Un an après la victoire de Trump

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Un an après la victoire de Donald Trump à la présidentielle de 2016, le parti démocrate reste plus divisé que jamais. Quand les démocrates ne se chamaillent pas au sujet de ce qui n’avait pas marché en 2016, ils ne sont pas d’accord pour décider comment se positionner à l’avenir. Il leur faudra pourtant unir leurs forces s’ils espèrent récupérer le Congrès en 2018.

Ce mercredi, cela fait un an jour pour jour que Donald Trump remportait l’élection présidentielle américaine. Un an que les démocrates se sont réveillés groggy – pour ceux qui ont dormi pendant cette nuit électorale un peu folle – en apprenant que ce ne serait pas Hillary Clinton qui succéderait à Barack Obama. Un an que le Parti démocrate se cherche un nouveau souffle après avoir vécu les huit précédentes années dans l’ombre d’un président à la personnalité aussi porteuse qu’écrasante. C’est que sous Obama, c’est bien lui et son entourage qui faisaient la pluie et le beau temps au sein parti. Jusqu’à ce que la campagne de Clinton ne prenne le relais pour finalement lever le camp, la mort dans l’âme, le 9 novembre 2016. Et laisser un grand vide. Où en est-on un an plus tard?

1. Clinton panse ses plaies, le parti se cherche

Deux livres sortis à quelques mois d’intervalle symbolisent à eux seuls la difficulté qu’éprouve le parti à tourner la page. Dans "ça s’est passé comme ça", paru en septembre, Hillary Clinton revient sur sa défaite électorale. Elle y expose ses regrets, explique toute l’horreur que lui inspirait Trump. L’autre livre plutôt révélateur est celui que vient de publier Donna Brazile ("Hack"), l’ancienne présidente du parti à l’époque de la campagne. Elle y règle ses comptes et explique notamment comment l’équipe de Clinton avait manœuvré, avec la bénédiction de l’establishment démocrate, pour ruiner les chances de Bernie Sanders de remporter l’investiture du parti. Bref, ici aussi, on nage dans le passé  .

Pour ce qui est de l’avenir, de la manière dont le parti doit se positionner, c’est bien plus flou. Les démocrates restent divisés entre les partisans de Sanders qui estiment que le parti doit opérer un virage à gauche et adopter une approche plus populiste de la politique (histoire, notamment, de récupérer les classes ouvrières qui ont basculé dans le camp Trump) et ceux qui pensent qu’il faut plutôt faire de l’anti-Trump et tenter de convaincre les indépendants et les républicains modérés de faire bloc, avec les démocrates, contre le président.

2. Une opposition plutôt discrète au Congrès

Trump a beau avoir remporté la présidentielle, il court toujours derrière sa première grande victoire politique au Congrès. Même si les élus démocrates ne loupent pas une occasion de dénoncer les politiques du Président, ceux qui lui auront surtout fait obstruction au Congrès, ce sont les élus républicains ultra-conservateurs et progressistes. Au point où les démocrates ont pu laisser les républicains saborder eux-mêmes les efforts de Trump pour enterrer l’Obamacare. Quand les dirigeants démocrates du Congrès, Chuck Schumer au Sénat et Nancy Pelosi à la Chambre, ne négocient pas avec Trump un compromis sur l’avenir des immigrés clandestins arrivés aux Etats-Unis alors qu’ils étaient enfants ou sur le financement de l’administration fédérale derrière le dos de dirigeants républicains qui se méfient toujours autant du Président (qui le leur rend bien).

3. Le grand rendez-vous de novembre 2018

Dans un an, ce seront les élections de mi-mandat. Un tiers du Sénat et la totalité des sièges de la Chambre des représentants seront alors en jeu. Quelles seront les chances des démocrates de reprendre une ou les deux chambres du Congrès? Difficile à dire. Il leur faudra décrocher trois sièges de plus qu’aujourd’hui sur les 34 qui seront en jeu au Sénat pour y reprendre la main. À la Chambre, il leur en faudra 24 de plus (sur 435) pour faire basculer la majorité. Ce sera difficile vu la manière dont les districts électoraux ont été redessinés (à l’avantage des républicains de la Chambre). Mais une vague démocrate n’est pas impossible, surtout si la cote de popularité de Trump continue à végéter sous les 40%.

24 sièges
Les démocrates devront décrocher 24 sièges supplémentaires à la Chambre des représentants pour en reprendre les commandes. Au Sénat, il leur en manque trois.

Une poignée de scrutins se sont déjà tenus cette année. Sur les cinq sièges de la Chambre qui ont fait l’objet d’élections spéciales en avril et en juin, quatre ont été remportés par un républicain. Mais c’était dans des Etats traditionnellement républicains alors qu’un démocrate l’emportait en Californie. Des élections se tenaient hier pour élire les gouverneurs du New Jersey et de Virginie, ainsi que le maire de New York. Les démocrates Phil Murphy et Bill de Blasio partaient favoris dans le New Jersey et à New York, tandis que l’élection s’annonçait plus serrée en Virginie. Si les démocrates ont remporté ces scrutins, l’issue n'est pas forcément révélatrice de ce qui se passera aux élections de mi-mandat. Les enjeux ne sont pas les mêmes et ce scrutin est encore loin.

4. Le grand vide en vue de la présidentielle de 2020

Qui pour succéder à Hillary Clinton à la présidentielle de 2020? À l’heure actuelle, aucune nouvelle star démocrate, à l’image de ce qu’Obama avait représenté dès 2006, n’est en vue. Bernie Sanders, quant à lui, semble prêt à rempiler. Et l’ancien vice-président Joe Biden pourrait bien remettre le couvert après deux tentatives infructueuses (en 1988 et 2008). Les deux hommes sont très populaires, et pourraient contribuer à ramener au bercail les jeunes démocrates et ceux de la classe ouvrière qui avaient tourné le dos à Clinton. Mais Sanders aura 79 ans en novembre 2020 et Biden ira sur ses 78 ans. D’autres noms circulent, comme ceux de la sénatrice Elizabeth Warren (porte-voix de l’aile gauche du parti), du sénateur Chris Murphy (champion de la lutte pour plus de contrôle des armes à feu) ou du sénateur Sherrod Brown (persuadé qu’il aurait fait un meilleur colistier que Tim Kaine en 2016).


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