Un débat télévisé comme premier test pour Donald Trump

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Les 17 candidats aux primaires républicaines pour la Maison Blanche s'affronteront ce jeudi soir à Cleveland lors de deux débats télévisés. C'est la première joute de la campagne 2016 et une épreuve inédite pour le milliardaire Donald Trump, peu habitué à partager la scène.

À six mois du début des primaires et à la surprise générale, le magnat de l'immobilier a pris la tête incontestable des sondages chez les électeurs républicains depuis son entrée fracassante dans la course en juin. Donald Trump débattra à partir de 21H00, heure locale, pendant deux heures avec neuf autres candidats dans l'arène de basket de Cleveland,dans l'Ohio.

C'est là que se tiendra la convention d'investiture en juillet 2016. Les sept autres candidats, moins bien placés dans les sondages, ont été relégués à un autre débat, qualifié par l'un d'eux de "happy hour", quatre heures plus tôt.

Jamais, de mémoire de candidat, autant de personnes n'avaient concouru pour des primaires présidentielles. Voici les dix candidats qui s'affronteront lors du principal débat.

Scott Walker (47 ans). Le gouverneur du Wisconsin a beau ne pas encore avoir annoncé sa candidature, il figure deuxième (derrière Bush), dans une moyenne de sondages compilée par le site RealClearPolitics. Il se prépare depuis janvier, notamment en sillonnant les routes sur sa Harley Davidson. ©Bloomberg
Jeb Bush (62 ans). Jeb Bush (frère de George W. et fils de George H.W.) a annoncé en décembre qu’il réfléchissait à une possible candidature, et il est déjà en train de mettre en place son équipe de campagne et de fédérer des bailleurs de fonds. ©AFP
Marco Rubio (44 ans). D’origine cubaine, Rubio est sénateur de Floride. Ex-protégé de Jeb Bush, il avait dit un jour qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle si ce dernier le faisait. L’appel du pouvoir aura été plus fort pour cette étoile montante du parti. D’aucuns le verraient bien candid ©Photo News
Rand Paul (52 ans). Le sénateur du Kentucky est l’autre médecin de cette campagne. Ophtalmologue, il sait cependant ce que c’est de se présenter à la présidentielle. Son père, Ron Paul, a tenté le coup en 2008 et 2012. Libertarien, il s’est opposé au renouvellement des pouvoirs de surveillance de la ©Bloomberg
Ted Cruz (44 ans). Le sénateur du Texas est le premier à s’être lancé dans la course. C’est un opposant acharné de la réforme santé d’Obama. Ultra-conservateur jusqu’au-boutiste, il fut l’un des principaux acteurs de la crise budgétaire d’octobre 2013 qui entraîna la fermeture de plusieurs services ©Photo News
Ben Carson (63 ans). Neurochirurgien à la retraite, Carson est un néophyte en politique. Ce chouchou du Tea Party dirigea en 1987 la première opération réussie de séparation de jumeaux siamois attachés par la tête. Ses déclarations choc – contre les gays par exemple – font les délices de la presse. ©AFP
Chris Christie, 52 ans, gouverneur du New Jersey. ©Photo News
Donald Trump, 69 ans, milliardaire, il a fait fortune dans l'immobilier. ©Photo News
John Kasich, 63 ans, gouverneur de l'Ohio. ©Bloomberg
Mike Huckabee, 59 ans, gouverneur de l'Arkansas entre 1996 et 2007 et l'un des candidats à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008. ©Bloomberg

Les regards seront fixés sur Donald Trump, à qui la première question sera posée. Il aura le même temps de parole que ses rivaux, des "politiciens" qu'il méprise ouvertement. Le milliardaire raconte souvent que dans sa carrière d'homme d'affaires, il les a facilement amadoués avec des chèques pour se voir ouvrir des portes. Mais au-delà de son slogan, "redonner à l'Amérique sa grandeur", Donald Trump n'a pas présenté de projet politique détaillé, et pourrait être pressé sur le fond par ses rivaux, qui ont presque tous un bilan d'élu à leur actif.

Autre point faible pour ce novice des débats: les positions de gauche qu'il a prises dans le passé sur l'avortement, la santé ou les armes à feu. "Je suis probablement une cible", a admis Donald Trump mercredi sur ABC.

"Tout est de votre faute"

Donald Trump est aujourd'hui le premier choix d'environ un républicain sur quatre, d'après les sondages. Selon des statistiques diffusées par Facebook jeudi, 26 millions de personnes aux Etats-Unis ont participé à des conversations sur le milliardaire sur le réseau social, beaucoup plus que pour Hillary Clinton (12 millions) ou le second républicain, Jeb Bush (5 millions).

"Vous lui avez tous donné l'équivalent d'un milliard de dollars de couverture médiatique, tout est de votre faute, Charlie!", a grincé le sénateur Rand Paul jeudi sur la chaîne CBS, en répondant au journaliste Charlie Rose.

L'immigration est son thème de prédilection: Donald Trump a promis de construire un mur entre le Mexique et les Etats-Unis pour stopper l'afflux de clandestins et cite systématiquement des affaires de meurtre pour justifier l'expulsion de 11 millions de sans papiers. "Il dit les choses que tout le monde pense", dit Brad Roller, sexagénaire venu assister à un meeting du sénateur Marco Rubio, mercredi à Cleveland. "Les médias essaient de le descendre, mais ça ne marche pas car il établit un lien direct avec les gens".

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Mais Hillary Clinton et les démocrates affirment que les positions de Donald Trump sont in fine similaires à l'orthodoxie républicaine actuelle: pas de naturalisation des sans-papiers, abrogation de la grande réforme du système de santé de Barack Obama, suppression des fonds publics pour la plus grande organisation de planning familial, Planned Parenthood, embourbée dans une polémique sur les dons de foetus pour la recherche médicale.

Neuf débats ont été sanctionnés par le parti républicain jusqu'en février. Le prochain aura lieu le 16 septembre. Le parti démocrate prévoit six débats à partir de cet automne entre Hillary Clinton et ses quatre concurrents déclarés.

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