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Le démocrate Joe Biden est le favori des sondages. Mais, alors que la convention républicaine débute, le Président sortant n'a pas dit son dernier mot.

Avec l’ouverture de la convention du parti républicain ce lundi, Donald Trump aborde la dernière ligne droite de la campagne pour sa réélection. Le locataire de la Maison-Blanche apparaît en mauvaise posture: sa gestion de la crise sanitaire, première préoccupation des Américains, a été lamentable. L’économie américaine – sa carte maîtresse jusqu’alors – est en lambeaux. Le pays est aussi miné par les questions de justice raciale. En face, Joe Biden "fait le job" et a réussi à rassembler le parti démocrate. Tous les sondages placent invariablement l’ancien vice-président de Barack Obama assez nettement en tête.

Game over? L’élection est-elle jouée? C’est aller trop vite en besogne. Certes, les augures sont favorables à Joe Biden. Comme ils l’étaient à la même époque, il y a quatre ans, à Hillary Clinton… Donald Trump garde quelques atouts pour l’emporter. En 70 jours, il peut encore se passer beaucoup de choses: un recul de l’épidémie, une gaffe de Biden (plutôt coutumier des bourdes), un événement inattendu… Le milliardaire républicain est capable de tout, même du pire, pour pouvoir gagner. Derniers exemples en date: il a cherché à casser le vote par correspondance, prétendument favorable aux démocrates, en rognant les moyens de la poste américaine. Ce lundi, il a annoncé une "percée historique" pour un traitement du Covid – dont l'efficacité reste à démontrer – via la transfusion du plasma sanguin.

Les augures sont favorables à Joe Biden. Comme ils l’étaient à la même époque, il y a quatre ans, à Hillary Clinton…

Le système électoral américain, où le scrutin se joue surtout dans quelques Etats indécis (les "swing states"), renforce encore l’incertitude. La mobilisation de l’électorat, notamment de la communauté noire américaine et de la gauche pro-Bernie Sanders, et l’attitude de la classe ouvrière blanche des Etats de la "Rust Belt" (Wisconsin, Pennsylvanie, Michigan) seront décisives.

De plus, Trump est un candidat disruptif. Il base sa communication sur sa personnalité et son image. Il ne se prive pas d’abuser de "fake news" dont il inonde sa base. Il n’hésite pas, par exemple, à agiter l'épouvantail d'une "menace chinoise" sur le commerce et la technologie américaine, un argument porteur auprès de son électorat. Dans ce contexte, qu’à l’heure du bilan, les faits et les chiffres lui donnent tort n’a pas tant d’importance.

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