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Et si ça tournait mal?

Donald Trump a enchaîné les meetings ces derniers jours pour tenter de convaincre les électeurs de lui accorder un second mandat. ©AFP

Possibilités de fraude, vote par correspondance, résultats retardés, violences post-électorales: L’Echo fait le point sur les questions que vous vous posez.

Jour de vote pour des dizaines de millions d'Américains. Ce mardi, ils doivent départager le républicain Donald Trump, président sortant, et le démocrate Joe Biden, ancien vice-président de Barack Obama. Lundi, Trump jetait toutes ses forces dans la bataille avec l'espoir de faire mentir les sondages qui placent son rival en position de favori. Dans une Amérique à fleur de peau, et dans le contexte anxiogène d'une épidémie de coronavirus en pleine recrudescence, l'ancien homme d'affaires de 74 ans continue à prédire une "vague" républicaine malgré des vents défavorables.

Cette élection se déroule dans un climat inédit qui fait trembler la démocratie américaine. Résultats retardés, recours en Justice, violences. On fait le point sur quelques questions clés.

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Le vote par correspondance peut-il mener à des fraudes massives?

L’histoire montre que non. Une analyse du Brennan Center for Justice a montré que les Américains avaient davantage de chance d’être frappés par la foudre que de se rendre coupable de fraude électorale... Par exemple, dans l’Oregon, le premier État à avoir adopté le vote par correspondance pour tous, 15 cas de fraude électorale sur 15 millions de bulletins ont été répertoriés en 19 ans. Dans le Colorado, il y a eu 14 cas de fraude au total depuis 2013. Cette année, au moins 84 % des électeurs ont la possibilité de voter par courrier, selon le Washington Post. Plus de 68 millions d'Américains ont déjà voté par anticipation avant ce mardi, un record.

Une analyse du Brennan Center for Justice a montré que les Américains avaient davantage de chance d’être frappés par la foudre que de se rendre coupable de fraude électorale...

Joe Biden est-il favorisé par le vote par correspondance?

Les études portant sur des scrutins passés montrent que le lien n’est pas évident. Sur les 16 États dont la moitié des électeurs ont voté par courrier en 2016, Donald Trump en a remporté neuf. Et plusieurs États républicains comme l’Iowa, le Missouri et l’Alabama ont élargi le vote par correspondance à cause de la pandémie de coronavirus.

Pourtant, les sondages indiquent que cette année, les démocrates sont plus trois à quatre fois plus enclins à voter par correspondance que les républicains, peut-être en partie à cause du message du président qui ne cesse de critiquer cette pratique. Certains républicains estiment d’ailleurs que ce message est contre-productif.

À l’inverse, des commentateurs de gauche s’inquiètent de voir de nombreux bulletins démocrates contestés ou rejetés à cause d’erreurs techniques – notamment sur les bulletins des jeunes électeurs et des minorités, qui votent le plus souvent démocrate – et appellent tous ceux qui sont en bonne santé à se déplacer en personne au bureau de vote.

Connaîtra-t-on les résultats dans la nuit du 3 au 4 novembre?

Rien n’est moins sûr. Cet afflux de bulletins par correspondance – des dizaines de millions de plus qu’en temps normal – va en effet compliquer la donne. Certains États où les résultats promettent d’être serrés, comme le Wisconsin et la Pennsylvanie, ne permettent pas l’ouverture des enveloppes avant le 3 novembre. Les résultats complets pourraient donc prendre plusieurs jours avant d’être connus. Certains envisagent même un scénario appelé "le mirage rouge" où Donald Trump serait en tête durant la nuit électorale avant de se faire battre au fur et à mesure que les bulletins par correspondance sont dépouillés.

Faut-il craindre des violences post-électorales?

Le fait même que la question se pose montre qu’il existe un risque de tensions. Le camp républicain a clairement fait état de sa défiance envers les bulletins par correspondance. Dimanche 18 octobre, une urne destinée à recevoir ces votes a été incendiée à Los Angeles: près de 200 bulletins sont partis en fumée. 

Les républicains ont prévu de recruter 50.000 bénévoles dans 15 États-clés pour observer ce qu'il se passe dans les bureaux de vote le 3 novembre et dénoncer les électeurs qu’ils jugent suspicieux.

Pour la première fois, le 15 octobre, Donald Trump a indiqué qu’il accepterait "un transfert pacifique" du pouvoir en cas de défaite. "Mais je veux que ça soit une élection honnête", a-t-il immédiatement ajouté. Les républicains ont prévu de recruter 50.000 bénévoles dans 15 États-clés pour observer ce qu'il se passe dans les bureaux de vote le 3 novembre et dénoncer les électeurs qu’ils jugent suspicieux. Une manœuvre qualifiée "d’intimidation" par les démocrates. 

Et les deux partis ont d’ores et déjà formé des équipes d’avocats en vue du dépouillement. Les bulletins par correspondance, qui peuvent plus facilement contenir des erreurs techniques puisque les électeurs les remplissent seuls chez eux contrairement au bureau de vote où ils peuvent poser des questions, pourraient ainsi faire l’objet d’une âpre bataille judiciaire dont l’issue est incertaine. C’est en partie pour cela que Donald Trump a insisté pour que la juge conservatrice Amy Coney Barrett soit confirmée à la Cour suprême par le Sénat avant la tenue du scrutin.

"Notre Constitution ne garantit pas un transfert pacifique du pouvoir, elle le présuppose."
Lawrence Douglas
Universitaire et écrivain de "Will He Go?"

Certains spécialistes du droit sont inquiets: "Notre Constitution ne garantit pas un transfert pacifique du pouvoir, elle le présuppose", a écrit l’universitaire Lawrence Douglas dans son livre "Will He Go?"

Si les résultats tardent à arriver ou, pire, s’ils changent entre la soirée électorale et le dépouillement complet, que se passera-t-il dans la rue? Les électeurs rencontrés au fil des reportages par L’Echo, ces dernières semaines, pensent tous que les violences, s’il y en a, seront le fait du camp adverse. Les républicains craignent ainsi de nouvelles émeutes urbaines en cas de victoire de Donald Trump, tandis que les démocrates redoutent un scénario où les supporters armés du président refusent sa défaite.

Trois moments forts

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