analyse

Qui finance la campagne de Donald Trump?

Un milliardaire n'a rien donné: c’est Donald Trump lui-même. ©Photo News

Plusieurs milliardaires font partie des contributeurs du président républicain, qui n'a lui-même pas donné un centime, contrairement à 2016.

Avantage Donald Trump... pour l’instant. Le président républicain dispose toujours d’une légère longueur d’avance sur son rival démocrate Joe Biden dans la course aux financements. La campagne de Donald Trump affirme avoir levé 1,1 milliard de dollars depuis janvier 2019, mais ses réserves de cash disponibles, fin juillet, étaient à peine supérieures à 300 millions de dollars, contre 294 millions pour Joe Biden.

80
Milliardaires
Selon une compilation du magazine Forbes parue en avril, 80 milliardaires ont contribué, avec leurs époux(ses), à la campagne de réélection du républicain entre le jour de son investiture, en janvier 2017, et février 2020.

Selon une compilation du magazine Forbes parue en avril, 80 milliardaires ont contribué, avec leurs époux(ses), à la campagne de réélection du républicain entre le jour de son investiture, en janvier 2017, et février 2020. Soit directement au "Trump’s campaign committee", soit en passant par des "joint fundraising committees", des comités externes qui lèvent aussi de l’argent pour le Parti. Les donations à la première caisse sont limitées à 5.600 dollars par personne, contre plus de 500.000 dollars par personne pour certains "joint fundraising committees" dont on comprend tout de suite mieux l’intérêt.

Les millions des "Super PACs"

La majorité de ces riches contributeurs viennent de trois États: la Floride, New York et le Texas. Ils prospèrent dans toutes sortes d’industries, mais un cinquième d’entre eux ont fait fortune dans la finance, comme le patron de Blackstone, Stephen Schwarzman, ou le banquier texan Andy Beal qui, à lui tout seul, a donné plus d’un million de dollars depuis 2017. Dix pour cent d’entre eux sont dans l’immobilier, comme le magnat new-yorkais Richard LeFrak.

Seule une fraction des super-riches qui ont soutenu Donald Trump en 2016 ont financé sa réélection.

Il existe d’autres canaux encore plus ouverts pour contribuer de manière indirecte aux campagnes présidentielles aux États-Unis. Les Super PACs permettent des donations illimitées à condition que les fonds ne soient pas utilisés de manière coordonnée avec la campagne. "America First Action" avait par exemple levé 45 millions de dollars au total en date du 1er juillet, dont 40 % proviennent de seulement trois donateurs: l’héritier du secteur bancaire Timothy Mellon, devenu le plus gros donateur du président cette année, Linda McMahon, qui dirige d’ailleurs ce "Super PAC" et Geoffrey Palmer, un magnat de l’immobilier à Hollywood.

La somme récoltée est toutefois inférieure aux attentes. Seule une fraction des super-riches qui ont soutenu Donald Trump en 2016 via des Super PACs ont financé sa réélection. Une réticence qui s’explique, selon le New York Times, par le manque de message clair de la campagne 2020 et la popularité en baisse de Donald Trump, notamment à cause de la crise du Covid-19. Certains repoussent leurs contributions pour la dernière ligne droite jusqu’à novembre – c’est du moins l’espoir de la campagne. D’autres financent plutôt les courses pour le Sénat, que les républicains tiennent à conserver même en cas de victoire de Joe Biden

Trump n’a rien donné

Deux des plus gros donateurs de 2016, le couple Sheldon et Miriam Adelson, qui a fait fortune dans les casinos, ont ainsi prétexté qu’ils se voyaient mal contribuer à des Super PACs alors que leurs employés traversent des difficultés économiques. Cela ne les a pas empêchés de donner 25 millions de dollars aux campagnes de républicains au Sénat…

Il existe un milliardaire qui n'a rien donné: c’est Donald Trump lui-même.

Il existe un milliardaire qui n'a rien donné: c’est Donald Trump lui-même. Lorsqu’il avait annoncé sa candidature en 2016, il avait promis d’auto-financer sa campagne. Les temps ont changé. Forbes rapporte même qu’il bénéficie personnellement des contributions que sa campagne, ses "joint committees" et le comité du Parti républicain reçoivent. Au total, 6,9 millions de dollars ont ainsi été dépensés dans ses hôtels et restaurants depuis le début de son mandat.

Lire également

Publicité
Publicité