Les grands électeurs, cette bizarrerie du scrutin américain

Donald Trump n'avait pas remporté le vote populaire en 2016. ©AFP

Le système électoral américain a la spécificité d'être indirect. C'est ce qui a permis à Donald Trump de triompher d'Hillary Clinton en 2016. Les électeurs démocrates vont-ils encore se laisser surprendre?

Hillary Clinton avait remporté le vote populaire en 2016. Pourtant, grâce au système électoral américain, c'est Trump qui est devenu président. En effet, les Américains élisent leur président au suffrage universel indirect. Indirect, parce qu'ils ne votent pas pour un président, mais pour de grands électeurs qui, à leur tour, votent pour un président.

90 millions
d'américains
Plus de 90 millions d'Américains se sont déjà prononcés, par correspondance ou lors d'un vote anticipé.

Comment ça se passe? D’abord, une primaire, une élection interne au sein des deux grands partis américains (démocrate et républicain) désigne leur candidat. Pour Donald Trump, président sortant, ce ne fut qu’une formalité. Mais Joe Biden a dû, lui, batailler avec de nombreux prétendants démocrates.

Les grands électeurs décident

Ce premier mardi de novembre, les Américains votent dans chaque État pour choisir, en réalité, leurs grands électeurs. Ce vote n’est pas obligatoire. De nombreux électeurs, plus de 93 millions, se sont déjà prononcés, par correspondance ou lors d'un vote anticipé, ce qui laisse augurer une participation record. Ils sont plus de 252 millions à pouvoir choisir. En 2016, le taux de participation était de 55,5%, mais on l'attend plus élevé cette fois-ci, l'élection ressemblant beaucoup à un référendum anti ou pro-Trump.

C'est le vote de ces grands électeurs qui déterminera, comme toujours, la victoire finale. Ces grands électeurs, qui composent le collège électoral, ont été choisis par les partis politiques dans les mois qui précèdent l’élection. Chaque État a autant de grands électeurs que d'élus à la Chambre des représentants (un nombre qui dépend de leur population) et au Sénat (deux, nombre fixe dans tous les États). La Californie en a ainsi 55, tandis que l’Alaska et le Wyoming en ont 3.

Les démocrates semblent unis derrière Biden, et ils pourraient voter en masse rien que pour écarter Trump.

Le principe du winner takes it all est appliqué: le candidat en tête du scrutin remporte tous les grands électeurs de l'État. Pour les candidats à l’élection présidentielle, l’enjeu est donc d’obtenir la majorité des grands électeurs. Celui qui en obtient 270, sur les 538, remporte l’élection.

Respect du vote populaire

Ensuite, à la mi-décembre, les grands électeurs voteront pour élire le président et le vice-président. Ceux-ci n'ont jamais, dans l'histoire, bousculé la tendance dessinée le jour du scrutin populaire, même si rien dans la Constitution n'oblige les grands électeurs à voter d'une manière ou d'une autre. Si certains États les obligent à respecter le vote des Américains, les "infidèles" ne s'exposaient généralement, jusqu'à cet été, qu'à une simple amende. Mais en juillet dernier, la Cour suprême a jugé qu'ils pouvaient être sanctionnés s'ils s'affranchissaient du choix des citoyens.

538
Il y a 538 grands électeurs dans le collège électoral.

On le voit, un candidat peut être élu en décrochant la majorité des votes du collège électoral sans remporter le vote populaire à l’échelle nationale. Cela risque-t-il d'arriver cette année? Joe Biden, en tête dans les sondages, pourrait-il faire les frais de ce système? Ce qui est différent cette fois, c'est que les démocrates semblent unis derrière lui, et ils pourraient voter en masse rien que pour écarter Trump. Comme toujours, l'élection dépendra principalement des "Swing States", les États comme la Floride qui sont susceptibles de choisir l'un ou l'autre camp.

À noter que les millions d'électeurs américains votent aussi pour le renouvellement du Congrès: les sièges de 35 sénateurs et 435 élus de la Chambre des représentants sont en jeu.

Dernière étape de l'élection, l’investiture du président aura lieu le 20 janvier.

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