Merkel reporte sa visite aux Etats-Unis à cause des intempéries

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La puissante mais prudente chancelière Angela Merkel face au bouillonnant Donald Trump: ces deux dirigeants que presque tout oppose devaient se retrouver ce mardi à Washington pour un premier face-à-face sur fond de tensions transatlantiques. Au menu des discussions, le commerce international et l'occasion de confronter les points de vue de chacun. Mais, en raison des intempéries, la rencontre est reportée à une date ultérieure.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a annoncé lundi le report de sa visite à Washington où elle devait rencontrer mardi le président américain, Donald Trump, en raison des intempéries qui risquent de perturber le trafic aérien. Donald Trump a contacté la chef de l'exécutif allemand pour l'informer de la gravité de la tempête attendue dans le nord-est des Etats-Unis.

Le voyage est reporté à une date ultérieure, a-t-elle dit. "La visite est annulée", a-t-elle déclaré aux journalistes qui devaient l'accompagner aux Etats-Unis. Cette annulation a été confirmée par la Maison blanche, qui précise que la visite de la chancelière est repoussée au moins à vendredi. 

Angela Merkel attend avec impatience son entretien en tête à tête avec le président américain: "Je suis convaincue que les conversations directes valent toujours mieux que de parler l'un de l'autre", a-t-elle expliqué en préparation de ce déplacement. "Parler ensemble au lieu de parler de l'autre, ce sera mon slogan pour cette visite", a encore lancé celle qui reste l'une des rares dirigeantes sans compte Twitter.

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Confrontation de style donc entre deux personnalités très différentes. Là où Donald Trump se lance dans des tirades improvisées et controversées sur Twitter, la chancelière allemande reste sur la réserve jusqu'à l'ennui en usant d'éléments de langages toujours très calibrés. Sur le fond aussi, les opinions s'opposent. Merkel est une atlantiste libre-échangiste convaincue, quand Trump prône "L'Amérique d'abord" avec de forts accents protectionnistes.

Pour l'Europe, ce rendez-vous sera aussi l'occasion de faire le point avec les Américains. L'Europe se demande toujours si Donald Trump compte se tenir au message rassurant porté en février par le vice-président Mike Pence sur le caractère inébranlable de la relation transatlantique.

"Nous devons nous préparer au fait qu'il n'aime pas écouter longtemps, qu'il préfère des positions claires et n'aime pas se plonger dans les détails."
Un conseiller d'Angela Merkel

Le commerce, sujet de friction numéro 1

"Les Etats-Unis d'Amérique sont un partenaire commercial capital pour l'Allemagne et pour l'ensemble de l'Union européenne", a déclaré ce week-end à Munich la dirigeante allemande devant un parterre de responsables économiques. "Le commerce est avantageux pour les deux parties et j'ai hâte d'évoquer ces questions avec le président américain nouvellement élu."

Le commerce est l'un des sujets de friction qui risquent d'opposer le milliardaire new-yorkais, 70 ans, à l'ancienne physicienne de RDA, 62 ans. Donald Trump a menacé d'imposer des taxes aux constructeurs automobiles allemands et l'un de ses conseillers, Peter Navarro, a accusé Berlin de profiter d'avantages commerciaux indus grâce à un euro faible.

Les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial de l'Allemagne et l'excédent allemand a atteint près de 50 milliards d'euros l'an dernier. Les Etats-Unis ont importé pour 107 milliards d'euros de biens et services allemands et exporté en Allemagne pour 58 milliards d'euros. A Munich, Angela Merkel a affirmé que les sociétés allemandes employaient près de 750.000 personnes aux Etats-Unis et qu'au total, 1 à 2 millions d'emplois aux Etats-Unis étaient indirectement dépendants de groupes allemands.

Merkel évoquera aussi son "erreur catastrophique"

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Outre le commerce, les deux pays s'opposent sur la question des réfugiés - Trump a qualifié d'"erreur catastrophique" la décision allemande d'ouvrir la porte aux réfugiés en 2015 -, et la défense - Washington reprochant à Berlin des dépenses insuffisantes.

La Russie devrait être également au menu des discussions. La Maison-Blanche a déclaré que Donald Trump comptait demander conseil à Angela Merkel sur la manière de traiter avec Vladimir Poutine.

Les conseillers de Merkel ont scruté les précédents entretiens de Donald Trump avec des dirigeants internationaux comme la Première ministre britannique Theresa May ou les Premiers ministres japonais Shinzo Abe et canadien Justin Trudeau. "Nous devons nous préparer au fait qu'il n'aime pas écouter longtemps, qu'il préfère des positions claires et n'aime pas se plonger dans les détails", a glissé un haut responsable allemand juste avant le voyage d'Angela Merkel.

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