Trump serre davantage la vis anti-migratoire

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Donald Trump et son administraton repartent à la guerre contre l'immigration clandestine. Ils avancent une nouvelle interdiction: les immigrés entrés clandestinement aux Etats-Unis ne pourront pas déposer de demande d'asile.

Le gouvernement de Donald Trump a annoncé vouloir interdire aux migrants n'étant pas entrés légalement sur le territoire américain de déposer une demande d'asile. Il s'agit de la dernière décision en date du président sur l'immigration, dont il a fait son cheval de bataille mais surtout de la première post-élections de mi-mandat.

Concrètement, avec cette nouvelle règle, les migrants n'étant pas arrivés sur le territoire américain via un point d'entrée officiel à la frontière avec le Mexique ne pourront pas déposer de demande d'asile.

"Notre système d'asile croule sous un trop grand nombre de demandes d'asile injustifiées, ce qui pèse de façon démesurée sur nos moyens, nous empêchant de pouvoir accorder rapidement l'asile à ceux qui le méritent vraiment", déclare le ministère américain de la Sécurité intérieure.

Cette disposition, publiée par le ministère, devrait être signée rapidement par le président américain alors que des "caravanes" de migrants se dirigent actuellement vers les Etats-Unis.

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Elle est censée soulager un système déjà surchargé, quelque 700.000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux. Durant les cinq dernières années, le nombre de personnes ayant déposé une demande d'asile a augmenté de 2.000%, selon le département de la Sécurité intérieure. Il précise que moins de 10% d'entre elles sont finalement acceptées.

"Conformément à nos lois sur l'immigration, le président a toute autorité pour suspendre ou restreindre l'entrée d'étrangers aux Etats-Unis s'il considère qu'il en relève de l'intérêt national", affirme le communiqué.

Donald Trump entend ainsi faire usage des mêmes pouvoirs exécutifs que ceux dont il avait argué lorsqu'il avait pris, au tout début de son mandat en janvier 2017, un décret migratoire extrêmement contesté qui interdisait l'entrée sur le territoire américain aux ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane.

Dans sa dernière version, validée le 26 juin par la Cour suprême après de nombreuses péripéties judiciaires, ce décret ferme les frontières américaines aux citoyens du Yémen, de Syrie, de Libye, d'Iran, de Somalie, mais aussi de Corée du Nord et dans certains cas du Venezuela.

Bataille judiciaire en perspective

Comme pour le décret migratoire, cette nouvelle décision risque de déclencher une bataille judiciaire.

La puissante organisation de défense des libertés civiques ACLU a immédiatement réagi à l'annonce de l'exécutif. "La loi américaine autorise spécifiquement les individus à demander l'asile, qu'ils soient arrivés ou non à travers un point d'entrée", a déclaré dans un communiqué Omar Jadwat, responsable de l'ACLU. "Il est illégal de contourner ce principe", a-t-il estimé.

400.000
personnes
Selon des chiffres officiels, plus de 400.000 personnes franchissent chaque année illégalement la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Le groupe de défense des migrants New York Immigration Coalition a de son côté déjà fait part de sa volonté de "combattre" la nouvelle règle, estimant que "le gouvernement ne peut pas abandonner sa responsabilité envers les migrants fuyant le danger".

La semaine dernière, lors d'une déclaration consacrée à l'immigration, le président Trump avait annoncé que son gouvernement était sur le point de terminer un plan destiné à mettre fin "à l'abus endémique" du "système d'asile".

Donald Trump avait fait de l'immigration son principal thème de campagne avant les élections de mi-mandat, dénonçant régulièrement une "invasion".

Pendant ce temps, 5.500 personnes sont arrivées dans la capitale du Mexique, avec l'intention de poursuivre leur route vers le nord. Quelque 200 de ces migrants centraméricains se sont rendus jeudi devant le bureau à Mexico du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour réclamer en vain que les quelque 150 autocars soient affectés au transport vers la frontière des Etats-Unis.

La caravane devrait quitter Mexico ce vendredi direction de Queretaro. Le président américain a, lui, annoncé vouloir envoyer jusqu'à 15.000 militaires à la frontière sud du pays.

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