"Une victoire d'Hillary équivaudrait à un troisième mandat pour Obama"

La grand-messe républicaine est l’occasion pour tous les prétendants à la Maison Blanche de mener campagne. ©Bloomberg

Alors que du côté des démocrates, tous les yeux sont tournés vers Hillary Clinton, c’est le branle-bas de combat chez les nombreux candidats républicains aux ambitions présidentielles. La grand-messe conservatrice - le conclave CPAC - a donné le coup d’envoi de la course à la présidence.

"Nous tuerons les terroristes avant qu’ils nous tuent". "Il faut baisser les impôts et fermer les frontières". Ou encore "Big government sucks!". Ces fragments de "red meat" – ces chevaux de bataille non filtrés de la droite – fleurissaient partout ces derniers jours au sein du public de la Conservative Political Action Conference (CPAC) organisée au Gaylord National Resort, à un jet de pierre de Washington DC. Les applaudissements qui les ont accueillis montrent à quel point l’Amérique de droite aspire à un changement de pouvoir.

La CPAC est la grand-messe annuelle de tous ceux qui se revendiquent de la droite aux États-Unis. Des milliers d’étudiants, d’activistes et de politiciens de droite se rassemblent pour des ateliers, des débats et des discours, présentés et sponsorisés par des médias amis comme Fox News et National Review. Les sujets des discussions vont du droit de porter des armes aux valeurs familiales conservatrices, sans oublier le rejet unanime du président actuel. Le public représente l’aile la plus à droite du paysage politique des États-Unis, ce qui fait de ce conclave un rendez-vous capital pour tous les républicains qui envisagent de se porter candidat aux élections présidentielles de l’an prochain.

Convaincre les bailleurs de fonds

Car même si aucun candidat républicain (pas plus que démocrate d’ailleurs) ne s’est encore présenté officiellement — et même si novembre 2016 semble encore très loin — dans les coulisses, la course à la succession de Barack Obama est déjà lancée. Les candidats potentiels ont commencé à tracer les contours de leurs campagnes et essaient d’ores et déjà de convaincre les bailleurs de fonds et supporters de leur parti. Et le terrain du "Grand Old Party" semble densément occupé, avec une douzaine de républicains prêts à faire le pas.

Dans les couloirs de la CPAC, tout le monde semble avoir ses favoris. "J’ai l’œil sur trois noms", explique Susan, originaire du Maryland, après avoir posé pour une photo avec une personnalité connue de Fox News. "Je suis ici pour apprendre à les connaître. Je m’intéresse à Ben Carson, car il est, comme moi, de Baltimore, ainsi qu’à Rand Paul, qui reste mon premier choix, et Scott Walker, qui est aussi très intéressant. Ils sont tous ici pour tester le marché."

Paul (sénateur du Kentucky) et Walker (gouverneur du Wisconsin) sont particulièrement bien placés parmi les congressistes à cause de leur étiquette, respectivement libertaire et conservatrice. Ted Cruz (sénateur du Texas) a, lui aussi, été accueilli comme une rock star. L’accueil de Chris Christie et de Jeb Bush fut un peu moins enthousiaste. Tous deux font partie de l’establishment du parti et sont connus comme étant plus modérés.

Bush, mais…

À ce stade précoce, Bush arrive en tête des sondages, mais malgré la puissante dynastie à laquelle il appartient, son nom de famille est, pour de nombreux conservateurs, loin d’être un atout, car la présidence de son frère George W. et celles de son père George H.W. n’ont pas laissé que de bons souvenirs aux républicains.

Le dernier président dont ils sont vraiment fiers est Ronald Reagan, qui a quitté la Maison Blanche il y a plus de 25 ans.

Le leitmotiv qui rassemble les candidats potentiels est leur opposition contre celle qui sera probablement leur adversaire dans le camp démocrate: Hillary Clinton. Plusieurs orateurs se sont moqués de l’accueil exubérant réservé à Clinton lors de ses discours, et distillent le message que la fondation créée par le couple Clinton aurait reçu des dons de gouvernements étrangers. "Madame Clinton, citez-moi une de vos réalisations en tant que ministre des Affaires Étrangères", a commenté dans son speech Carly Fiorina, ex-CEO de HP et seule femme parmi les outsiders républicains. Elle a conclu son discours par le message: "Si je me retrouve face à Clinton dans un débat, je lui remonterai les bretelles."

Confiance

"Chez les conservateurs, nous sommes prêts pour la victoire."

Le fait que les républicains – contrairement aux démocrates – doivent encore mener la bataille interne des élections primaires ne semble pour l’instant déranger personne. Leur victoire éclatante aux élections parlementaires de novembre a renforcé leur confiance. "Une victoire d’Hillary équivaudrait à un troisième mandat pour Obama", a expliqué Matt Schlapp, l’organisateur de la CPAC. "Chez les conservateurs, nous sommes prêts pour la victoire."

Scott Walker (47 ans). Le gouverneur du Wisconsin a beau ne pas encore avoir annoncé sa candidature, il figure deuxième (derrière Bush), dans une moyenne de sondages compilée par le site RealClearPolitics. Il se prépare depuis janvier, notamment en sillonnant les routes sur sa Harley Davidson. ©Bloomberg
Jeb Bush (62 ans). Jeb Bush (frère de George W. et fils de George H.W.) a annoncé en décembre qu’il réfléchissait à une possible candidature, et il est déjà en train de mettre en place son équipe de campagne et de fédérer des bailleurs de fonds. ©AFP
Marco Rubio (44 ans). D’origine cubaine, Rubio est sénateur de Floride. Ex-protégé de Jeb Bush, il avait dit un jour qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle si ce dernier le faisait. L’appel du pouvoir aura été plus fort pour cette étoile montante du parti. D’aucuns le verraient bien candid ©Photo News
Rand Paul (52 ans). Le sénateur du Kentucky est l’autre médecin de cette campagne. Ophtalmologue, il sait cependant ce que c’est de se présenter à la présidentielle. Son père, Ron Paul, a tenté le coup en 2008 et 2012. Libertarien, il s’est opposé au renouvellement des pouvoirs de surveillance de la ©Bloomberg
Ted Cruz (44 ans). Le sénateur du Texas est le premier à s’être lancé dans la course. C’est un opposant acharné de la réforme santé d’Obama. Ultra-conservateur jusqu’au-boutiste, il fut l’un des principaux acteurs de la crise budgétaire d’octobre 2013 qui entraîna la fermeture de plusieurs services ©Photo News
Ben Carson (63 ans). Neurochirurgien à la retraite, Carson est un néophyte en politique. Ce chouchou du Tea Party dirigea en 1987 la première opération réussie de séparation de jumeaux siamois attachés par la tête. Ses déclarations choc – contre les gays par exemple – font les délices de la presse. ©AFP
©Photo News
Donald Trump, 69 ans, milliardaire, il a fait fortune dans l'immobilier. ©Photo News
John Kasich, 63 ans, gouverneur de l'Ohio. ©Bloomberg


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