edito

Retrouver la paix entre les Etats-Unis et l'Europe

Journaliste

Le prochain président américain devra reconstruire le lien avec l'Europe, et "rendre à l'Amérique sa grandeur" dans un monde rendu insécurisé.

Ces dernières années, les relations entre l'Europe et les Etats-Unis se sont détériorées comme jamais. Et un seul homme est à blâmer pour cela, Donald Trump. Difficile de compter ses attaques contre les pays européens, comme lorsqu'il traita la Belgique de "trou à rat" lors des attentats, ou l'Union européenne "d'organisation créée pour nuire aux intérêts des Etats-Unis".

Guerre commerciale, affaiblissement de l’OTAN, sortie de l'accord sur le nucléaire iranien, dénonciation des accords de Paris... Le prix de l'isolationnisme à la sauce Trump est élevé. Lorsque l'UE s'est préparée à taxer les Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon), des opérateurs ultra-dominants, le président américain l'a menacée de sanctions.

Dernièrement, il avait moqué les "lockdowns draconiens" décidés en Europe contre la pandémie. "Je vais devoir aller en Europe pour leur expliquer", avait-il dit lors d'un meeting. Comme si la provocation était devenue le seul argument susceptible d'emporter l'adhésion d'un public revanchard et nostalgique d'une Amérique grandiose désormais révolue.

L'Union européenne devra porter elle-même sa politique étrangère, avec fermeté et, enfin, assumer son rôle sur la place mondiale affranchie d'une grande puissance par trop versatile.

Le Président sortant a sapé la relation de confiance entretenue des années durant par ses prédécesseurs avec le Vieux continent. La diplomatie européenne, plutôt que d'en prendre ombrage, a poursuivi vaille que vaille son travail avec son alter ego américain, feignant d'ignorer les provocations de Trump.

Il en a résulté un affaiblissement du lien transnational, chèrement payé. Parfois humiliant. Tandis qu'il conspuait les Européens, Trump se rapprochait d'ennemis de la démocratie cherchant à affaiblir l'UE, de Poutine à Kim Jong-un, en passant par Erdogan.

Le prochain président américain devra reconstruire le lien transatlantique. Retrouver la paix. Et faire taire les autocrates. "Rendre à l'Amérique sa grandeur", et son sens du devoir envers un monde rendu insécurisé par un Président mégalomane. Joe Biden, pour le citer, s'il est élu, devra renouer avec l'Europe.

Les Européens ne doivent pas se faire d'illusion. Le démocrate ne reviendra pas à la situation antérieure, car les États-Unis n'en ont plus les moyens ni l'ambition. L'Union européenne devra porter elle-même sa politique étrangère, avec fermeté et, enfin, assumer son rôle sur la place mondiale affranchie d'une grande puissance par trop versatile.

Lire également