancé d'emblée la sénatrice démocrate de 55 ans, qui serait la première femme vice-présidente des États-Unis en cas de victoire de Joe Biden le 3 novembre.

"Les Américains ont été témoins de ce qui est le plus gros échec de toute administration présidentielle dans l'histoire de notre pays."
Kamala Harris
Colistière de Joe Biden

Défendant, au contraire, les mesures de l'administration Trump, Mike Pence, 61 ans, a accusé Kamala Harris de "saper la confiance" des Américains dans un vaccin actuellement en préparation - alors que les démocrates accusent la Maison-Blanche de vouloir court-circuiter les procédures pour qu'un vaccin soit prêt avant le scrutin.

Un débat posé mais ferme

Huit jours après le premier face-à-face entre le président républicain, 74 ans, et son adversaire démocrate, 77 ans, qui avait viré au pugilat verbal, le duel entre les colistiers a donné lieu à des échanges sur le fond, plus posés, bien que fermes. "Mike Pence a largement gagné", a assuré sur Twitter Donald Trump, convalescent du coronavirus et confiné à la présidence. "Kamala Harris, nous sommes tous fiers de toi ce soir", a tweeté de son côté Joe Biden.

Mais dans les faits, le débat n'a pas fait émerger un vainqueur apparent, au moment où le "ticket" républicain doit absolument refaire son retard de plus en plus marqué dans les sondages.

Se montrant courtois, Mike Pence, dont la sobriété tranche avec la personnalité haute en couleur de Donald Trump, a même "félicité" Kamala Harris, fille d'un père jamaïcan et d'une mère indienne, pour sa candidature "historique", en tant que première colistière noire au nom d'un grand parti.

Des mesures de précaution sanitaire

L'unique débat entre colistiers a pris un relief encore plus particulier depuis que Donald Trump a été hospitalisé pendant trois jours après avoir contracté le Covid-19, ce qui l'empêche de faire campagne sur le terrain. Le vice-président est appelé, en effet, à remplacer le président des États-Unis en cas de décès ou d'incapacité.

Mercredi, les mesures de précaution sanitaire ont été renforcées par rapport au débat présidentiel du 29 septembre: des parois en plexiglas séparaient le vice-président et la sénatrice, assis derrière des bureaux éloignés de quatre mètres sur le plateau du débat télévisé à Salt Lake City, dans l'Utah.

©AFP

Mike Pence sur la défensive

Ex-procureure habituée des réquisitoires acérés, Kamala Harris a reproché à son adversaire le bilan de plus de 210.000 morts qui fait des États-Unis le pays le plus endeuillé au monde par la pandémie. Mike Pence, qui est depuis février aux commandes de la cellule de crise de la Maison-Blanche chargée de lutter contre le coronavirus, a rejeté une fois de plus la responsabilité sur la Chine. Et le vice-président de promettre de lui faire "rendre des comptes".

"Dès le premier jour, Joe Biden va augmenter vos impôts."
Mike Pence
Vice-président des États-Unis

Visage impassible, le vice-président sortant s'est trouvé souvent obligé de défendre son bilan aux côtés du tempétueux Donald Trump. Plus souriante, Kamala Harris a opposé ce qu'elle considère être les succès économiques de Joe Biden en tant que vice-président de Barack Obama de 2009 à 2017 à la politique du duo Trump-Pence, dont le mandat s'achève sur "une récession comparée à la Grande Dépression". Et elle a accusé le milliardaire républicain de mener une politique favorable aux plus riches. "Dès le premier jour, Joe Biden va augmenter vos impôts", a répliqué Mike Pence.

Obamacare VS "pro-vie"

Refusant de "recevoir des leçons" de Mike Pence, la sénatrice a aussi défendu l'Obamacare, la loi d'assurance-maladie dont l'administration républicaine veut se débarrasser. Fervent chrétien proche du courant ultra-conservateur, Mike Pence a mis en avant ses positions "pro-vie" en reprochant à ses adversaires de soutenir "l'avortement tardif" remboursé "par le contribuable".

Ces grands sujets de société sont sous les projecteurs depuis que Donald Trump a nommé en septembre une juge à la Cour suprême qui conforterait la majorité conservatrice au sein de cette institution-clé.

Les démocrates appellent le Sénat à ne pas se prononcer sur cette nomination avant l'élection. Mike Pence a demandé avec insistance à Kamala Harris si son camp tenterait d'augmenter le nombre de juges au sein de la haute cour en cas de victoire, mais la candidate a refusé de répondre.

La sénatrice démocrate, de son côté, a attaqué avec virulence la politique étrangère de Donald Trump. "Il a trahi nos amis et fait ami-ami avec les dictateurs à travers la planète", a-t-elle martelé.

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