Les démocrates prennent le contrôle du Sénat américain

Le pasteur Raphael Warnock devient le premier sénateur noir élu dans l'État conservateur de Géorgie. ©AFP

Les démocrates ont remporté la double élection sénatoriale qui se tenait mardi en Géorgie, prenant de facto le contrôle du Sénat. Le président élu Joe Biden a salué leur victoire, s'engageant à agir dans un esprit d"unité".

Le démocrate Raphael Warnock a battu la sénatrice républicaine sortante Kelly Loeffler lors de la double élection sénatoriale qui se tenait mardi en Géorgie. Il est ainsi entré dans l'histoire en devenant le premier sénateur noir élu dans cet État du Sud. L'autre démocrate en lice, Jon Ossoff, a créé la surprise en l'emportant face au sénateur républicain sortant David Perdue, devenant ainsi, à 33 ans, le plus jeune sénateur démocrate depuis… Joe Biden (en 1973).

"Il est temps de tourner la page. Les Américains demandent de l'action et veulent de l'unité et je suis plus qu'optimiste que jamais sur le fait que nous y parviendrons."
Joe Biden
Président élu des États-Unis

Le Sénat compte désormais 50 élus démocrates et 50 républicains. Il reviendra à Kamala Harris, la future vice-présidente des États-Unis, poste en vertu duquel elle assumera la présidence du Sénat, de les départager. Les démocrates, qui détenaient déjà la Chambre des représentants, sont donc majoritaires dans les deux chambres du Congrès.

"Il est temps de tourner la page. Les Américains demandent de l'action et veulent de l'unité et je suis plus qu'optimiste que jamais sur le fait que nous y parviendrons", a réagi le président élu des États-Unis, Joe Biden, dans un communiqué. Selon lui, les électeurs lui ont donné les leviers du pouvoir, car ils veulent "de l'action face aux crises multiples que nous traversons, sur le Covid-19, le climat, l'économie et la justice raciale". "Ils veulent que nous agissions, mais ils veulent que nous agissions ensemble", a-t-il poursuivi en promettant d'"essayer de travailler avec les deux partis".

Un camouflet pour le parti républicain

Galvanisés par la victoire de Joe Biden en Géorgie le 3 novembre, une première depuis 1992, les démocrates ont réussi à mobiliser leurs électeurs, en particulier afro-américains, clés pour toute victoire démocrate dans ce grand État du Sud, traditionnellement conservateur.

"De nombreux électeurs de Trump ne se mobilisent simplement pas quand Trump n'est pas sur le bulletin."
Dave Wasserman
analyste du site indépendant Cook Political Report

Il s'agit d'un camouflet particulièrement douloureux pour le Grand Old Party (GOP), les républicains, après avoir perdu la Maison-Blanche, voyant la prestigieuse chambre haute leur échapper. Ces résultats sont aussi un revers cinglant pour Donald Trump, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite et dont l'attitude consistant à se réfugier derrière des théories du complot sur la fraude a été largement contre-productive, selon certains dans son camp.

Pour Dave Wasserman, analyste du site indépendant Cook Political Report, cette soirée électorale en Géorgie rappelle les élections de mi-mandat. "C'est ce que nous avons vu en 2018: de nombreux électeurs de Trump ne se mobilisent simplement pas quand Trump n'est pas sur le bulletin", a-t-il tweeté. Signe des grands enjeux, les présidents élu et sortant avaient fait lundi le déplacement sur le terrain. Ces élections partielles pourraient être "votre dernière chance de sauver l'Amérique telle que nous l'aimons", avait tonné à Dalton Donald Trump.

Le Capitole pris d'assaut à Washington

Dans une semaine particulièrement chargée et lourde d'enjeux, le Congrès se réunissait mercredi pour enregistrer formellement le vote des grands électeurs en faveur de Joe Biden (306 contre 232). L'issue de cette obligation constitutionnelle - une formalité d'habitude - ne faisait aucun doute: Joe Biden deviendra président le 20 janvier. Mais la croisade de Donald Trump a donné à cette journée une tonalité particulière lorsque des centaines de ses partisans ont envahi le Capitole.

Quatre personnes sont mortes dans son enceinte et 52 personnes ont été arrêtées après que des partisans de Donald Trump ont envahi les lieux pour empêcher le Congrès de certifier la victoire de Joe Biden à la présidentielle. Après une suspension de plusieurs heures, Le Sénat a décidé, à une écrasante majorité de 93 voix contre 6, de ne pas donner suite aux objections d'élus républicains visant les résultats de l'élection présidentielle dans l'État de l'Arizona.  

Quelques minutes plus tard, la Chambre des représentants a écarté, à son tour, l'objection à 303 voix contre 121, franchissant un pas de plus vers la certification des résultats de l'élection présidentielle.  

Si certains poids lourds républicains avaient fini par admettre la victoire du démocrate, des dizaines d'autres parlementaires avaient promis d'exprimer leurs objections mercredi, et de faire résonner les allégations de fraude au sein même du Capitole. Le président Trump avait également de nouveau fait pression mardi sur son vice-président Mike Pence pour qu'il rejette "les grands électeurs choisis de façon frauduleuse".

Mais ce dernier a fait savoir qu'il ne s'opposerait pas à la certification ce mercredi de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, s'abritant derrière les "contraintes" de la Constitution.

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