Une étape bruxelloise au pas de charge pour le président américain

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Donald Trump aura enchaîné les rendez-vous au cours de sa visite, rencontrant tour à tour les autorités belges et européennes, avant de déjeuner avec le président français Emmanuel Macron et de se rendre à la réunion de l’Otan.

Donald Trump a donc effectué ce jeudi sa grande entrée sur la scène multilatérale en assistant à sa première réunion de l’Otan. Le président américain y aura eu la satisfaction de constater que ses appels à une plus grande participation de l’Otan à la lutte contre l’État islamique ont été entendus. Même si cet engagement approfondi a ses limites.

Mais il y aura surtout appelé avec insistance les autres membres de l’Otan à accroître leur participation à l’effort commun tout en évitant volontairement de parler de l’article 5 du traité fondateur de l’Otan, celui prévoyant la clause de solidarité et de défense collective.

L’article 5 "oublié" à l’Otan

"Vingt-trois des vingt-huit pays membres ne payent toujours pas ce qu’ils devraient payer (…). C’est injuste pour les citoyens et les contribuables américains."
donald trump président des états-unis

C’est au moment de dévoiler le mémorial du 11 septembre et de l'article 5 – un débris de la tour nord du World Trade Center (photo) – à l’entrée du nouveau siège de l’Otan que le Président américain a fait son discours. Il a alors insisté sur l’importance, pour les nations de l’Otan, de se montrer unies dans la lutte contre le terrorisme, face aux autres menaces et à la Russie. Et pour chacune de contribuer équitablement à l’effort commun. "Vingt-trois des vingt-huit pays membres ne payent toujours pas ce qu’ils devraient payer et ce qu’ils devraient payer pour leur défense. C’est injuste pour les citoyens et les contribuables américains", a-t-il une fois de plus déploré. Et le Président américain d’ajouter que même si tous les pays de l’Otan respectaient leur engagement de porter leurs dépenses militaires à 2% de leur PIB, "ce ne serait pas assez" pour faire face aux "menaces vicieuses" auxquelles nous sommes confrontés.

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Par contre, pas un mot au sujet de l’article 5 alors que le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, venait pourtant de rappeler que cet article n’avait jusqu’à présent été évoqué qu’à une seule reprise: lorsque l’Alliance avait engagé sa solidarité envers les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre. Mais Trump s’est donc entêté à ignorer le sujet. Peu après, alors que les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’Otan déambulaient dans le nouveau QG sous la direction de Stoltenberg, celui-ci s’est arrêté devant un mur sur lequel sont affichés les articles du traité fondateur de l’Otan. Et le Norvégien de pointer du doigt l’article 5 devant un Trump visiblement déterminé à ne pas se laisser forcer la main.

Le volet européen

Même si ce rendez-vous à l’Otan était la raison première de la visite de Trump à Bruxelles, le Président américain en aura profité pour rendre d’abord quelques visites de courtoisie dans la capitale européenne. Il a débuté la journée par une rencontre avec le président du Conseil de l’UE, Donald Tusk, et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, alors que les sujets de crispations s’étaient multipliés entre Trump et les Européens, avant même son arrivée à la Maison-Blanche, qu’il s’agisse du Brexit, du climat, de la Russie ou du libre-échange.

À l’issue de sa rencontre avec Trump, Tusk n’a d’ailleurs pas cherché à minimiser les points de friction. "Je ne suis pas sûr à 100% que l’on puisse dire aujourd’hui, Monsieur le Président (Trump) et moi-même, que nous avons une position commune, une opinion commune au sujet de la Russie", a-t-il lancé. "Certaines questions restent ouvertes comme le climat et le commerce", a-t-il ajouté alors que Trump n’a toujours pas pris de position au sujet de l’accord de Paris sur le Climat. Il n’aura pas non plus été question de relancer les négociations du traité transatlantique TTIP. Européens et Américains ont toutefois convenu d’établir un plan d’action commune pour renforcer leur coopération commerciale. Il semblerait par ailleurs que Trump ait quelque peu revu sa copie au sujet du Brexit. Il aurait ainsi fait part à Tusk et à Juncker de sa crainte de voir le Brexit coûter des emplois aux Etats-Unis.

