Trump officiellement investi par le Parti républicain pour la présidentielle

La convention républicaine s'ouvre ce lundi à Charlotte, en Caroline du Nord. ©AFP

Sans surprise, le président américain a été officiellement investi par le Parti républicain comme candidat à sa réélection lors de la présidentielle du 3 novembre.

Le président américain Donald Trump a été officiellement investi ce lundi par le Parti républicain comme candidat à sa réélection lors de la présidentielle du 3 novembre. Sans surprise, les quelque 330 délégués du Grand Old Party réunis à Charlotte, en Caroline du Nord, ont désigné le président comme leur candidat, au premier jour de la convention républicaine.

Un par un, les représentants républicains de chacun des 50 Etats américains ont, en commençant dans l'ordre alphabétique par l'Alabama, annoncé leur soutien au président. Le seuil des 1.276 voix nécessaires pour décrocher la nomination a été franchi peu après midi.

Le locataire de la Maison Blanche était attendu à Charlotte en milieu de journée.
Dans un tweet envoyé depuis Air Force One, il s'est indigné que CNN et MSNBC ne retransmettent pas en direct ce vote Etat par Etat. "Fake News! ", a-t-il lancé. "Voilà contre quoi le parti républicain doit se battre", a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt dans la matinée, le vice-président Mike Pence avait également été re-désigné par son parti comme candidate à la vice-présidence. "L'Amérique a besoin de quatre ans de plus de Donald Trump à la Maison Blanche", a-t-il lancé lors d'une brève allocution. "J'ai entendu la semaine dernière que la démocratie était en jeu", a-t-il lancé, en référence à une expression plusieurs fois utilisée par les démocrates lors de leur convention. "Mais nous savons tous que l'économie est en jeu, la loi et l'ordre sont en jeu", a-t-il ajouté.

Trump se relance avec un traitement au Covid-19

Tout comme la convention démocrate de Milwaukee, qui s'est achevée jeudi sur le discours d'investiture de Joe Biden, la convention républicaine va être majoritairement virtuelle pour cause de coronavirus et très peu d'intervenants s'exprimeront depuis Charlotte.

S'il sera bien présent dans la plus grande ville de Caroline du Nord dès ce lundi, contrairement à Joe Biden qui ne s'était pas rendu à Milwaukee, Donald Trump n'aura pas droit à la grand-messe populaire sur laquelle il comptait beaucoup. Seule une poignée de délégués a fait le déplacement.

Le président américain va se rattraper en intervenant lors de chacune des quatre journées de la convention, alors que les candidats ne s'expriment traditionnellement qu'en clôture, à l'apogée de l'événement. Trump prononcera son discours d'investiture jeudi depuis la Maison-Blanche, ce qui a fait grincer quelques dents, y compris du côté républicain, certains goûtant peu le mélange entre président et candidat.

Se relancer dans la dernière ligne droite

Largement devancé dans tous les sondages nationaux depuis des semaines, donné battu dans de nombreux États-clés, l'actuel président veut reprendre de l'élan, comme il avait été capable de le faire en 2016 après un été difficile. Son équipe de campagne table sur une convention "très optimiste et gaie" pour l'y aider, a indiqué le conseiller Jason Miller dimanche sur la chaîne NBC.

L'idée, selon Sarah Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche de juillet 2017 à juillet 2019, est de trancher avec le ton apocalyptique de la convention démocrate, qui fut entièrement tournée vers la menace d'une réélection de l'actuel président. "Toute leur convention a été consacrée à critiquer Donald Trump", a renchéri la bru du président, Lara Trump, sur ABC samedi. "C'était une vision sombre, désastreuse et vraiment déprimante de l'Amérique. Nous allons proposer l'opposé."

Les supporters de Trump se mobilisent à travers le pays, comme ici, à Portland (Oregon). ©REUTERS

Autorisation du traitement au plasma

L'objectif est aussi de défendre le bilan du 45ème président américain, actuellement malmené pour sa gestion de la pandémie de Covid-19 et dont la carte maîtresse, à savoir la santé de l'économie, n'est plus un atout. Donald Trump a entamé la contre-attaque dès dimanche avec l'annonce d'une "percée" thérapeutique dans la recherche de traitements contre le coronavirus, de nature à "sauver un nombre considérable de vies". Il a ainsi annoncé l'autorisation en urgence de la transfusion du plasma sanguin de personnes guéries du coronavirus à des patients hospitalisés, un traitement déjà largement utilisé aux États-Unis.

La transfusion de ce plasma, qui contient des anticorps, vise à permettre aux malades d'éliminer plus vite le virus et de limiter ses dégâts sur l'organisme. Si le traitement a déjà produit des résultats, son efficacité exacte fait encore débat. Et il présente un risque d'effets secondaires et de transmission d'agents infectieux. Quant à la "percée historique" annoncée par Trump, la FDA autorisait déjà la transfusion de plasma de personnes remises du coronavirus sous certaines conditions, dans le cadre d'essais cliniques ou pour des malades en situation désespérée.

Succès et victoires diplomatiques

"Vous allez entendre le président, et d'autres, parler de tous ses succès des quatre dernières années" durant la convention, a par ailleurs ajouté Sarah Sanders, évoquant notamment de "meilleurs accords commerciaux, des salaires plus élevés et une fiscalité allégée".

"Nous allons montrer l'impact sur les vrais gens qu'a eu le gouvernement Trump-Pence."
Kellyanne Conway
Conseillère de Donald Trump

Depuis le Proche-Orient, où il est en déplacement, le secrétaire d'État Mike Pompeo devrait évoquer les avancées diplomatiques de l'administration Trump, une intervention inhabituelle pour ce type d'événement. "Nous allons montrer l'impact sur les vrais gens qu'a eu le gouvernement Trump-Pence", a expliqué Kellyanne Conway, proche conseillère de Donald Trump, sur Fox News. "Vous allez les entendre directement."

Rallier la cause afro-américaine

Les républicains se sont aussi assurés la présence de plusieurs orateurs afro-américains à la convention de Charlotte. L'objectif est de rallier une partie de l'électorat noir qui est globalement hostile à Donald Trump, parmi lesquels Tim Scott, seul sénateur républicain afro-américain. Mais beaucoup s'attendent à ce que le président revienne rapidement à sa rhétorique habituelle, qui polarise plutôt qu'elle ne rassemble.

Dans les derniers jours, Donald Trump a ainsi adopté une tonalité très différente de celle que son parti et son équipe de campagne voudraient imprimer à l'événement.

"Je suis la seule chose qui sépare le rêve américain de l'anarchie totale, de la folie et du chaos."
Donald Trump
Président et candidat républicain à la Maison Blanche

"Je suis la seule chose qui sépare le rêve américain de l'anarchie totale, de la folie et du chaos", a expliqué le président vendredi. Il reprenait là son angle d'attaque favori des dernières semaines et mettait en garde contre une victoire de démocrates présentés comme laxistes sur les plans de l'ordre public, de l'immigration et des finances publiques.

"Il continue à creuser sa tombe", a estimé l'ancien directeur de campagne de Barack Obama en 2008, David Plouffe, sur Fox News. "Et la question est de savoir s'il sera capable de changer la semaine prochaine." Si Donald Trump reste sur sa ligne, prévient-il, "sa base va adorer, ils vont s'enthousiasmer, mais le reste de l'Amérique va zapper."

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