Une première étape saoudienne à 380 milliards de dollars

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Donald Trump est arrivé ce samedi en Arabie saoudite. Il y a signé de juteux contrats militaires et industriels avec le but de renforcer la coalition contre l’Etat islamique. Il se rendra ensuite en Israël, au Vatican, en Belgique et en Sicile.

Pour quelqu’un de relativement casanier Donald Trump a fait fort. Au lieu de se rendre chez ses voisins canadiens ou mexicains pour son premier voyage officiel, comme ses prédécesseurs avaient l’habitude de le faire, le Président américain s’est envolé vendredi soir pour une tournée de neuf jours visant à rassembler les pays musulmans dans la lutte contre le terrorisme islamiste et convaincre les Etats membres de l’Otan de s’engager davantage dans ce combat.

Ce voyage lui permettra d’échapper quelques jours à une ambiance plus que tendue à Washington où les révélations embarrassantes en lien avec l’enquête du FBI sur les liens de ses proches avec Moscou se sont multipliées tout au long de la semaine. Parler de vacances serait tout de même beaucoup dire. La presse américaine accompagnera Trump pendant ce voyage qui le mènera d’Arabie saoudite en Sicile en passant par Israël, le Vatican et la Belgique. Et même s’il pourra toujours ignorer les questions les plus gênantes, il ne pourra pas balayer sous le tapis une polémique d’une telle ampleur, d’autant que le mot "destitution" a été lâché quelques fois ces derniers jours.

Cela fait des mois que l’entourage de Trump prépare cette visite. Son proche conseiller et beau-fils, Jared Kushner, qui sera du voyage (comme la fille de Trump, Ivanka, et sa femme, Melania), se serait énormément impliqué dans la partie proche-orientale du programme.

Des mises en garde à destination de l'Iran

Ce programme a débuté donc ce samedi par une visite de deux jours en Arabie saoudite.

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Assez de temps pour y signer de juteux contrats militaires. Quelques heures après son atterrissage, un responsable de la Maison Blanche a annoncé des contrats de ventes d'armements d'une valeur de 110 milliards de dollars. Ces accords visent à "soutenir à long terme la sécurité de l'Arabie saoudite et de la région du Golfe face aux menaces de l'Iran", a-t-il ajouté sans détailler ces accords.

Egalement du voyage, le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a également pointé la "mauvaise influence iranienne" pour justifier le montant de ces accord, adressant au passage un message clair au président de la république islamique Hassan Rohani, fraîchement réelu pour second mandat pour qu'il mette fin aux essais de missiles balistiques.

Un peu plus tard, on apprenait que par l'intermédiaire du ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, que les Etats-Unis et l'Arabie saoudite ont signé des accords d'une valeur de plus de 380 milliards de dollars. L'agence officielle saoudienne SPA a fait état de 34 accords dans des domaines aussi divers que la défense, le pétrole et le transport aérien, sans cependant fournir de montant total.

La suite du programme saoudien du président américain consiste en la tenue d'un discours appelant le monde musulman à s’unir dans la lutte contre l’islam radical.

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Donald Trump s’est envolé vendredi pour une tournée de neuf jours qui doit le mener d’Arabie saoudite en Sicile, en passant par Israël, le Vatican et la Belgique.

D’Israël au Vatican

Le Président américain arrivera lundi en Israël. Il y rencontrera le président israélien Reuven Rivlin et le Premier ministre Benyamin Netanyahou quelques jours à peine après qu’il se soit avéré qu’il avait transmis aux Russes des informations classifiées que les renseignements américains avaient reçus de leurs homologues israéliens. Mardi, il aura une rencontre avec le président palestinien Mahmoud Abbas à Bethléem alors qu’il espère, selon le New York Times, organiser un sommet entre dirigeants arabes et israéliens, peut-être dès cet été. Trump visitera plusieurs lieux saints ou chargés de symboles au cours de ces deux jours. Il se rendra notamment à l’église de la Nativité et au mémorial de l’Holocauste Yad Vashem.

Le 24 mai, il sera reçu en audience par le pape François qui avait, dans le passé, indirectement critiqué les politiques anti-immigration de Trump ainsi que son climatoscepticisme. "Je dirai ce que je pense, il dira ce qu’il pense", a déclaré le pape il y a quelques jours. Trump pourrait profiter de cette visite pour annoncer qu’il nomme Callista Gingrich, l’épouse de Newt Gingrich, un ex-candidat républicain à la présidence et ex-président de la Chambre des représentants, comme ambassadrice auprès du Vatican. Pour la petite histoire, ces deux-là avaient commencé à se fréquenter alors que Newt Gingrich était encore marié à sa deuxième épouse.

L’étape belge

Et mercredi en fin d’après-midi, Trump arrivera à Bruxelles. Il devrait y enchaîner les réunions avec le roi Philippe, le Premier ministre Charles Michel, le président français Emmanuel Macron et plusieurs dirigeants européens. Mais s’il vient à Bruxelles, c’est pour assister au sommet de l’Otan jeudi. Il devrait y réitérer son appel à plus d’efforts de la part des autres pays de l’Otan pour assurer leur propre défense et une implication plus grande de l’Alliance dans la lutte contre l’Etat islamique, ce qui risque de crisper les esprits.

Le Président américain terminera sa visite en Sicile où il prendra part au sommet du G7 les 26 et 27 mai. Ici, comme à l’Otan, les délégations des autres Etats présents auraient reçu pour consigne de préparer des discours courts et agrémentés de supports visuels histoire de capter, et de garder, l’attention de Donald Trump.

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