Une démission qui fait plaisir aux banques américaines

Mary Jo White lors de sa nomination à la tête du gendarme de la Bourse américaine (SEC) par Barack Obama en 2013. ©REUTERS

La gendarme des marchés financiers américains, Mary Jo White, a démissionné, laissant le champ libre à Donald Trump pour nommer une personnalité qui l'aidera à mener à bien la dérégulation du secteur bancaire qu'il a promise.

Mary Jo White, la patronne de la SEC, l'autorité de régulation des marchés financiers américains, a annoncé lundi son départ. Elle quittera ses fonctions à la fin de l'administration Obama prévue mi-janvier, soit deux ans avant la fin de son mandat.

Qui est Mary Jo White?

Cette ancienne procureure fédérale, qui a pris ses fonctions en avril 2013, était chargée de mettre en place une partie des dispositions les plus strictes de la réforme financière Dodd-Frank adoptée après la crise de 2008. Elle a notamment:

• poussé à un encadrement des fonds d'investissement,
• mis en place des règles pour limiter les activités spéculatives des grandes banques,
 forcé les entreprises à reconnaître les faits dans les accords à l'amiable conclus avec le gendarme de la Bourse.

Mary Jo White a toutefois essuyé les critiques de l'aile gauche du parti démocrate, qui lui reprochait d'être trop conciliante avec Wall Street et de ne pas œuvrer en faveur de plus de transparence de la part des entreprises supervisées par le gendarme de la Bourse.

 

La voie est libre pour Trump

Il s'agit du premier départ d'un responsable d'une agence fédérale depuis la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle... et ça ne devrait pas être le dernier. Donald Trump va pouvoir nommer un nouveau président de la SEC. Plusieurs noms circulent:

• Michael Piwowar (un membre actuel de la SEC)
• 
Paul Atkins (ancien membre de la SEC)
• Anthony Scaramucci (dirigeant de fonds spéculatifs et proche de Donald Trump)

Sur les 5 membres de la SEC, 3 sont nommés par le parti du président et 2 par l'opposition. Donald Trump va donc pouvoir constituer une nouvelle équipe qui mettra en oeuvre ses projets en termes de dérégulation du secteur financier. 

Une dérégulation en vue

L'objectif du milliardaire? Démanteler la réforme Dodd-Frank . Cette loi, votée en 2010, est la réponse de l'administration Obama à la crise financière de 2008. Elle régule l'ensemble du secteur financier et vise à éviter une répétition des errements ayant conduit à la banqueroute de la banque Lehman Brothers et à protéger les consommateurs des abus des banquiers. 

"Dodd-Frank empêche les banquiers de fonctionner", estime Donald Trump qui souhaite remplacer cette réforme par "de nouvelles politiques pour encourager la croissance économique et la création d'emplois". Pas étonnant, avec de telles promesses, que le secteur bancaire est en (grande) forme depuis la victoire de Donald Trump.

A Wall Street, le consensus semble plutôt s'orienter vers une modification de la loi et non son abrogation. "Il faut un équilibre: Nous ne sommes pas contre la régulation mais nous ne voulons pas qu'elle aille trop loin", déclare sous le couvert d'anonymat un grand banquier. Cette loi a aidé les banques américaines à assainir leurs bilans et à être plus solides, mais le secteur estime qu'elle l'asphyxie, l'empêche de créer des emplois et de financer l'économie réelle.

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