Les petits cadeaux d'Obama à Trump

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Barack Obama distribue les cadeaux de Noël à son successeur Donald Trump. Le Président américain sortant a pris un chapelet de mesures qui vont compliquer la vie du nouvel hôte de la Maison-Blanche.

Barack Obama est encore le président des états-Unis, et il n’a pas dit son dernier mot. Bien au contraire. Ses dernières mesures, appelées "régulations de minuit" lors des transitions politiques outre-Atlantique, semblent toutes avoir un point commun: mettre des bâtons dans les roues de Donald Trump.

Les colonies israéliennes

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C’est la dernière mesure en date prise par Obama. Une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière. Une première depuis 1980, qui a été possible grâce à la décision des états-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto. D’ordinaire soutiens d’Israël, les états-Unis ont renversé leur positionnement habituel sur ce dossier, et ont décidé de s’abstenir. Cette décision apparaît donc comme un pied-de-nez à Donald Trump, qui avait appelé Obama à bloquer ce texte.

Fichage des musulmans

Alors que l’équipe de Donal Trump avait évoqué la possibilité de réactiver le système de fichage des musulmans, Obama s’est dépêché de s’en débarrasser. Le Président a décidé de démanteler un programme de contrôle des ressortissants de pays musulmans mis en place par l’administration de George W. Bush après le 11 septembre. Le National security entry exit registration system (NSEERS) n’était plus utilisé depuis 2011, mais son cadre légal était toujours en place, ce qui aurait pu faciliter les projets de Trump. Projets qui ont refait surface après l’attentat de Berlin. Interrogé sur une éventuelle réévaluation d’interdire l’entrée des musulmans aux états-Unis, Donald Trump a déclaré: "Vous connaissez mes projets. Cela prouve que j’ai raison, à 100%."

Guantanamo

Dans le domaine sécuritaire, Barack Obama a également annoncé sa décision de transférer 18 des 59 derniers de la prison militaire de Guantanamo. Si le Président n’a pas fermé le camp de détention, comme il l’avait promis, il l’a largement vidé des 242 prisonniers qui s’y trouvaient à son arrivée en 2009. De quoi perturber les plans de Donald Trump, qui durant sa campagne, avait affiché son intention "remplir (Guantanamo) de sales types".

L’environnement

Barack Obama a interdit, de manière permanente, tout nouveau forage d’hydrocarbures dans de vastes zones de l’océan Arctique et de l’océan Atlantique. Un désaveu pour le nouveau Président, qui a, à plusieurs occasions, mis en doute la réalité du changement climatique, et a promis de mettre fin "à l’intrusion" de l’Agence américaine de protection environnementale (EPA) dans "la vie des Américains". Dans ses rangs, l’administration Trump comptera également des climatosceptiques, comme Rex Tillerson, nouveau secrétaire d’État et patron du géant pétrolier ExxonMobil.

L’avortement

Autre mesure visant à gêner Donald Trump, bien décidé à nommer à la Cour Suprême des juges pro-life (anti-avortement): la consolidation du droit à l’avortement. L’administration Obama a ratifié une réglementation qui empêche les États de couper leurs financements destinés aux centres du Planning familial américain.

Brouiller les relations avec la Russie

Et enfin, Barack Obama pourrait en rajouter une dernière couche sur la Russie. Donald Trump est favorable à un rapprochement avec Vladimir Poutine, alors la Maison-Blanche a promis des représailles contre le Kremlin, après les cyberattaques qui ont perturbé l’élection américaine.

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Une fois au pouvoir, Donald Trump se retrouverait donc dans une position particulièrement difficile, car supprimer les sanctions déclencherait une levée de boucliers dans son propre camp, qui pourrait l’accuser d’une trop grande proximité avec Moscou.

Et ça ne fait pas plaisir au milliardaire. Sur Twitter, il a déclaré "faire de son mieux pour ne pas tenir compte des nombreuses déclarations incendiaires et des barrages du Président O. Je pensais que ça serait une transition en douceur. NON!"

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