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Le président Joe Biden et son programme.

D’abord résoudre la crise sanitaire et ensuite soigner l’économie. Ainsi peut se résumer le programme du nouveau président des Etats-Unis. Joe Biden a promis 100 millions de vaccinations contre le Covid-19 pour ses 100 premiers jours au pouvoir, soit un million de vaccinations par jour en moyenne! A ce rythme, tous les Belges qui devraient être vaccinés le seraient en quelques jours à peine. On peut rêver…

Mais aux États-Unis, l’objectif semble réalisable. Et ce n’est que si la population est largement immunisée que la vie pourra enfin reprendre ses droits. La vie et donc l’économie. Car l’économie aux États-Unis rime avec consommation. Et les gens ne reprendront le chemin des dépenses que si leur peur du virus a disparu. Et que leur confiance dans l’avenir n’est nullement altérée.

Les Américains ne reprendront le chemin des dépenses de consommation que si leur peur du virus a disparu.

C’est ici qu’intervient l’American Rescue Plan de Joe Biden pour soutenir l’économie et ceux qui ont le plus souffert dans cette crise. Ce sont 1.900 milliards de dollars qui doivent être mis sur la table si le Congrès avalise le plan. Parmi les mesures envisagées, un chèque de 1.400 dollars pour les particuliers qui s’ajoutera aux 600 dollars déjà votés en décembre, soit au total 2.000 dollars par personne, sous certaines conditions de revenus. Pour une famille de quatre personnes, cela représente 8.000 dollars. Ce n'est pas rien. Cela représente surtout beaucoup d’argent pour un pays dont la dette publique ne cesse de gonfler, ressemblant à celle de pays comme l'Italie, la Grèce, le Japon ou... la Belgique.

Mais Janet Yellen, la future secrétaire au Trésor, l’a martelé mardi: il faut voir grand dans cette crise. Face à une pandémie qui a dévasté l’économie, il faut frapper fort. Car sans nouvelles mesures, la récession risque d’être plus longue et plus sévère encore.

Si les taux d’intérêt proches de zéro permettent d’emprunter sans alourdir la charge de la dette et surtout si les investissements qui seront réalisés permettent de doper la croissance, on aurait tort de s’en priver. Car les avantages seront alors bien plus grands à long terme que les coûts financiers du plan. Et si cela passe par l'émission de bons du Trésor à 50 ans voire 100 ans, "why not"?

L'ancienne présidente de la banque centrale américaine sait qu'elle pourra compter sur l'actuel n°1 de la Federal Reserve, Jay Powell, dans sa mission. Celui qui a tant été critiqué par Donald Trump devrait maintenir les taux à leurs niveaux actuels pendant un certain temps. Jamais, politique fiscale et politique monétaire n'ont été autant imbriquées. Cela soulève bien entendu des interrogations. Mais Janet Yellen a parfaitement étudié la Grande dépression des années 1930 et en a retenu les leçons. Dans une telle crise, il ne faut surtout pas relever les taux d'intérêt ou réduire les dépenses publiques de manière prématurée. Cela ne ferait que prolonger voire amplifier la récession.

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