Trump limoge le directeur du FBI

James Comey a été licencié par Donald Trump. ©REUTERS

Le président des Etats-Unis a limogé le patron du FBI James Comey. L'annonce a provoqué une onde de choc à Washington où des élus ont évoqué le spectre du Watergate.

"Aujourd'hui marquera un nouveau départ pour l'agence-phare de notre appareil judiciaire."  Dans un courrier à James Comey publié par l'exécutif, Donald Trump lui signifie ainsi qu'il met fin à ses fonctions "avec effet immédiat".

Donald Trump déclenche une tempête politique en limogeant le directeur du FBI James Comey, qui dirigeait l'enquête sur les soupçons d'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016 avec l'éventuelle complicité de l'équipe de campagne du futur président.

Quelles sont les raisons invoquées pour ce licenciement?

Le directeur du Bureau fédéral d'enquête est renvoyé en raison de sa gestion controversée de l'enquête au sujet d'anciens emails de la candidate démocrate à la présidentielle Hillary Clinton, affirme Donald Trump.

Le président des Etats-Unis dit dans cette lettre avoir accepté la recommandation du ministre de la Justice (Attorney general) Jeff Sessions qui a estimé que James Comey n'était "plus capable" de diriger le FBI avec efficacité.

Dans sa lettre, Donald Trump écrit : "Tout en appréciant beaucoup que vous m'ayez informé, à trois occasions distinctes, que je ne faisais pas l'objet d'une enquête, je suis néanmoins d'accord avec l'avis du département de la Justice selon lequel vous n'êtes pas capable de diriger efficacement le bureau."

 

En cause, l'affaire des e-mails d'Hillary Clinton?

James Comey, qui est âgé de 56 ans, s'est retrouvé au centre d'une controverse autour de son enquête qui cherchait à déterminer si l'utilisation par Hillary Clinton de son adresse électronique privée alors qu'elle était secrétaire d'Etat pendant la première présidence Obama était de nature à compromettre la sécurité nationale.

Donald Trump accuse en substance James Comey d'avoir mal traité Clinton  en dévoilant à la presse de nombreux détails de l'enquête.... Détails que le candidat républicain avait pourtant utilisés quotidiennement pour pilonner la démocrate pendant la campagne.

Le 28 octobre, James Comey provoquait une déflagration dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle: il annonçait au Congrès la découverte de nouveaux messages justifiant une relance des investigations, closes au mois de juillet précédent, sur les emails de Clinton. Ce n'est que deux jours avant le scrutin du 8 novembre que M. Comey annoncera n'avoir finalement rien trouvé de pénalement répréhensible - comme déjà auparavant.

L'ex-candidate démocrate a estimé il y a quelques jours que sans l'initiative de ce dernier - et la diffusion par Wikileaks d'emails de sa campagne -, elle aurait emporté l'élection présidentielle.

De nombreux démocrates se sont certes montrés critiques sur la façon dont James Comey a géré l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton, mais, mardi soir, ils se disaient perturbés par le moment de son renvoi.

C'est aussi le cas, dans le camp adverse, du sénateur républicain Richard Burr, président de la commission du Renseignement du Sénat américain, qui mène sa propre enquête sur le rôle de la Russie dans la campagne de 2016. "Son renvoi, je crois, est une perte pour le Bureau et pour le pays", déclare Richard Burr dans un communiqué. Les agences américains de renseignement ont conclu, dans un rapport publié en janvier, que le président russe Vladimir Poutine avait ordonné une tentative de perturber l'élection présidentielle de 2016 dans le but d'aider Donald Trump.

Tempête politique

Cette décision de licencier le boss du FBI a abasourdi Washington. James Comey se trouvait en déplacement à Los Angeles au moment de l'annonce de son renvoi. Les démocrates, mais d'autres aussi, doutent du motif présenté et accusent la Maison blanche de vouloir affaiblir l'enquête du FBI sur la Russie. Certains démocrates ont comparé la décision de Donald Trump à ce qu'on a appelé le "Massacre du samedi soir" de 1973.

Le "Massacre du samedi soir" de 1973. Le président républicain de l'époque, Richard Nixon, avait limogé un procureur spécial indépendant qui enquêtait sur l'affaire du Watergate, une affaire d'espionnage politique qui allait le contraindre à démissionner l'année suivante.

Plus inquiétant pour le locataire de la Maison Blanche, le malaise se répand également chez les républicains.

• Le chef de la puissante commission du Renseignement du Sénat américain, Richard Burr, s'est déclaré "troublé" par le timing et les raisons avancées pour ce spectaculaire limogeage.

• Elu du Congrès et fidèle républicain, Justin Amash a qualifié la lettre présidentielle de "bizarre".

A la Maison blanche, on dément toute motivation politique. Mais le chef du groupe démocrate au Sénat, Chuck Schumer, a dit avoir parlé à Donald Trump et lui avoir dit qu'il faisait "une très grosse erreur" en se séparant de James Comey. "La seule façon de rétablir la confiance de la population américaine" est d'organiser une enquête indépendante sur le rôle de Moscou dans l'élection présidentielle de 2016, a ajouté le sénateur Schumer.

Personnage charismatique au style toujours impeccable, James Comey avait été nommé pour 10 ans en juillet 2013. Le Sénat avait confirmé ce choix de manière écrasante, avec 93 voix pour et une contre. ©REUTERS

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