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Les quatre secteurs européens les plus sensibles aux élections US

©Bloomberg

Quelles actions européennes profiteraient d'une victoire de Joe Biden ou d'un second mandat de Donald Trump? Quatre secteurs pourraient fortement réagir à l'issue du scrutin américain.

Alors que les sondages donnent toujours Joe Biden vainqueur de la présidentielle américaine, l'Europe des marchés est en train de chercher dans ses rangs les potentiels gagnants d'un changement de locataire à la Maison-Blanche.

L'énergie

Joe Biden se démarque de son concurrent républicain par sa volonté de verdir massivement la première économie mondiale. Le démocrate ambitionne de dépenser 2.000 milliards de dollars dans l'énergie renouvelable. Un domaine où "l'Europe est en avance sur les Américains avec ses champions de la technologie verte", estime Rolf Ganter de UBS qui pointe particulièrement l'expertise européenne dans l'éolien offshore et dans l'énergie solaire.

Les marchés anticipent une détente sur le front du commerce international avec Biden. De quoi faire bondir les actions du secteur auto, pénalisées par les menaces de droits de douanes brandies par le président Tump.

Les analystes de Citigroup chiffrent à 10% - 15% l'impact négatif d'une victoire de Donald Trump sur l'action du producteur danois d'éoliennes Vestas, un titre qui a pris 63% depuis le début de l'année.

Chez Jefferies, on préfère épingler SMA Solar Technology. Le groupe allemand a l'avantage d'avoir plusieurs cordes renouvelables à son arc avec une expertise dans le solaire complétée par la maîtrise du stockage de batterie à grande échelle.

Les majors européennes comme BP, Shell ou Total seront naturellement à surveiller en cas de victoire de Trump. Un scénario qui leur permettra de rebondir après une année chaotique.

Les constructeurs auto

Les grands noms de l'automobile en Europe seraient les plus grands bénéficiaires d'un changement politique aux États-Unis. Les marchés anticipent une détente sur le front du commerce international avec Biden dans le fauteuil de président. Le cours des constructeurs européens intègre toujours la menace de droits de douane supplémentaires que Donald Trump brandit à intervalle régulier.

Fiat Chrysler (-20% en 2020), Michelin (-17%) et Daimler (-10%) sont les entreprises les plus exposées au marché américain, selon les analystes d’UBS. Volkswagen (-28%) et son adaptation précoce à la voiture électrique en font un challenger de poids sur le marché américain.

Les services financiers

Le secteur financier européen, grand perdant de l'année en cours sur les marchés du Vieux continent, redoute particulièrement un match serré entre les deux candidats et l'optique d'une prolongation devant les cours et tribunaux.

Une victoire de Joe Biden impacterait également négativement les services financiers européens, compte tenu de probables hausses d'impôts et d'une nouvelle réglementation du secteur bancaire et des marchés financiers. Santander, BNP Paribas ou encore Barclays sont les établissements les plus exposés aux États-Unis.

Le secteur pharmaceutique

Très bien représenté sur le marché bruxellois, le secteur pharmaceutique n'aime pas beaucoup les changements de cap politique, souvent synonymes d'une réglementation plus stricte.

Le contexte actuel de course au vaccin ou au remède anti-covid pourrait ralentir une réforme immédiate de la "Big Pharma" américaine. Mais l'arrivée des démocrates au pouvoir avec une possible majorité dans les deux chambres est redoutée par les suiveurs du secteur pharmaceutique européen.

Le marché US est vital pour les entreprises pharma européennes. Il faudra tenir à l'oeil les groupes AstraZeneca, Novartis, Roche et Novo Nordisk, tous particulièrement sensibles à la réforme américaine des prix des médicaments.

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