Macron, "bien joué!"

L’Américain a ensuite invité le nouveau président français Emmanuel Macron à déjeuner à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis, où il avait passé la nuit (alors que le nouvel ambassadeur américain auprès de la Belgique n’a toujours pas été nommé). Pendant la campagne, l’Américain avait semblé favoriser une victoire de Marine Le Pen. Il avait même déclaré que la présidente du FN était "la plus ferme sur les frontières" après l’attentat perpétré sur les Champs-Elysées et à quelques jours du scrutin. "C’est un grand honneur pour moi d’être avec le nouveau Président de la France, qui a mené une campagne incroyable et a remporté une formidable victoire", a lancé le Président républicain. "Tout le monde en parle à travers le monde. Bravo. Bien joué!", a encore lancé Trump.

Macron, de son côté, a évoqué un échange "direct" malgré des "sujets sur lesquels nous n’avons pas forcément la même lecture". Les deux hommes ont notamment convenu de renforcer leur coopération en matière de lutte contre le terrorisme. Concernant l’accord de Paris, Macron a rappelé à Trump l’importance de ce genre d’engagements. "Mon souhait, c’est qu’il n’y ait aucune décision précipitée sur ce sujet de la part des Etats-Unis d’Amérique", a déclaré le Français après leur entretien. Pendant sa campagne, Trump avait déclaré qu’il voulait que les Etats-Unis sortent de l’accord. Depuis qu’il est Président, il laisse planer le doute.

Michel et ses fiches

La visite de Trump avait commencé la veille, par une rencontre au palais royal avec le roi Philippe et le Premier ministre Charles Michel. La discussion entre Trump et Michel a essentiellement porté sur la menace terroriste et les questions économiques. Et elle aura été "sans tabou", selon le Premier ministre belge, qui en a profité pour présenter à Trump trois fiches expliquant l’importance, pour l’économie américaine, des échanges commerciaux entre les deux pays et des investissements belges aux Etats-Unis.

