Les banquiers US pactisent avec Trump

©REUTERS

Réunis à Davos, le gratin bancaire américain a rencontré l'équipe de Donald Trump en charge de la transition. Il lui a fait part de son souhait de voir abolir la loi sur la stabilité financière, Dodd-Franck Act. Demande qui restera vaine. L'équipe présidentielle se montre toutefois conciliante face à un allègement des régulations.

Les banques de Wall Street rassurées sur l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. En déplacement au forum de Davos et alors qu'ils viennent de publier des résultats trimestriels solides, les patrons des cinq grands établissements bancaires américains ont rencontré les équipes du futur président des Etats-Unis. Ils ont ainsi obtenu un engagement de voir les exigences régulatoires réduites; et ce même si leur demande première de revoir la loi sur la stabilité financière, le Dodd-Frank Act, n'a pas trouvé écho.

Les banquiers espéraient en effet que Donald Trump annule la loi, instaurée en 2010 par le Président Barack Obama. À défaut, ils souhaitent que les agences fédérales en charge de l'exécution des règles les soulagent et les aident dans leurs efforts de limiter les exigences de capital et de liquidité imposées pour pouvoir faire face à une crise.

Les financiers affirment comprendre qu'un changement de la loi Dodd-Franck nécessite un soutien du Sénat américain; ce qui est loin d'être évident pour les Républicains. Ils sont donc prêts à se contenter d'un assouplissement des règles. Sous la conduite Daniel Tarullo, membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, le régulateur a adopté une version très stricte des standards dictés par le comité de Bâle en matière de liquidité et de capital requis.

Jamie Dimon, CEO de JPMorgan Chase ©REUTERS

"La législation semble plus difficile à changer qu'une régulation", indique Jamie Dimon dans une interview. "Les régulateurs peuvent changer facilement un certain nombre de choses sur la compliance, les coûts, les règles de crédit, l'utilisation de la liquidité ou du capital. Je souhaite voir certains de ces points légèrement modifiés. Je pense que ce serait une bonne chose pour l'économie."

La loi peut toutefois être modifiée dans son implémentation par de nouvelles réglementations. Les banquiers pointent surtout du doigt la règle de Volker (qui porte notamment sur une limitation des investissements spéculatifs pour compte propre).

Plus conciliants

Au lendemain de l'élection présidentielle, l'équipe de transition Donald Trump avait indiqué qu'elle travaillerait au "démantèlement" du Dodd-Franck Act afin de le remplacer par une nouvelle politique qui soutiendrait la croissance économique et la création d'emplois. "Peu de banquiers considèrent cette loi comme une priorité", avance-t-elle aujourd'hui. Même le milliardaire Carl Ican, nommé conseiller en matière de régulation par Donald Trump, a fait savoir qu'il ne soutiendrait pas le Président dans sa volonté d'annuler la loi.

À défaut, le nouveau secrétaire au Trésor, Steven Mnuchi, et l'ex-Goldman Sachs, Gary Cohn, désigné chef de la politique économique du Président, devraient se montrer plus conciliants à l'égard des arguments des banques indiquant que la limitation de trading pour compte propre était dommageable pour les investisseurs du fait de la moindre liquidité des obligations.

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