Trump ordonne une réforme de la régulation financière

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Le Congrès américain a abrogé une disposition obligeant des groupes comme Exxon Mobil et Chevron à divulguer les montants payés sous forme d'impôts ou d'autres types de versement à des gouvernements étrangers. Et ce n'est pas tout, l'administration Trump a dans sa mire "une simplification administrative" favorable au secteur bancaire. Le président Trump a encore signé ce vendredi un décret allant dans ce sens.

Le détricotage des avancées législatives obtenues par l'administration Obama se poursuit. Le président américain Donald Trump a signé vendredi deux décrets ordonnant un réexamen de la réglementation financière élaborée après la crise financière de 2008, en particulier la loi Dodd-Frank sur la réforme de Wall Street.

"Aujourd'hui, nous signons les principes fondamentaux de la réglementation du système financier américain", a-t-il déclaré depuis le Bureau ovale.

En juillet 2010, l'administration Obama avait mis en place la loi Dodd-Frank, réponse de 848 pages de l'administration de Barack Obama à la crise financière, régissant notamment le secteur bancaire. ©REUTERS

Promulguée en 2010 par Barack Obama, la loi Dodd-Frank est dans le collimateur à la fois des républicains et du secteur financier qui la dénonçaient comme un carcan, nuisible tant pour les banques que pour les consommateurs.

La loi anti-corruption d'Obama passe aussi à la trappe

La Congrès américain à majorité républicaine a par ailleurs abrogé ce vendredi une disposition de la réglementation financière obligeant les compagnies pétrolières, gazières et minières à révéler les versements effectués à des gouvernements étrangers, que l'opposition démocrate a accusé le nouveau chef du département d'Etat et ex-patron d'Exxon Mobil d'avoir combattu.

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Le Sénat a approuvé par 52 voix contre 47 une résolution déjà adoptée par la Chambre des Représentants qui abroge une disposition obligeant des groupes comme Exxon Mobil et Chevron à divulguer les montants payés sous forme d'impôts ou d'autres types de versement à des gouvernements étrangers.

Exxon comme d'autres grands groupes du secteur ont combattu depuis des années cette disposition prévue dans le cadre de la loi Dodd-Frank d'encadrement du secteur financier adoptée en 2010. Après avoir remporté plusieurs batailles juridiques, la Securities and Exchange Commission, le régulateur financier américain, avait mis en œuvre cette règle de transparence dont les partisans estimaient qu'elle pouvait permettre de révéler les liens financiers contestables de groupes américains avec des gouvernements étrangers.

Des liens incestueux

Les républicains n'ont pas caché leur aversion pour l'agence de protection des consommateurs et leur intention de la réformer. Toute abrogation substantielle de la loi Dodd-Frank nécessite l'accord du Congrès mais l'équipe Trump tient à faire savoir qu'elle a l'intention de s'attaquer aux contraintes administratives.

Le directeur du Conseil économique national à la Maison Blanche Gary Cohn, qui a été numéro deux de la banque d'affaires Goldman Sachs avant de rejoindre l'administration Trump, a déclaré que l'objectif de déréglementer les marchés financiers n'avait "rien à voir avec Goldman Sachs". "Cela n'a rien à voir avec J.P. Morgan, Citigroup et Bank of America. Il s'agit d'être un acteur sur le marché mondial où nous devons, pouvons avoir et aurons une position dominante tant que nous ne nous mettrons pas nous-mêmes à l'écart par la réglementation".

"Les Américains vont avoir de meilleurs choix et de meilleurs produits parce que nous n'allons pas alourdir les charges des banques avec des coûts réglementaires qui s'élèvent littéralement à des centaines de milliards de dollars par an", a assuré Gary Cohn dans un entretien au Wall Street Journal, en précisant que "les banques allaient être en mesure de fixer leurs prix plus efficacement et donc au mieux pour les consommateurs".

En attendant, sur les marchés new-yorkais, les actions bancaires profitaient largement des annonces du jour. Goldman Sachs, Morgan Stanley ou encore JP Morgan s'adjugeaient entre 2,7 et 5,5% à un peu plus de deux heures de la fin des échanges.

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