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Le Trumpisme promis à de beaux jours jusqu'aux prochaines élections

Trump a laissé entendre qu'il pourrait se représenter en 2024, mais il aura 78 ans cette année-là et aura été absent de la sphère politique pendant quatre ans. ©AFP

Des partisans de Donald Trump ont créé pas moins de six nouvelles organisations destinées à pérenniser l'héritage politique de l'ancien président des États-Unis.

On ignore encore si Donald Trump se représentera aux élections présidentielles de 2024 afin de briguer un second mandat après sa défaite face au démocrate Joe Biden. Mais aucun doute sur la pérennisation de ses idées populistes et de son style bien à lui. Ses partisans s'occupent de mettre en place tout un écosystème d'organisations, groupes de réflexion et collectes de fonds afin de perpétuer l'héritage politique du président déchu.

Mettant l'accent sur la marque "America First" ou "Make America Great Again" de Donald Trump, ces groupes veulent rassembler ses idées peu conventionnelles en un programme cohérent pour "guider" la nouvelle génération de politiciens. On compte jusqu'à présent pas moins de six nouvelles organisations s'étant donné cet objectif... Et voulant également étendre sa portée.

Une puissante "sphère Trump"

"Il y avait des combats qui n'étaient pas menés", explique Russ Vought, le dernier directeur du Bureau de la gestion et du budget de Trump. Il a créé le Center for Renewing America, un groupe de réflexion doté d'un bureau au Capitole, ainsi qu'une organisation complémentaire de défense des intérêts de la population, Citizens for Renewing America, environ une semaine après avoir quitté ses fonctions en janvier. Pas question de perdre du temps, et dans la foulée, de l'influence.

100.000
dollars
Les donateurs de l'America Alliance s'engagent à donner au moins 100.000 dollars par an aux candidats soutenant le programme de Trump.

Il ne faut pas aller bien loin pour trouver un autre allié actif du trumpisme. Stephen Miller, ancien conseiller principal à la Maison-Blanche, dirige l'organisme à but non lucratif America First Legal. Partisan d'une ligne dure en matière d'immigration, son organisation vise à préserver la politique de Trump en la matière. "Tous les citoyens méritent un gouvernement qui place leurs besoins et leur pays en premier, c'est le système de lois établi par nos Pères Fondateurs. Luttez contre les actions exécutives anarchiques et la gauche radicale", peut-on lire en préambule sur leur site.

Jenna Ellis, qui a représenté Trump dans certaines de ses tentatives d'annulation des résultats des élections, est elle présidente de l'Election Integrity Alliance, qui se concentre sur les lois électorales des États. Ce groupe fait partie de l'American Greatness Fund, un organisme à but non lucratif créé par... Brad Parscale, l'ancien directeur de campagne de Trump. Tout un écosystème bien fermé. Le directeur des opérations de la campagne de l'ancien président, Michael Glassner, s'est aussi joint à la partie. Il dirige l'America Alliance, un nouveau réseau de généreux donateurs qui s'engagent à donner au moins 100.000 dollars par an aux candidats qui soutiennent le programme de Trump.

"Ils essaient maintenant de créer les conditions permettant aux figures post-Trumpiennes de remporter des élections à la présidentielle", commente Peter Wehner, critique de Trump et chercheur principal au Ethics and Public Policy Center.

"Un scénario de 100 ans"

Mais la plus grande de ces organisations est l'America First Policy Institute, voué à faire avancer ce qui aurait été le programme du second mandat de Trump. Ce groupe de réflexion compte près de 45 employés et dispose d'un budget de 20 millions de dollars pour sa première année. S'il opère actuellement en Virginie, il a bien l'intention de déménager à Washington, au plus proche de la Maison-Blanche. Ici aussi, on retrouve des noms bien connus de la sphère Trump, avec Pam Bondi, qui a défendu le président lors de son premier procès en destitution, et Scott Turner, ancien conseiller de la Maison-Blanche.

Ces nouveaux groupes ciblent les cols bleus de la base républicaine, qui se sont sentis "abandonnés" par le parti démocrate.

"Nous construisons cette organisation de manière à en faire un scénario de 100 ans", explique Brooke Rollins, ancienne directrice du Conseil de politique intérieure de la Maison-Blanche et qui fait désormais partie de cette organisation. Celle-ci "complétera et collaborera avec les organisations conservatrices existantes tout en promouvant le programme de Trump", ajoute-t-elle.

Rupture avec la droite conventionnelle

Les conservateurs traditionnels ne l'entendent pourtant pas tous de cette oreille. Ils ne partagent par exemple pas la préférence de l'America First Policy Institute pour une plus grande intervention du gouvernement dans l'économie, dans la politique de protection sociale ou pour un retrait de la scène mondiale. Donald Trump est quant à lui favorable à des politiques commerciales protectionnistes, s'oppose à la plupart des migrations et souhaite que les États-Unis se retirent des opérations militaires à l'étranger en Syrie et en Afghanistan.

Si Donald Trump a élargi la base républicaine en séduisant les cols bleus "abandonnés" par le parti démocrate, cibles de ces nouveaux groupes, il devra donc aussi composer avec les républicains traditionnels pour ne pas perdre leur précieux soutien. D'autant plus que l'influence de ces organisations est encore difficile à cerner, les documents financiers concernant leurs prouesses en matière de collecte de fonds ne devant pas être remis à l'Internal Revenue Service (qui collecte l'impôt sur le revenu et des taxes diverses) avant plusieurs mois.

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