"Que votre premier voyage dans notre région puisse être une étape historique sur le chemin de la réconciliation et de la paix", lui a déclaré Benjamin Netanyahu, en disant "tendre la main à tous nos voisins, dont les Palestiniens". ©AFP
Sur le plan des symboles, le président américain est allé prier sur le mur des Lamentations, dans la vieille ville de Jérusalem conquise par Israël durant la guerre des Six-Jours, en 1967 - une première pour un président américain. ©AFP
Au mur des Lamentations, la femme et la fille de Donald Trump, Melania et Ivanka, qui est aussi sa conseillère à la Maison Blanche, se sont rendues dans la partie réservée aux femmes. ©REUTERS
Deuxième étape du Trump Tour, Israël et la Cisjordanie. Le couple présidentiel y est arrivé ce lundi. ©EPA
Le premier voyage de Donald Trump à l'étranger a débuté samedi par un accueil royal en Arabie saoudite et l'annonce de méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d'armements à Ryad visant en particulier à contrer les "menaces iraniennes". ©Photo News
Sabre à la main, le président US a pu apprécier l'accueil royal qui lui a été réservé. ©Photo News
Quelques secondes après l'atterrissage d'AirForce One, le roi Salmane a serré la main à Donald Trump, ainsi qu'à son épouse qui était habillée sobrement, avec les cheveux au vent, contrairement aux Saoudiennes qui sont obligées de se couvrir la tête en public. ©Photo News
Fin de l'étape saoudienne. Le couple présidentiel prend la route d'Israël. ©REUTERS
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Le président américain Donald Trump a rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, ce 23 mai 2017. ©REUTERS
Donald Trump signe le livre des invités à la résidence du président israélien Reuven Rivlin à Jérusalem. Les femmes des deux présidents, Melania et Nehama, se tiennent à leurs côtés au moment de la signature. ©AFP
Air Force One s'est posé mardi soir sur la piste de Ciampino Airport, à Rome. ©EPA
Le Président américain était attendu ce mercredi au Vatican. ©AFP
Après une poignée de main cordiale, Donald Trump grand sourire, le pape la mine beaucoup plus sérieuse, ont été longuement photographiés avant de s'assoir pour entamer à huis clos un tête-à-tête qui a duré une petite demi-heure dans la bibliothèque des appartements pontificaux. ©REUTERS
"Que lui donnez-vous à manger? Du potica?", a demandé le pape à la First Lady. Melania Trump a confirmé sans hésitation "potica!". Le pape a affirmé connaître ce dessert traditionnel slovène grâce au mari de sa nièce, un Argentin d'origine Slovène comme Melania. ©AFP
Le pape François a exhorté le Président américain à être un homme de paix. Il a attiré son attention sur le changement climatique. ©AFP
Donald Trump et son épouse Melania ont été accueillis sur le tarmac de Melsbroek par le Premier ministre Charles Michel et sa compagne, Amélie Derbaudrenghien. ©AFP
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De nombreux symboles étaient représentés tout au long de la marche, comme la statue de la liberté ou les bonnets de chat roses, pour faire écho au mouvement de la Women's march aux Etats-Unis, dont certains membres ont fait le déplacement à Bruxelles. ©AFP
Dans les rues de Bruxelles, des milliers de personnes ont crié leur opposition à Donald Trump à l'appel de la plateforme "Trump not welcome" et d'une septantaine d'associations, pour notamment dénoncer les politiques "discriminatoires et sexistes" du président américain. ©Photo News
Charles Michel a eu un entretien avec le président Trump "d'une petite heure" - et donc plus long que prévu dans le programme initial- dans une salle du Palais royal a été "sans tabou" "et sans langue diplomatique". ©Photo News
Le président américain Donald Trump a été reçu jeudi à Bruxelles par les présidents du Conseil et de la Commission européens, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, pour sa première rencontre avec les dirigeants d'une UE qu'il a sévèrement critiquée. ©EPA
Il s'agit de la première rencontre entre le président américain et les principaux dirigeants de l'Union européenne. Elle doit durer "environ une heure", a estimé un responsable européen, affirmant qu'il n'y avait pas de programme défini des sujets qui seront abordés. ©EPA
Le président américain Donald Trump a accueilli son homologue français Emmanuel Macron à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles. ©AFP
La première dame américaine Melania Trump a visité jeudi matin l'hôpital des enfants Reine Fabiola à Laeken. Elle a participé à un cours de bricolage dans l'école de l'hôpital. ©BELGA
Première rencontre entre Trump et Macron, à l'ambassade américaine à Bruxelles. Au menu, chargé, de la rencontre prévue pour durer plus d'une heure: la réunion de l'Otan et le sommet du G7e, les crises régionales (Syrie, Ukraine et Corée du Nord, entre autres), l'économie et l'accord de Paris. ©AFP
Autre volet important de la visite de Donald Trump à Bruxelles: la réunion à l'Otan. Il a répété avec virulence son intention de voir les autres membres accroître leur contribution au budget de l'organisation. ©AFP
Les conjoints de la délégation ont retrouvé la Reine Mathilde pour une visite des serres royales. C'est la première fois que le compagnon d'un chef d'État prend la pose avec les "premières dames". Gauthier Destenay (en haut à gauche) est marié au Premier ministre luxembourgeois. ©EPA
Après Bruxelles, le Président et son épouse se sont envolés pour la Sicile afin d'assister au Sommet du G7. ©AFP
La cité sicilienne de Taormine -où se tient le G7- a fait vivre un "enfer" au service de sécurité de Trump: sa voiture blindée, "The beast" est trop grande pour les rues de la ville. Les Américains ont bien demandé d'élargir les rues mais sans succès. Le maire s'est limité à rénover leur revêtement. ©AFP

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